Et si on comptait les votes blancs ?

Et si on comptait les votes blancs ?

L'hémicycle

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’initiative Le Message d’Étienne Chouard. Pour faire bref, Étienne Chouard y démontre que le vote n’est pas démocratique et qu’au contraire il confisque le pouvoir au profit d’une minorité. De plus, une campagne électorale met en valeur ceux qui sont riches et bons communicateurs, qualités des moins importantes en regard de la fonction briguée.

Je ne peux que partager cette analyse, en ayant moi-même fait l’expérience.

Une solution serait de réécrire la constitution pour instituer le tirage au sort des représentants du peuple. La majorité des objections qu’on pourrait avoir face à ce système ont été levées par Étienne Chouard lors de ses multiples conférences. En théorie, je trouve l’idée séduisante.

Mais en pratique ? Il faudrait une majorité de citoyens pour soutenir l’idée afin de réécrire la constitution ? Irréaliste. Il faudrait que des politiciens élus traditionnellement renoncent à tout leurs acquis pour changer la loi ? C’est presqu’un coup d’état ! De plus, si un tel changement s’avère une mauvaise chose, le retour en arrière sera vraiment difficile.

Mais un pirate, Nico , a eu une idée génie : pourquoi ne pas tout simplement donner des sièges aux votes blancs. Et ces sièges seraient assignés à des personnes tirées au sort.

Plutôt que de militer pour un changement de constitution, Étienne Chouard et consort pourraient militer pour voter blanc. De plus, ce ne pourrait qu’être bénéfique pour la représentation démocratique : au conseil communal ou au parlement siégeraient d’illustres inconnus comme vous et moi, sans électorat.

Mais si un extrémiste pédophile nazi téléchargeur de mp3 est tiré au sort ?

Si les votes blancs n’ont qu’un siège, cette personne sera seule au sein de l’assemblée. Plus les votes blancs auront des sièges plus, statistiquement, les représentants tirés au sort représenteront les diverses franges de la population.

Rappelons que, contrairement à des élus traditionnels, il n’y aura pas de parti, pas de coalition.

Quelqu’un tiré au sort peut-il rejoindre une coalition ?

Pourquoi pas ? Une personne votant blanc sait à quoi elle s’engage : un résultat aléatoire. Si vous tenez absolument à ce que les jaunes ne soient pas dans la majorité, votez mauve, pas blanc.

D’ailleurs, les partis traditionnels feront sans doute les yeux doux aux tirés au sort. Mais c’est, au final, un mauvais calcul : les personnes tirées au sort ne siègent pas pour leurs qualités intrinsèques. Elles n’ont pas un électorat. Si elles devaient se révéler populaires et continuer une carrière politique dans un parti, ce serait justement positif : une personne fraîche, issue de la société civile et non pas un apparatchik.

Faut-il prendre en compte l’abstention dans les votes blancs ?

Bonne question. Par honnêteté intellectuelle, je dirais que non, surtout dans un premier temps. Mais, le temps passant, ce serait une bonne chose. Soit cela encouragerait les gens à aller voter, ce qui est positif, soit cela renforcerait le quota de personnes tirées au sort, ce qui est également souhaitable.

Et si on est contre ?

Et bien il reste la possibilité de ne pas voter blanc, tout simplement.

Je ne me suis pas penché en détail sur tout l’argumentaire. Je vous invite à poster dans les commentaires des liens pertinents pour ou contre le tirage au sort. Je serais curieux d’avoir l’avis des spécialistes sur les sujet.

>>> Source sur : http://ploum.net/post/si-comptait-les-votes-blancs

>>> Photo par Sylke Ibach

15 jeunes demandent une démocratie plus ouverte à Hollande

Mercredi 23 janvier, François Hollande remettait ses voeux à la jeunesse.

Comme le « Top-Down » fait un peu trop 2012 et qu’on est maintenant en 2013, un peu de « Bottom-Up » s’est invité dans cette remise de voeux : 15 jeunes des 4 coins de la France ont planché pour remettre eux aussi des voeux au Président. La préparation des voeux s’est déroulée sur un WE, animé de main de maître par Martin Hirsch et Isabelle Giordano.

Etant parmi ces « jeunes », j’ai eu l’occasion de m’apercevoir que les attentes en terme d’ouverture, de transparence et de collaboratif sont récurentes dans cette génération.

J’ai aussi profité de mes rencontres avec François Hollande pour lui parler du collectif Démocratie Ouverte, de l’Open Governement Partnership dans lequel il serait bon que la France s’engage …et pour lui remettre tout un dossier sur Parlement & Citoyens, ce service qui permet à chacun de participer à l’élaboration de certaines lois (lancé le 13 février 2013).

Après une séance de travail avec François Hollande, nous avons précisé 15 voeux que nous avons chacun pu énoncer publiquement à Grenoble, avant le discours du Président.

Parmi des propositions sur l’emploi, l’éducation, l’orientation, la police ou encore le développement durable, certains voeux concernaient directement une demande d’ouverture, de participation ou de transparence. Morceaux choisis :


L’exclusion de la vie politique et des décisions

Monsieur le Président,

Nous constatons que nous avons beaucoup d’envies, beaucoup d’énergie, beaucoup d’idées pour améliorer les choses. Mais nous constatons également que nous sommes exclus des politiques locales et nationales où nous pourrions les proposer ou les concrétiser par nous-mêmes au lieu d’attendre qu’un élu, qu’un ministre, le fasse pour” nous.

Nous rêvons d’avoir une place dans les mairies, dans les conseils régionaux, dans les institutions publiques où nous aurions un pouvoir exécutif et non pas seulement un rôle consultatif. Arrêter de nous faire venir quelque part “parce que ça fait bien”. Arrêter de nous prendre pour des idiots immatures incapables de réfléchir à des solutions. Parce que nous sommes capables nous aussi de construire des solutions. Nous souhaitons être associés aux décisions qui nous concernent directement. Nous rêvons d’une société qui ne fasse plus « pour », mais « avec » les jeunes.

Nous proposons donc que les mairies et les conseils régionaux accueillent un quota de jeunes par le biais des services civiques ou des associations. Et peut-être que les listes électorales pourraient avoir un quota de jeunes élus, comme pour la parité ?

La transparence

Monsieur le Président,

Nous constatons que beaucoup de citoyens et en particulier les jeunes ont du mal à accéder à la bonne information au bon moment et au bon endroit. Nous nous retrouvons souvent face à un mille-feuilles administratif, que ce soit dans les domaines de l’orientation, de la santé, de l’entreprenariat, de la justice, des aides au logement … ou tout simplement de l’engagement.

Nous rêvons d’une société et de services publics plus transparents, facilement accessibles, avec un accompagnement gradué et une véritable pédagogie, surtout lorsque c’est la première fois qu’on se retrouve face à un de ces services publics !

Nous proposons de généraliser la publication de l’ensemble des données du service public sur des plateformes web, dans des formats ouverts qui permettent la réutilisation de ces données.

Par exemple, si l’ensemble des associations mutualisaient leurs besoins et leurs projets sur ce type de plateforme, on pourrait facilement créer des applications favorisant l’engagement temporaire ou permanent dans ces associations.

Au delà de l’ouverture des données publiques, nous proposons de créer des lieux destinés à guider l’engagement, à l’accompagner, à mettre en relation les porteurs de projets et toutes les bonnes volontés prêtes à aider.

Une démocratie ouverte

Monsieur le Président,

Nous constatons que la politique ne fait vraiment pas rêver les jeunes, et pourtant nous ne demandons qu’à nous engager. Pour la planète, pour les autres, contre la pauvreté et la misère, pour le respect des droits humains… Alors qu’aucun de nous n’est engagé dans un parti politique, nous sommes presque tous engagés dans des associations !

La démocratie va mal telle qu’elle existe aujourd’hui. Beaucoup de jeunes ne se déplacent même plus pour aller voter. Et un nombre trop grand de citoyens votent sans conviction et n’ont aucun espoir sur les possibilités des politiciens à réellement changer les choses.

Nous rêvons qu’une démocratie ouverte soit mise en oeuvre. C’est-à-dire transparente, participative et collaborative. Nous voulons que les citoyens, jeunes et moins jeunes, puissent y prendre part autrement qu’en votant une fois tous les cinq ans.

Nous sommes une génération connectée … et le numérique ouvre en grand les portes du collaboratif, pour prendre des décisions de manière plus partagée mais aussi pour impliquer les citoyens qui le veulent dans la mise en œuvre de politiques publiques plus efficaces. Une démocratie ouverte serait une formidable source d’efficacité, de création d’activités et de vivre ensemble.

Nous proposons que vous mettiez en place à l’échelle nationale une démocratie ouverte, tout comme à l’échelle locale il existe des villes qui expérimentent la transparence et la participation. A Bobigny par exemple, la mairie offre régulièrement l’opportunité de participer à l’élaboration de sa politique publique et l’occasion de remonter les informations, qu’elles soient positives ou négatives.

Nous vous proposons de faire “avec” les citoyens, et non plus seulement “pour” eux.

Nous vous proposons d’ouvrir des débats publics et des consultations sur des plateformes web avant toute grande réforme. L’ensemble des sources, avis, expertises, idées et propositions pourraient être disponibles et centralisées sur ces plateformes.

L’Europe

Monsieur le Président,

Nous constatons que les différents pays européens se livrent parfois une concurrence acharnée qui nuit à chacun plutôt qu’elle ne profite à tous.

Nous constatons aussi que l’Europe nous parait lointaine, inaccessible, technocratique.

Nous rêvons de nous sentir européens au moins autant que nous nous sentons français. Il s’agit bien sûr de culture européenne partagée …mais de manière opérationnelle, nous formulons le vœux d’une Europe plus solidaire, harmonisée fiscalement, qui puisse parler d’une seule voix dans le monde, qui ait une armée propre, une justice …mais surtout une démocratie ouverte et partagée.

Nous sommes une génération habituée à voyager. Erasmus nous a permis d’étudier dans tous les pays européens. Internet fait tomber les frontières et nous partageons déjà beaucoup avec nos voisins.

Nous pensons que nous sommes prêts à faire le pas. Nous sommes prêts à avoir un passeport européen, un président élu qui mène dans certains domaines une politique unique et assumée collectivement.

Nous proposons qu’en tant que président d’un pays central et fondateur de l’Europe, vous initiez un débat européenne autour de ces questions. Nous proposons de participer à cette réflexion sur une démocratie ouverte à l’échelle européenne, plus proche des citoyens, plus transparente et collaborative.

 


Enfin, après avoir écouté nos voeux, le Président a fait un discours que vous pouvez retrouver en vidéo ci-après :

>>> Publié par Armel Le Coz le 29 janvier 2013

>>> Source sur : http://democratieouverte.org/voeux

>>> http://www.elysee.fr/chronologie/#e2340,2013-01-23,v-ux-a-la-jeunesse-a-grenoble

 

Des hypothèses pour un futur inconnu

Des hypothèses pour un futur inconnu

À plus long terme, d’ici dix ans ? : ce qui pourrais se passer et les questions que cela suppose.

(Synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs)


Résumé :

Nous basculons dans l’inconnu : dans un nouveau monde où l’accès à la connaissance se fera à partir de notre maison, au bureau, dans l’automobile ou dans la salle de classe, tapissés d’écrans et d’objets smarts qui y déverseront un tsunami quotidien d’informations non validées. Nous allons devoir apprivoiser de nouveaux outils pour vivre dans cette future société  :

 

• Durant l’ère industrielle le connu était le citoyen et la société ; l’inconnu maintenant est le rôle que la famille et les groupes d’intérêts vont jouer entre ces deux pôles. Dans le futur les outils à apprivoiser seront l’informatisation des nouveaux espaces de connectivité.

• Durant l’ère industrielle le connu était la somme des connaissances accumulées dans les encyclopédies et les dictionnaires traditionnels ; l’inconnu sera les savoirs hétéroclites placés dans Google. Dans le futur, les outils seront les nouveaux moteurs de recherche.

• Durant l’ère industrielle le connu était les échanges personnels que permettait le livre, le disque, le journal ou le film ; l’inconnu sera les consensus que nous devrons développer pour vivre ce rêve commun qu’est le projet de société. Dans le futur, les outils seront les réseaux sociaux axés non pas sur l’individu mais les collectivités.

• Durant l’ère industrielle le connu était les messages de style top down envoyés par les classes dirigeantes aux téléspectateurs anonymes et passifs ; l’inconnu est l’émergence des réactions bottom-up des groupes d’intérêts. Dans le futur l’outil sera l’interactivité grand public.

>>> Source & Suite sur : http://democratieouverte.org/open-blog/des-hypotheses-pour-un-futur-inconnu-33

>>> Par Michel Cartier le 10 Octobre 2012

Le contexte postindustriel

Le contexte postindustriel

Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information. Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés. Découverte en vidéo, suivie d’un texte intégral, synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs dont certains sont membres du collectif Démocratie Ouverte.

Résumé :

Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information :

 L’information reportage et l’information opinion

la première est l’élément de base servant à comprendre l’état de la situation d’une société devenant postindustrielle et la deuxième sert à observer l’état d’âme de ses acteurs.

• La prise de parole citoyenne et les réseaux sociaux

          éléments de base des négociations entre la société civile et les élites politiques et économiques afin de rédiger un nouveau contrat social.

• La stratégie des prix dynamiques

          éléments de base du développement d’un nouveau modèle économique basé sur la proximité.

Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés :

• Le numérique

          élément de base du système de communication entre tous les acteurs de la société.

• Le géoréférencement

          élément de base de l’économie de proximité.

• Le mobile

          élément de base de l’utilisation du cyberespace.

• L’interactivité

          élément de base de l’accès aux connaissances.

• La civilisation de l’image

élément de base du sens donné aux informations.

>>> Par Michel Cartier le 9 Octobre 2012

Le nouveau monde qui émerge

Le nouveau monde qui émerge

Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information. Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés. Découverte en vidéo, suivie d’un texte intégral, synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs dont certains sont membres du collectif Démocratie Ouverte.

Résumé :

• Depuis plus de mille années, la société a été régie par ses élites  politiques. Depuis deux cents ans, les consortiums  économiques ont imposé leurs lois avec l’appui des classes politiques. Maintenant nous basculons vers une société de la connaissance : notre nouvelle structure sera politico-économico-médiatique.

• Ce sera un nouveau monde parce que ses structures politiques vont changer à cause des prises de parole citoyennes, que les structures économiques vont changer à cause du nouveau modèle de proximité et que les structures culturelles vont changer à cause du nouveau type d’accès à la connaissance.

• Pour la première fois de notre histoire tous les citoyens de la planète font face à un ensemble de crises crées par notre individualisme et qui ne pourront être résolues avec le modèle capitaliste qui les engendré. Mais, les citoyens ont aussi accès à des nouveaux outils capables de rémédier à ces crises.

• Notre fragmentation en tant que citoyens nous empêche de prendre des décisions, d’où l’absence de projets mobilisateurs actuellement. La disparition de la confiance rends impossible la rédaction d’un contrat social, donc d’un projet de société pour trois ou quatre années encore.

>>> Source & Suite sur : http://democratieouverte.org/open-blog/le-nouveau-monde-qui-emerge-13

>>> par Michel Cartier le 6 Octobre 2012

PolitoscopeTV, tv collaborative, reçoit Etienne Chouard

PolitoscopeTV, tv collaborative, reçoit Etienne Chouard 

L’occasion d’encourager l’initiative Politoscope.tv qui se veut une télé sociale et collaborative “jusqu’au bout des ongles” comme dirait Frédéric BASCUNANA(@fredbascunana), et donc un media le plus horizontal possible. Proposez des sujets, aidez à la préparation, invitez vous en plateau, vous avez la parole.

Je trouve l’outil intéressant mais un peu touffu pour être honnête: difficile parfois de s’y retrouver. Et c’est dommage car même si le contenu devrait toujours être l’essentiel, le conteneur peut parfois nuire par ses lacunes.

Le débat politique en mode participatif?

Lors de discussions passionnantes sur Google+ nous évoquions justement le sujet et certains d’entre nous intéressés aux propos chouardesques, dont moi, pensent qu’une rupture pacifique vers une vraie démocratie aura bien du mal à se faire avant qu’on ne trouve un moyen quelconque de réimpliquer massivement les gens dans la vie de la cité comme dirait l’autre, dans la politique. Alors bien sûr on pense à notre bel Internet, et ce genre d’outil pour y aider, mais je passe en ce moment par une phase assez pessimiste tant la résignation semble être de mise. Ca passera ;)

D’ailleurs je ne voudrais pas mal interpréter le ton d’Etienne Chouard au début de l’émission, mais on ressent comme une lassitude. J’espère qu’il s’agit juste du compréhensible agacement d’avoir à toujours redémarrer l’argumentaire de zéro. Aussi passionnant que soit le film, ce n’est jamais marrant de faire une trop longue promo.

Quoiqu’il en soit merci à Frédéric de recevoir Etienne Chouard, à l’initiative de Fabrice Epelboin (@epelboin) si j’ai bien compris, donc merci à lui aussi.

J’essaierai de faire du lobbying pour appuyer également la proposition de certains que j’ai vu passer dans les coms pour avoir Franck Lepage en plateau qu’on rigole un peu :)

Bonne émission!

Note to myself: penser à regarder cette émission sur mon blog :)

>>> Source : http://jcfrog.com/blog/politoscopetv-tv-collaborative-recoit-etienne-chouard/

Les promesses d’une démocratie numérique

Les promesses d’une démocratie numérique

Les valeurs et pratiques de la démocratie ouverte (OpenGov) sont intimement melées à celles dunumérique et d’internet. Comme si un glissement s’effectuait petit à petit depuis les réseaux jusque dans les couloirs de nos assemblées, gouvernements et instances démocratiques.

Mais alors, quels changements adviendraient dans un système qui deviendrait plus empreint des ces pratiques et valeurs numériques ? Quelles promesses derrière les concepts de démocratie ouverte ou dedémocratie liquide ?

Les valeurs

Quelles sont ces valeurs et pratiques propres au numérique et à internet ?

  • Le partage (d’informations, d’idées, de contenus, de musiques, de films…),
  • La liberté (avec notamment les logiciels libres, la gratuité et l’échange plutôt que l’achat, l’effacement des frontières…),
  • La mise en capacité d’action (beaucoup d’informations, de données et d’actions deviennent accessibles rapidement et facilement pour un grand nombre de personnes),
  • La transparence (on le voit par exemple avec le mouvement de l’OpenData mais aussi avec Wikileaks),
  • Les modèles collaboratifs et le « faire ensemble » (par exemple dans la rédaction sur Wikipedia ou dans la conception de logiciels OpenSource),
  • La participation (sur les réseaux sociaux, dans les commentaires, sur des plateforme de mobilisation comme Avaaz…),
  • La transversalité et l’horizontalité (l’échange et la production de pair à pair, les organisations en réseau…).

Le changement

On imagine bien que si on reprend toutes ces valeurs et ces pratiques pour les imaginer dans la démocratie …et si on pousse la logique jusqu’au bout, alors le numérique peut changer beaucoup de choses au fonctionnement de nos démocraties.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire le chemin petit à petit. Le changement se fera probablement plutôt dans la durée et non pas de manière radicale et révolutionnaire.

Le citoyen de demain

Génération Y from adesias. on Vimeo.

Un citoyen né avec le numérique ne comprendra pas de ne pas avoir les moyens de participer facilement et/ou activement à la vie de la cité. C’est un sacré « changement social ». Et en termes de services publics, ça veut dire qu’il faudra sans doute donner à ce citoyen les moyens d’agir (ce que les anglosaxons appellent l’empowerment, littéralement la « capacitation » ou mise en capacité d’action du citoyen).

Evidemment cela impliquera de profonds changements dans le rôle des acteurs publics qui devront dorénavant faire « avec » le citoyen plutôt que faire « pour » lui.

La collectivité devient alors l'animateur d'une collaboration, plutôt que "prestataire de services publics".
C’est d’ailleurs tout le sens du volet collaboratif de la démocratie ouverte, qui préconise de changer des méthodes et des organisations trop rigides, pyramidales et exclusives vers plus d’ouverture, de transversalité et de coopération.

Oui mais…

De belles promesses, donc. Mais attention, il faudra aussi questionner tous les problèmes, valeurs et pratiques moins positives qui ont lieu sur internet (sécurité, failles et virus, risque de fichage, non maîtrise de nos données personnelles, chaos de la sur-information, difficiles modèles économiques, etc.)

Quoi qu’il en soit, la mutation est déjà là. Ces évolutions sont inéluctables. A nous d’être assez intelligents et créatifs pour s’en emparer plutôt que de les craindre.

Franck Lepage #revelation #inculture #revolution

Franck Lepage #revelation #inculture #revolution

Suite à quelques discussions sur la conf d’Etienne Chouard, des camarades internautes m’ont fait découvrir Franck Lepage.

Une révélation.

Je souffre depuis des années d’une frustration: celle de ne pouvoir exprimer clairement des ressentis profonds sur les dysfonctionnements de notre mode de vie. Ecole, politique, entreprise, ….

Je ne suis pourtant pas du genre à la jouer discret quand je pense quelque chose, mais souvent je rengaine mes évidences par crainte de ne pas trouver les mots, le chemin des explications complexes, par flemme de reprendre tout l’argumentaire, ou simplement par doute.

Alors quand on tombe sur un Franck Lepage qui déplie tout avec clarté, référence, expérience et surtout humour et talent, on est heureux. 🙂

Comme avec Chouard je suis dans une proximité d’opinion sans précédent, et le fait que ces opinions subversives soient défendues par des hommes “sérieux” est important pour moi. On nous prend si facilement pour des marioles 🙂

Ces messieurs ont un bagage, ce sont des bosseurs, des universitaires, ils ont de l’expérience et ont sué sur les dossiers qu’ils défendent brillamment quand tant d’opposants se permettent de rejeter un peu vite ces ambitieuses propositions.

Franck Lepage a pris le parti d’en rire et organise son propos en forme de spectacle politique. C’est drole, touchant et instructif. J’apprécie particulièrement sa façon de tout démonter, tout désacraliser, condition nécessaire selon moi à un minimum de recul.

Il y a urgence à prendre le temps, tout remettre en question. J’essaye de le faire, et c’est jubilatoire.

Pour les abonnés, une chouette interview chez Arret sur images.

Bon visionnage!

Edit: merci à @nicolas2k30 qui me signale une version plus récente de 3h25 :p

 

 

« Il suffit qu’on arrête de s’en foutre » #essentiel #causedescauses

« Il suffit qu’on arrête de s’en foutre » #essentiel #causedescauses

Je t’ai prévenu, je fais le virus pour Etienne Chouard.

Nous ne sommes pas en démocratie, mais la solution existe.

Si ta réaction est « mais oui, c’est ça, il est gentil » je te demande quand même d’essayer. Tu pourrais être supris: c’est passionnant, instructif, étayé, et ça pourrait te retourner comme une crêpe 🙂

 

Conférence de Lyon, mars 2012

PARTIE I : Parcours depuis 2005.

Un chantier original. — Le traité anti-constitutionnel. — Douze mille mails sous les mers. — S’opposer et construire. — Rôle des constitutions. — De la contradiction. — Les outils collaboratifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.

 

PARTIE II : Remettre les mots à l’endroit.

Nos acteurs politiques, l’intérêt général, et l’intérêt des banques. — 1% et 99%. — Élections = démocratie ? — Démocratie et gouvernement représentatif. — Désigner des maîtres. — La constitution : le problème et la solution. — La vergogne. — 1789, l’abbé Sieyès. — Henri Guillemin. — Chercher la cause des causes.

 

Partie III : Impuissances et constitutions.

Les résistances impuissantes. — Les branches et les racines. — Considérations sur Internet. — Qui écrit les constitutions ? — Notion de conflit d’intérêt. — Constituer une assemblée constituante. — La Tunisie et l’ Islande.

 

PARTIE IV :

Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.

Les objections de «l’assemblée du 5ème arrondissement de Lyon» :

— Pourquoi la démocratie athénienne s’est-elle éteinte ?

— Les humains veulent-ils la démocratie ?

— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.

— Le tirage au sort et la question de la compétence.

— La question du nombre.

— Montaigne, et l’art de converser.

 

PARTIE V :

L’assemblée des citoyens à Athènes, à l’époque de la démocratie. —

le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. — Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d’ascenseurs. — Question de la corruption. —

Question du contrôle des pouvoirs.

Références bibliographiques :

– Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance. — Éditions de l’Aube (7 mai 2004).

– Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et

politique d’Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).

 

PARTIE VI : Débats

— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.

— Une idée simple et puissante : «Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l’assemblée constituante.»

Retour sur : – L’importance de la constitution. – Le conflit d’intérêt. – La cause des causes. – Les questions de la compétence et de la volonté.

Bibliographie :

– Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).

 

PARTIE VII :

Rédaction d’une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort. — Référendums d’initiative populaire, fonctionnements possibles. — Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie. — Quelles armes contre l’oligarchie ? — Le diplodocus et le virus. — Internet et l’exponentielle.

Bibliographie :

– Bernard Friot, L’enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).

– Bernard Friot, L’enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).

– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).

– Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).

Pourquoi les pirates doivent défendre le revenu de base

Pourquoi les pirates doivent défendre le revenu de base

Le revenu de base est une solution économique qui va de pair avec la philosophie de la culture libre, et constitue une solide réponse face au contexte économique. S’ils veulent être crédibles et cohérents, les pirates ont donc tout intérêt à défendre haut et fort cette proposition.

parti-pirate-france

Les pirates le savent mieux quiconque: le monde est en train de changer, et l’économie n’en sortira pas indemne. Plus que d’une « nouvelle économie », nous assistons à l’émergence d’une « deuxième économie » dont les règles semblent échapper totalement au cadre fixés par l’économie officielle.

Si le numérique pouvait vraiment créer la croissance de demain et l’emploi, depuis vingt ans que le secteur émerge, cela se serait vu. Si vraiment l’open-source était compatible avec l’économie classique, alors les monopoles de facebook, google and co ne seraient pas un problème pour nos libertés. Mais ce n’est pas le cas, dont acte.

Tandis que les économistes officiels sont incapables de sauver l’économie, et si c’était au tour des pirates de faire valoir leurs arguments ?

C’est un peu l’avis de Rick Falkvinge (fondateur du parti pirate suédois) à propos de la « Swarm economy » (l’économie de l’essaim) :

Parce que les pirates sont ceux qui ont le plus d’expérience de participation au changement de notre civilisation industrielle, les partis pirates sont dans une position unique pour prendre en main l’adaptation de nos politiques à cette nouvelle réalité.

Et comme par hasard, Falkvinge cite plus loin le revenu de base inconditionnel comme l’une des solutions (je traduis aussi le passage précédent, pour le plaisir des yeux) :

il est important que cela ne soit pas un débat gauche-droite : cela n’a rien à voir avec le socialisme ou les politiques libérales. Il s’agit plutôt d’une observation que la société industrielle qui a définit ces idéologies est en train de cesser d’exister, et que quelque chose d’autre les remplacent.

Un des modèles pour l’économie de l’essaim (« swarm economy ») pourrait être de verser un revenu de base inconditionnel à chaque citoyen. Cela résoudrait de nombreux problèmes comme celui de la loi d’Airain des salaires et encouragerait le travail non payé et pourtant fondamental pour l’industrie.

Il y a de nombreux autres arguments conduisant à la nécessité du revenu de base comme socle d’un nouveau pacte social. Citons par exemple :

  • Simplification, transparence et meilleure lisibilité du modèle fiscalo-social
  • Désamorçage du problème de la trappe à pauvreté (manque d’incitation à travailler à cause des aides existantes)
  • Subvention des productions culturelles et non-marchandes
  • Sécurisation des parcours personnels
  • Abolition de l’extrème misère
  • [pour plus de détails : clic clic clic clic clic]

Précisons d’ailleurs que l’idée fait déjà partie des “mesures compatibles” du parti pirate, et que certains équipages régionaux l’ont officiellement intégré dans leur programme officiel. Le flibustier allemand, lui aussi, a officiellement adopté cette mesure (même s’il faut relativiser cette décision, qui est loin d’avoir fait l’unanimité parmi les corsaires teutons…).

Mais au delà de tous les arguments “de bon sens », il y a peut être quelque chose de plus puissant encore dans l’idée du revenu de base : le fait que cette idée est en parfaite cohérence avec la philosophie de la culture libre. Et c’est bien pourquoi cette idée mériterait de retenir tout particulièrement l’attention des pirates.

Des creative commons à l’économie

Le fondement philosophique qui justifie l’idée que les oeuvres devraient être réutilisables et partageables, c’est entre autre que la création même de ces oeuvres repose sur d’autres créations antérieures relevant souvent du domaine public ou simplement d’influences d’autres artistes. De fait, les protections actuelles que confèrent la propriété intellectuelle constituent en réalité un droit illimité d’exploitation mercantile de toute un champ de ressources relevant du domaine public et d’autres oeuvres non rémunérées. Le système profite ainsi à une minorité tandis que la majorité des auteurs sont oubliés.

Le revenu de base part du même principe : aucun entrepreneur ne peut prétendre créer de valeur tout seul dans son coin. En vérité, tout ce qu’une entreprise ou un individu crée, il le fait en se reposant sur des productions antécédentes ou parallèles qu’il exploite souvent gratuitement.

Par exemple, toutes les entreprises qui utilisent internet aujourd’hui (c’est à dire quasi toutes) ne sont pour la plupart pas spécialement redevable de l’existence même de ce réseau. Elles exploitent ainsi des technologies et des infrastructures qui appartiennent à la collectivité sans rémunérer ceux qui ont oeuvré à les construire.

Certes, il est impossible de rémunérer à leur juste valeur les contributions de la communauté open-source, qui n’en demandent d’ailleurs pas tant. D’autant que la contribution du logiciel libre est très difficilement mesurable dans le PIB. Cette situation est donc compréhensible, mais elle n’est pas juste pour autant : du travail gratuit des richesses collectives sont abondamment exploité pour créer des richesses privées.

Le revenu de base permet de régler le problème en rémunérant par défaut chaque citoyen pour sa part de création de valeur libre ainsi que pour la part d’héritage qui lui revient de la richesse commune qui n’appartient à personne – si ce n’est un peu à tout le monde.

C’est donc une mesure qui force d’une certaine manière les citoyens à se reconnaitre mutuellement comme créateurs de valeur.  Par analogie, défendre le revenu de base, c’est (un peu) comme défendre le logiciel libre : c’est donner l’opportunité à l’autre de créer de la valeur (= accepter que quelqu’un modifie son code), et c’est reconnaitre que la contribution libre d’autrui constitue une vraie valeur économique même si l’on est incapable de la mesurer.

Hackons l’économie !

Quelles sont les mesures du parti pirate contre le chômage ? Comment les pirates comptent-ils relancer l’économie ? Quelle réforme fiscale les pirates mettraient-ils en oeuvre s’ils étaient élus ? Comment faire face à la crise de la dette ?

C’est face à ces questions que le parti pirate a aujourd’hui un problème. Ses revendications majeures concernent la propriété intellectuelle et les libertés fondamentales, qui sont des thématiques importantes et justes. Néanmoins, les pirates ne peuvent pas faire l’impasse sur l’économie. Il leur faut des réponses crédibles et cohérentes sur tous ces sujets s’ils veulent dépasser leur image de « petit groupe de sympathiques geeks qui s’amusent dans des garages ».

Evidemment, je vois le revenu de base comme une pierre de voute d’une telle démarche. Car le revenu de base n’est pas une mesure de plus, mais un levier de changement vers un nouveau projet de société. Si les pirates l’adoptaient officiellement dans leurs revendications majeures, cela leur permettrait ainsi d’écarter d’entrée de jeu toutes les mesurettes économiques et faux débats économiques sur lesquels les pirates n’ont pas grand chose à dire (mais beaucoup de temps et de crédibilité à perdre). Et d’y opposer une réponse radicale, juste, et cohérente.

N’est-ce pas d’ailleurs cela que l’on attend de nous ? Alors à l’abordage !?


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>>> Source sur : http://www.tetedequenelle.fr/2012/06/parti-pirate-revenu-de-base/