Où va l’économie numérique ? : robotisation ou monopolisation ?

Où va l’économie numérique ? : robotisation ou monopolisation ?

“C’est peut-être difficile à croire, mais avant la fin de ce siècle, 70 % des emplois d’aujourd’hui sera remplacé par l’automatisation. Oui, cher lecteur, même votre travail vous sera enlevé par des machines. En d’autres termes, votre remplacement par un robot n’est qu’une question de temps”, affirme Kevin Kelly (@kevin2kelly) dans un passionnant article pour Wired intitulé : “meilleurs que les humains : pourquoi les robots vont (et doivent) prendre votre job”.

Votre remplacement par un robot n’est qu’une question de temps !

Ce bouleversement est induit par une deuxième vague dans l’automatisation, estime Kevin Kelly : une vague centrée sur la cognition artificielle, les capteurs bon marché, l’apprentissage automatique et l’intelligence distribuée. Et cette automatisation profonde va toucher tous les emplois, du travail manuel au travail intellectuel.

Après avoir remplacé les travailleurs à la chaîne, les robots vont remplacer les travailleurs dans les entrepôts. Ils seront capables de récupérer les colis, les trier et charger les commandes dans les camions. Le ramassage des fruits et légumes continuera à être robotisé, jusqu’à ce qu’aucun être humain n’y participe plus, hormis dans quelques fermes spécialisées. Dans les pharmacies, les robots distribueront les médicaments tandis que les pharmaciens se concentreront sur le conseil au patient. Le nettoyage des bureaux ou des écoles sera pris en charge par des robots nocturnes qui commenceront par faire des choses faciles à faire comme nettoyer les planchers ou les fenêtres avant finalement d’être capables de nettoyer les toilettes. Nos camions et voitures seront demain pilotés par des robots…

Alors que les robots ne vont cesser d’être intégrés aux tâches manuelles, ils vont également affecter le travail en col blanc. Narrative Science sait écrire des articles sur le sport à partir de statistiques et de résultats sportifs ou générer des résumés de performance boursière d’une entreprise à partir de textes trouvés sur le web. “Tout travail de paperasserie sera pris en charge par les robots, y compris une grande partie de la médecine. Même les domaines de la médecine qui ne sont pas définis par la paperasserie, comme la chirurgie, seront de plus en plus robotisés. Les tâches de routines de tout travaux à forte intensité d’information pourront être automatisées.” (…) La prise de contrôle par les robots sera épique… Et elle a déjà commencé.”

Si nous sommes à un point d’inflexion, estime Kelly, c’est parce que les machines ont acquis de l’intelligence. “Nous avons des idées préconçues sur la façon dont un robot intelligent devrait regarder et agir, et celles-ci peuvent nous faire oublier ce qui se passe déjà autour de nous. Nous pensons que l’intelligence artificielle doit être proche de celle de l’homme. Mais c’est là faire la même erreur que de croire que le vol artificiel devrait ressembler au vol des oiseaux et battre des ailes. Les robots vont penser différemment. Pour comprendre à quel point l’intelligence artificielle a déjà pénétré nos existences, nous devons nous débarrasser de l’idée que celle-ci sera la même que celle des hommes.”

Les robots de demain seront aussi simples à utiliser que des… ordinateurs

Prenez Baxter, le robot de travail de Rethink Robotic, conçu par Rodney Brooks (Wikipedia,@rodneyabrooks), l’inventeur du robot aspirateur Roomba. Baxter est un des premiers exemples d’une nouvelle classe de robots industriels créés pour travailler aux côtés des humains. Baxter n’a pas l’air impressionnant. Il a de grands bras musclés et un affichage à écran plat comme de nombreux robots industriels. Et les mains de Baxter effectuent des tâches manuelles répétitives, tout comme les robots d’usine savent le faire. Mais il est différent de trois façons importantes, souligne Kevin Kelly.

Les capacités de Baxter
Image : les capacités de Baxter.

Tout d’abord, il peut regarder autour de lui et indiquer où il regarde en bougeant les grands yeux animés qu’il a sur la tête. Il est capable de percevoir les humains qui travaillent près de lui pour éviter de les blesser. Et les humains peuvent voir s’il les voit. Jusqu’à présent, les robots industriels ne savaient pas faire cela, ce qui expliquait qu’ils devaient être physiquement séparés des humains. Un robot d’usine typique est la plupart du temps emprisonné dans un grillage ou une cage en verre. Ils sont tout simplement trop dangereux parce qu’ils ne sont pas conscients des autres. Cette isolement empêchait jusqu’à présent que de tels robots de travaillent dans une petite boutique par exemple, où il n’est pas facile de trouver de la place pour isoler quelque chose. On ne pouvait pas leur faire passer ou récupérer des matériaux facilement, sans mesures de sécurité lourdes. Mais avec Baxter, vous pouvez le brancher sur une prise de votre garage et travailler à ses côtés, sans risque.

N’importe qui peut former Baxter. Il n’est pas aussi rapide, puissant et précis que d’autres robots industriels, mais il est plus intelligent. Pour apprendre quelque chose au robot, il vous suffit de saisir ses bras et de les guider pour qu’il fasse les mouvements corrects de la séquence qu’il doit faire.“C’est une forme d’apprentissage simple consistant à montrer ce qu’il faut faire. Baxter apprend une procédure, puis la répète. Tout travailleur est capable de faire cet apprentissage au robot. Vous n’avez même plus besoin de savoir lire ou écrire.” Jusqu’à présent, les robots industriels nécessitaient des ingénieurs et des programmeurs hautement qualifiés pour écrire des milliers de lignes de code (et les déboguer) pour instruire le robot d’un simple changement de tâche. Le coût réel d’un robot industriel classique n’est pas son matériel, mais son fonctionnement, souligne Kevin Kelly. Les robots industriels coûtent plus de 100 000 dollars à l’achat, mais il faut compter au moins jusqu’à 4 fois ce montant pour le programmer, le former, le maintenir à jour ou le faire évoluer.

La troisième différence est donc que Baxter ne coûte pas cher. Vendus au prix de 22 000 dollars, nous sommes là dans un rapport de coût bien différent de ses prédécesseurs. Baxter est le premier robot-PC, et comme avec un ordinateur, l’utilisateur peut interagir directement et immédiatement avec lui, sans avoir besoin d’experts et l’utiliser pour des choses peu sérieuses voir frivoles. “De petits fabricants peuvent se l’offrir pour lui faire emballer des marchandises, pour personnaliser la peinture de leurs produits ou gérer leurs machines d’impression 3D. Et vous pourriez même vous en servir pour équiper une usine qui fabrique des iPhone”, s’amuse Kevin Kelly.

Brooks spécule déjà sur comment ses robots vont transformer la fabrication d’une manière encore plus brutale que la dernière révolution technologique. “Pour le moment, nous pensons l’industrialisation par rapport à la Chine. Mais les coûts de fabrication s’effondrent à cause des robots et les coûts de transports sont appelés à devenir un facteur plus important que les coûts de production. La proximité ne sera pas chère. L’avenir est à un réseau d’usines localement franchisées où les produits seront fabriqués à quelques kilomètres de l’endroit où on en a besoin.”

Les étapes de notre remplacement par des robots

Kevin Kelly propose une matrice pour comprendre comment le remplacement de nos activités par des robots va évoluer.

Il y a d’abord les emplois que l’homme peut accomplir, mais que les robots peuvent faire encore mieux. Les humains savent tisser le coton, mais les métiers automatisés savent le faire encore mieux que nous et pour quelques centimes. La seule raison d’acheter du tissu fabriqué à la main aujourd’hui, c’est parce qu’on peut apprécier les irrégularités, les imperfections humaines qu’il présente. Mais beaucoup d’imperfections humaines n’ont pas de valeur, dans la conduite de véhicules par exemple.

Pourtant, pour les tâches complexes, nous avons toujours tendance à croire qu’on ne peut pas faire confiance aux ordinateurs et aux robots, souligne Kevin Kelly. C’est pourquoi nous avons été lents à reconnaître la façon dont ils maîtrisent certaines routines conceptuelles et parfois même leur maîtrise de routines physiques. Le pilote automatique sait faire voler un 787, mais, irrationnellement, nous plaçons des pilotes dans le cockpit pour assister le pilote automatique… au cas où. Dans les années 1990, les évaluations informatisées de prêts bancaires ont remplacé les évaluateurs humains. “Nous avons accepté une fiabilité absolue dans la fabrication de robots, bientôt nous allons l’accepter dans l’intelligence robotique et de service.”

Il y a ensuite les emplois que les humains ne peuvent pas faire, mais que les robots savent très bien faire. Si l’homme a du mal à visser une vis en laiton sans aide, l’automatisation est capable d’en visser des milliers à l’heure. Sans automatisation, nous ne saurions pas fabriquer d’ordinateurs qui exigent un certain degré de précision, de contrôle et d’attention que nos corps d’animaux ne possèdent pas. Aucun groupe humain ne saurait chercher à travers toutes les pages web du monde entier sans employer un robot pour cela. Les plus grands avantages que l’on tire des robots et de l’automatisation viennent du fait qu’ils occupent des emplois que nous serions incapables de faire. Nous n’avons pas la capacité d’attention pour scanner chaque millimètre de cellule à la recherche de cellules cancéreuses. “Nous ne donnons pas de bons emplois aux robots. La plupart du temps, nous leur donnons des emplois que nous serions incapables de faire. Sans eux, ces emplois resteraient vacants.”

Il y a également les nouveaux emplois créés par l’automatisation, ceux que nous ne savions pas que nous pourrions faire. Grâce aux robots et à l’intelligence informatique, nous pouvons faire des choses que nous n’aurions jamais imaginé faire. Conduire un chariot sur Mars, imprimer un motif sur un tissu qu’un ami nous a envoyé par e-mail… Des possibilités créées principalement grâce aux nouvelles capacités des machines. Ce sont autant d’emplois que les machines rendent possibles. Avant que nous n’inventions l’automobile, la climatisation, les écrans plats et les dessins animés, aucun habitant de la Rome Antique n’avait souhaité pouvoir regarder de dessins animés en se rendant à Athènes dans un confortable char climatisé. Les premières intelligences artificielles intégrées aux jeux d’action ont donné à des millions d’adolescents l’envie, le besoin, de devenir des concepteurs de jeux professionnels. Un rêve qu’aucun garçon de l’époque victorienne n’a jamais eu. Chaque succès de l’automatisation génère de nouvelles professions – professions que nous n’aurions pas imaginées sans l’impulsion de l’automatisation. Pour le dire autrement, la majeure partie des nouvelles tâches créées par l’automatisation sont des tâches que seulement d’autres automates peuvent réaliser. Il y a fort à parier que les professions qui gagneront le plus d’argent en 2050 dépendront d’automatismes et de machines qui n’ont pas encore été inventées, estime Kevin Kelly. Autrement dit, nous ne pouvons pas voir ces emplois d’où nous sommes, car nous ne pouvons pas encore voir les machines et les technologies qui les rendront possibles. Les robots créent des emplois que nous ne savions même pas que nous voudrions faire. Et ce n’est pas si trivial. “Nos désirs sont inspirés par nos inventions antérieures. L’industrialisation a fait bien plus que prolonger la durée de vie moyenne des hommes. Elle a permis à un grand pourcentage de la population de décider de ce qu’elle voulait être : ballerine, musicien, mathématicien, athlète, créateur de mode, maître de yoga, auteur de fan-fiction… Demain, bien des machines seront capables de faire certains de ces métiers à notre place. Mais nous ne cesserons pas de rêver à trouver de nouvelles réponses à ce que nous voulons faire.”

“Notre travail est de trouver et fabriquer de nouvelles choses, qui deviendront plus tard des tâches faites par les robots.” Dans les années à venir, les robots pilotes de voitures et de camions vont devenir omniprésents. Et cette automatisation va engendrer de nouvelles occupations humaines par exemple pour optimiser nos trajets.

“La révolution technologique éclatera quand tout le monde aura son robot personnel, quand les descendants de Baxter seront à notre entière disposition”, estime Kevin Kelly. Imaginez-vous à la tête d’une petite ferme biologique. Votre flotte de robots ouvriers accomplira le désherbage, luttera contre les ravageurs de culture, récoltera les produits tels que prescrits par un robot surveillant qui ne sera rien d’autre qu’une sonde dans le sol. Les robots effectueront tout ce qui peut être mesuré.

A l’heure actuelle, tout cela semble impensable. Nous ne savons pas imaginer un robot capable d’assembler un ensemble d’ingrédients dans un cadeau ou fabriquer des pièces de rechange pour notre tondeuse à gazon ou des matériaux pour notre cuisine. Nous ne pouvons pas imaginer que nos enfants auront des douzaines de robots dans leurs garages, ni qu’ils seront les premiers concepteurs d’appareils.

“Un jour, tout le monde aura accès à un robot personnel, mais en posséder un ne garantit pas le succès”, nuance Kevin Kelly. “Au contraire, le succès ira à ceux qui innovent dans l’organisation, l’optimisation et la personnalisation du processus de réalisation de travaux réalisés avec les machines. Le regroupement géographique de la production deviendra important, non pas pour assurer une différence de coût de main-d’oeuvre, mais à cause de la différence qu’introduira l’expertise humaine. C’est la symbiose homme-robot. Notre mission humaine sera de continuer à faire des emplois pour les robots et c’est une tâche qui ne sera jamais finie.”

L’intégration des robots à notre environnement suit une loi naturelle estime Kelly qui en détaille les étapes temporelles avec humour :

1. Un robot/ordinateur ne peut pas faire les tâches que je fais.
2. OK, il peut faire beaucoup d’entre elles, mais pas tout ce que je fais.
3. OK, il peut faire tout ce que je fais, sauf qu’il a besoin de moi quand il tombe en panne, ce qui est fréquent.
4. OK, il fonctionne parfaitement sur des trucs de routine, mais j’ai besoin de le former à de nouvelles tâches.
5. OK, il peut faire mon ancien boulot ennuyeux, parce qu’il est évident que ce n’était pas un travail que les humains étaient censés faire.
6. Wow, maintenant que les robots font mon ancien boulot, mon nouveau travail est beaucoup plus amusant et paie plus !
7. Je suis tellement content qu’un robot/ordinateur ne peut absolument pas faire ce que je fais maintenant.

“Ce n’est pas une course contre les machines. Si nous luttons contre elles, nous perdrons. Il s’agit d’une course avec les machines. Vous serez payé à l’avenir en fonction de la façon dont vous travaillez avec les robots. Quatre-vingt-dix pour cent de vos collègues de travail seront des machines invisibles. Et la plupart des choses que vous ferez ne seront pas possibles sans elles. Il y aura une ligne floue entre ce que vous faites et ce qu’elles font. Vous pourriez ne plus le considérer comme un emploi, du moins au début, car tout ce qui semble être une corvée sera fait par des robots.

Nous devons laisser les robots prendre le relais. Ils vont faire des travaux que nous avons faits, et les faire beaucoup mieux que nous. Ils prendront des emplois que nous ne pouvons pas faire du tout. Ils vont faire des travaux que nous n’avions même jamais imaginé qu’ils pourraient être faits. Et ils vont nous aider à trouver de nouveaux emplois pour nous-mêmes, de nouvelles taches qui élargissent qui nous sommes. Ils nous permettront de nous concentrer toujours plus sur ce que nous avons de plus humain. Laissons les robots prendre nos emplois et laissons-les nous aider à imaginer les emplois qui compteront demain.”

Mais tous les emplois ne sont pas interchangeables

Bien sûr, la vision de Kevin Kelly paraîtra à beaucoup d’entre nous à la fois stimulante et naïve. Stimulante par que Kelly dresse un pont entre robots et ordinateurs. Naïve, car il laisse penser que tout emploi équivaut à un autre.

L’automatisation du monde, que ce soit par des robots, des machines apprenantes, des serveurs ou des algorithmes, n’a pas les mêmes conséquences sur tous les emplois, comme le souligne pourtant sa matrice. Si les emplois de conception se déplacent à mesure que l’automatisation évolue, ce n’est pas le cas des emplois de manutention notamment. Mais l’automatisation ne concerne pas que les emplois productifs. Dans le commerce où la banque déjà, dans les services à la personne demain, des secteurs où l’emploi pèse très lourd et ne sont pas nécessairement délocalisables, les automates se démultiplient également, faisant disparaître nombre d’emplois qui ne sont pas tous remplacés par des emplois de conception.

Comme le soulignaient Erik Brynjolfsson et d’Andrew McAfee dans Race Against the Machine : les machines ont pris la place de certains types d’emplois qui n’ont pas été remplacés. Malgré la croissance économique, celle des emplois n’a pas suivi le même rythme (voir “Vers une innovation sans emplois”). Kevin Kelly semble balayer du revers de la main le fait que les emplois de conception dont nous aurons besoin demain pour faire fonctionner ces robots n’adressent ni les mêmes volumes, ni les mêmes publics que les emplois manuels perdus.

Pourtant, beaucoup d’économistes souhaitent rester optimistes. L’économiste du Laboratoire de recherche sur les systèmes intelligents du Centre de recherche de Palo Alto et du Santa Fe InstituteBrian Arthurqui pourtant dénonçait encore récemment que l’économie numérique ne crée par suffisamment d’emplois, souligne que la productivité américaine pourrait retrouver une croissance de 2 à 3 % par an dans la prochaine décennie à mesure que la robotisation se développera, explique Art Pline pour le magazine KiplingerHarold Sirkin, un expert du Boston Consulting Group, prédit qu’à moyen terme, l’automatisation va rendre les services et les biens plus abordables et développer l’emploi. Reste que tous les spécialistes n’ont pas cet optimisme. David Autor, économiste au MIT estime que pour contrecarrer les impacts de la robotique sur l’emploi, il faudra s’appuyer sur l’éducation et la formation des travailleurs pour les faire monter en compétences. Pas si simple.

Pas d’innovation sans automatisation

Néanmoins, là où Kelly touche juste, c’est quand il pointe que nous n’échapperons pas à l’automatisation du monde. Au contraire, même : il semble bien ne pas y avoir d’innovation sans automatisation. C’est d’ailleurs certainement notre manque d’automatisation qui explique en partie notre retard de compétitivité. Comme le souligne l’économiste Michel Volledans un entretien publié par Dominique Lacroix : “La France a 5 fois moins de robots que l’Allemagne et 2 fois moins que l’Italie. De plus, le parc français de robots a vieilli. En France, la durée de vie des robots est de 20 ans, en Allemagne, elle est de 10 ans.

Quand on discute de système d’information avec des dirigeants d’entreprise français, on entend très souvent : “L’informatique coûte trop cher”. On en a un exemple avec Henri Proglio à la tête d’EDF. La seule consigne donnée à son Directeur des systèmes d’information a été : “Diminuez le coût de l’informatique”. C’est exactement l’opposé de ce qu’il faut faire. Une informatique modernisée rend l’entreprise plus fluide, permet d’améliorer la relation client, de mieux la documenter.”

Même constat dans les chiffres de la Fédération internationale de la robotique. Fin 2011, la France comptait 34 000 robots, un chiffre à peine plus élevé que celui de l’Espagne (29 000), très inférieur à celui de l’Italie (61 000) ou de l’Allemagne (163 000). Et comme le soulignait Emmanuel Schafroth pour Yahoo! Finances : “l’écart se creuse par rapport à nos concurrents. L’industrie française a installé un peu plus de 3 000 nouveaux robots en 2011, les Allemands près de sept fois plus ! (…) Selon Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques de Xerfi études, l’industrie française est tout bonnement en voie d’obsolescence : “nos calculs montrent qu’au niveau mondial, 8 à 10% du parc est mis au rebut chaque année, contre 4% seulement en France. Un robot dure plus d’une vingtaine d’années en France contre 10 ans seulement dans le reste du monde”, note-t-il.”

Chris Anderson, dans son livre, Makers, la nouvelle révolution industrielle ne dit pas autre chose quand il évoque par exemple le fonctionnement de l’usine de Tesla Motors aux alentours de Détroit, entièrement automatisée avec des robots Kuka. Une usine ressemblant plus à une énorme machine à commande numérique configurable pour fabriquer presque n’importe quoi, permettant de fabriquer simultanément plusieurs modèles d’automobiles différentes, avec des pièces totalement différentes et même en les alternant entre elles.

“Quoiqu’il arrive de Tesla, son modèle de production triomphera. Il reflète simplement l’orientation prise par la puissance des technologies de fabrication numérique. Ce n’est pas une coïncidence si les robots Kuka sont construits en Allemagne. Cette automatisation flexible explique pourquoi l’industrie manufacturière de l’Allemagne parvient à prospérer malgré ses coûts relativement élevés face à la concurrence chinoise au point d’être le moteur de l’économie européenne.”

“L’ordinateur ne se contente pas de piloter l’usine moderne, il en devient le modèle même. Infiniment flexibles et adaptables, les robots industriels universels peuvent être associés pour créer la machine universelle. Et comme les ordinateurs, ils fonctionnent à n’importe quelle échelle, celle de votre bureau comme celle de l’usine Tesla. C’est cela – pas seulement l’essor d’une technologie avancée, mais aussi sa démocratisation – qui est la véritable révolution.”

Un récent rapport de la Fondation pour l’innovation politique, think tank libéral français, presse la France à robotiser son économie pour la sauver, en en présentant les enjeux et les stratégies : la robotisation détruit certes des emplois industriels (mais qui seraient détruits à terme), mais elle seule permet d’ouvrir de nouveaux débouchés et de nouvelles méthodes de production. “En rendant de la compétitivité à l’outil industriel Français, les robots sont l’allié de l’emploi industriel”, estime leur auteur, Robin Rivaton, qui appelle à favoriser le renouvellement du parc de robot des industries françaises et à développer leur production en France.

La technologie n’est pas responsable de la montée des inégalités : les monopoles qu’elle favorise, oui !

Pourtant, c’est Paul Krugman, prix Nobel d’économie et éditorialiste star du New York Times qui explique peut-être le mieux que le développement des technologies n’est peut-être pas le coupable idéal. Dans un récent édito intitulé “Robots et barons voleurs” il tente une explication pour comprendre pourquoi les profits des entreprises sont à la hausse alors que les salaires et la rémunération du travail ne suivent pas. Depuis les années 90, les bénéfices des entreprises ont augmenté au détriment des travailleurs en général, y compris des travailleurs les plus diplômés, ceux qui étaient censés réussir dans l’économie d’aujourd’hui et qui, jusque dans les années 90 avaient plus profité que les travailleurs moins diplômés des fruits de la croissance. La technologie désormais déplace tous les travailleurs et pas seulement les moins diplômés. “L’une des raisons pour lesquelles certains fabricants de haute technologie tentent un mouvement de retour de leur production aux Etats-Unis est que la pièce la plus précieuse d’un ordinateur, la carte mère, est essentiellement fabriquée par des robots, donc la main-d’oeuvre asiatique bon marché n’est plus une raison pour les produire à l’étranger. “

Dans leur livre Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee soutiennent que des histoires similaires se jouent dans de nombreux domaines, y compris dans de plus en plus d’industrie de services tels que la traduction ou la recherche juridique. La plupart des emplois déplacés sont hautement qualifiés et à hauts salaires : les inconvénients de la technologie ne frappent plus seulement les travailleurs manuels, souligne Krugman.

Barry Lynn et Phillip Longman de la New America Foundation soutiennent, de façon convaincante, à mon avis, que l’augmentation de la concentration des entreprises pourrait être un facteur important dans la stagnation de la demande de main-d’œuvre : les sociétés utilisant leurs monopoles grandissants pour augmenter les prix sans verser de gains proportionnels à leurs employés. Je ne sais pas qui du monopole ou de la technologie explique le plus la dévaluation du travail”, confesse Krugman, mais il est plus que temps d’y réfléchir vraiment.

Comme le souligne Izabella Kaminska sur Alphaville, le blog du Financial Times, si nous connaissons une stagnation de l’innovation, ce n’est pas parce que l’humanité serait devenue moins innovante, mais parce que les intérêts en place ont une plus grande incitation à imposer de la rareté, à ralentir l’innovation. Ce que viendra d’ailleurs confirmer Krugman quelques semaines plus tard, comme l’explique encore Izabella Kaminska : la puissance des robots et de la technologie permettent certes de réduire le taux d’emploi. Mais plutôt que d’aider ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la technologie, les entreprises utilisent la puissance de leurs monopoles pour augmenter le rendement du capital. C’est ce qui explique la montée d’inégalités.

Pour le dire plus simplement, ce n’est pas tant la technologie (la “robotisation” du monde) qui explique la montée des inégalités, que le développement de monopoles basés sur ces technologies.

Hubert Guillaud

>>> Source : http://www.internetactu.net/2013/01/17/ou-va-leconomie-numerique-23-robotisation-ou-monopolisation/

>>> Par  le 17/01/13

Un kit libre pour démarrer une civilisation

Un kit libre pour démarrer une civilisation

 

Dans un récent billet intitulé Open Source Ecology ou la communauté Amish 2.0 nous nous faisions l’écho d’un projet assez extraordinaire consistant à placer sous licence libre les spécifications d’une cinquantaine de machines agricoles permettant théoriquement à un village d’accéder à l’autosuffisance.

Un projet qui méritait bien les honneurs d’une conférence TED que nous avons choisi de vous reproduire ci-dessous.

Soit dit en passant, les conférences Ted, au format court caractéristique et de plus en plus souvent sous-titrées en français, constituent avec le temps une véritable mine d’or pour tout internaute curieux de mieux comprendre et appréhender les enjeux d’aujourd’hui et de demain. Je suggère fortement à tout enseignant d’indiquer cette ressource à leurs étudiants et de leur en montrer quelques unes en classe (les interventions sont placées sous licence Creative Commons By-Nc-Nd).

Leur slogan est : « des idées qui méritent d’être diffusées ». Celle-ci, comme les autres, le mérite amplement.

PS : Une ressource signalée par l’excellente revue de presse hebdomadaire d’InternetActu.

—> La vidéo au format webm
—> Le fichier de sous-titres

Transcript

Marcin Jakubowski – Avril 2011 – Open Source Ecology

Marcin Jakubowski: Open-sourced blueprints for civilization

Salut, je m’appelle Marcin, fermier, ingénieur. Je suis né en Pologne, je vis désormais aux États-Unis. J’ai lancé un groupe intitulé « Open Source Ecology » (« Écologie en Accès Libre ») Nous avons identifié les 50 machines les plus importantes qui, selon nous, permettent à la vie moderne d’exister, depuis les tracteurs et les fours à pain aux graveuses de circuits imprimés. Nous avons essayé de créer une version accessible, FLVM, une version « faites-le vous-même » que n’importe qui pourrait construire et entretenir en ne supportant qu’une partie du coût. Nous appelons cela le Kit de Construction du Village Global.

Laissez-moi vous raconter une histoire. J’ai fini à trente ans avec un doctorat en fusion énergétique, et j’ai découvert que j’étais inutile. Je n’avais aucune compétence pratique. Le monde m’a offert des options, et je les ai prises. On pourrait appeler cela un style de vie consumériste. J’ai créé une ferme dans le Missouri et appris les choses en rapport avec l’économie de la ferme. J’ai acheté un tracteur, qui cessa de fonctionner. J’ai payé pour qu’on me le répare, et puis il cessa à nouveau de fonctionner. Alors peu de temps après j’étais moi aussi financièrement incapable de fonctionner.

J’ai réalisé que les outils bon marché, vraiment appropriés, dont j’avais besoin pour établir une ferme durable n’existaient tout simplement pas encore. J’avais besoin d’outils robustes, modulaires, hautement efficaces et optimisés, peu chers, fabriqués à partir de matériaux locaux et recyclés qui dureraient toute une vie, non conçus pour l’obsolescence. Je me suis rendu compte que j’allais devoir les construire moi-même. Et c’est ce que j’ai fait. Je les ai ensuite testés. Et je me suis rendu compte que la productivité industrielle peut être atteinte sur de petites échelles.

Alors j’ai publié les plans en 3D, les schémas, les vidéos d’explication et les budgets sur un wiki. Des participants du monde entier sont apparus, réalisant des prototypes de nouvelles machines à l’occasion de visites de projet dédiées. Jusque-là, nous avons prototypé 8 des 50 machines. Le projet commence à grandir de façon autonome.

Nous savons que l’accès libre a réussi avec les outils de gestion de la connaissance et de la créativité. Le même phénomène est en train de se produire avec le matériel. Nous nous concentrons sur le matériel parce que c’est lui qui peut changer la vie des gens de manière réellement tangible. Si on peut baisser les barrières autour de l’agriculture, de la construction, de la production, nous libèrerons une quantité énorme de potentiel humain.

Cela ne vise pas seulement les pays en développement. Nos outils sont conçus pour le fermier, l’ouvrier, l’entrepreneur ou le producteur des États-Unis. Nous avons vu beaucoup d’intérêt chez ces gens-là, qui peuvent maintenant lancer une société de construction, de fabrication de pièces détachées, d’agriculture bio ou simplement revendre de l’électricité. Notre but est de devenir un répertoire en ligne de plans si clairs, si complets, qu’un simple DVD peut servir de kit de démarrage.

J’ai planté une centaine d’arbres en une journée. J’ai compacté 5000 briques en une journée en utilisant la terre sous mes pieds et j’ai construit un tracteur en six jours. De ce que j’ai vu, ce n’est que le commencement.

Si cette idée est vraiment solide, alors les implications sont considérables. Une meilleure distribution des moyens de production, une chaîne logistique respectueuse de l’environnement, et une nouvelle culture du “faites-le vous-même” pourrait espérer venir à bout d’une rareté artificielle. Nous explorons les limites de ce que nous pourrions faire pour rendre le monde meilleur avec des technologies physiques en accès libre.

Merci.

Consultez la source | Article initialement publié sur Framablog
sous licence Creative Commons By-Sa | Auteur : aKa |

La conséquence inattendue du libre : la politique

La conséquence inattendue du libre : la politique

Dernièrement, j’ai partagé avec vous trois éléments que je trouve cruciaux pour l’informatique de demain et qui, je pense, ont été très mal négociés par le monde du logiciel libre. Tellement mal négociés que je doute que le logiciel libre puisse jamais rattraper son retard. Il s’agit de l’expérience utilisateur, de la décentralisation et du respect de la vie privée.

À certains égards, les libristes comme moi font de plus en plus penser à une tribu de Papous vivant à l’écart, n’ayant que très peu de contacts avec le reste du monde. Ainsi, à l’heure où plus personne n’utilise Flash, le projet prioritaire de la Free Software Foundation reste l’implémentation d’un lecteur Flash libre. Le FOSDEM, grand messe des libristes, possède des salles réservées aux discussions des développeurs ADA ou Smalltalk mais aucune n’a pour sujet les réseaux sociaux libres ou HTML5 et Javascript.

Soyons réalistes : si le libre est partout, on cherchera à trouver plus d’une poignée de produit grand public et libres au sens de la FSF. Les plus grands succès du libre comme Android et, dans une moindre mesure, Ubuntu, sont rejetés des puristes.

Le libre devrait-il toujours s’associer avec le propriétaire pour réussir ? A-t-il donc échoué ? Est-il mort ? Faut-il renier toutes ces années ?

Non car, pour réussir, le propriétaire n’est-il pas désormais obligé de s’associer avec le libre ? Les deux ne sont-ils pas intrinsèquement liés ? La pureté est-elle essentielle au succès ?

Mais au-delà de l’informatique, le libre a étendu son influence dans un domaine où peu l’attendaient : la politique. Si le libre n’a pas su gérer techniquement la décentralisation et la vie privée, les idées sous-jacentes ont fait leur chemin dans la conscience collective. Au point d’envahir la place publique.

Dernièrement, les chemins de fer belges ont diffusé par accident les données personnelles de plus d’un million d’utilisateurs, prenant complètement au dépourvu une classe politique ne sachant même pas s’il s’agissait d’un fait grave ou pas. Ce sont les citoyens qui ont répondus les premiers, qui ont géré la crise et qui ont mis en place l’information nécessaire. Là où le libre n’a pas su apporter une solution technique, il a néanmoins préparé le terrain pour que les citoyens puissent faire face.

Si beaucoup de sociétés privées ne voient que le court terme ou le prix, de plus en plus d’administrations découvrent la nécessité de l’intéropérabilité et financent des projets comme LibreOffice. Le modèle même de collaboration du libre s’invite de plus en plus souvent au sein des collectivités, afin de mettre en commun les ressources comme on peut le voir notamment avec CommunesPlone.

Le libre n’a pas su tenir toutes ses promesses techniques. Mais il a finalement apporté beaucoup plus que de la technique. Il change le monde. Son influence se fait sentir dans les conférences et jusque dans les partis politiques existants (citons Ecolo en Belgique, chez qui c’est particulièrement visible). Cet univers libriste a même été le terreau d’un nouveau mouvement politique : le Parti Pirate.

Car si tous les libristes sont loin d’adhérer à la philosophie du Parti Pirate, force est de constater que celui-ci rejoint souvent les préoccupations du libre : liberté individuelle, respect de la vie privée et transparence de la politique, le code source de notre société. À tel point que beaucoup de pirates passent au logiciel libre suite à leur engagement politique !

On pourrait y voir une idéologie libriste à l’œuvre. J’y vois surtout un pragmatisme. Une génération a découvert, à travers tous les projets libres, les bienfaits de la collaboration à l’échelle planétaire, l’efficacité de la gestion transparente. Une génération biberonnée à la mixité culturelle, maternée au débat technique et à la remise en question permanente sans a priori de race, de sexe, d’apparence physique.

Cette génération qui ouvre les yeux et qui se dit : « Si on a réussi à le faire pour des projets techniquement ultra-complexes, pourquoi est-ce que cela ne marcherait pas avec la gestion de la chose publique ? ».

Peut-être que la plus grande conséquence du libre n’est pas à chercher dans les milliards de lignes de code ni dans les millions de pages Wikipédia mais là, parmi ceux qui, ayant fait l’expérience de l’ouverture, de la transparence et de l’égalité ne peuvent plus concevoir un état obscur, complexe et trop souvent inique.

Peut-être que le libre est avant tout un modèle de société, une école de vie.

>>> Source : http://ploum.net/post/la-consequence-inattendue-du-libre-la-politique

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Liberté et égalité en ligne passent par une loi sur la neutralité du net

« Liberté et égalité en ligne passent par une loi sur la neutralité du net » (C. Paul)

 

Alors que la ministre de l’économie numérique Fleur Pellerin organise mardi une énième table ronde sur la neutralité du net, le député PS de la Nièvre Christian Paul, président du groupe d’étude sur l’internet à l’Assemblée Nationale, publie sur Numerama cette tribune par laquelle il appelle le Gouvernement à légiférer pour « réaffirmer le principe de la neutralité du net » :

Liberté et égalité en ligne passent par une loi sur la neutralité du net

Christian PAUL, député (PS) de la Nièvre,
président du groupe d’étude sur l’internet à l’Assemblée nationale

Les réseaux numériques ont changé nos vies. Les activités économiques et sociales, culturelles et citoyennes s’y déploient chaque jour de manière plus innovante. Un retour en arrière s’annonce-t-il ? Une régression générale, qui conférerait à quelques-uns la maîtrise du net, se profile-elle derrière les duels récents, comme celui qui oppose Google et Free ? Sans recul, ni retard, réaffirmons le principe de neutralité du net.
Réseau plaçant chacun sur un pied d’égalité, sans modèle économique pré-établi et jugé pour cela par certains en France sans avenir à l’époque du minitel, Internet doit sans doute à son ouverture son étonnante capacité d’évolution. Il est d’abord un précieux bien commun d’un nouveau type : un bien commun informationnel.
Quelques imperfections dérangent ce paysage trop parfait… Sur nos mobiles, l’accès à l’Internet est loin d’être sans entraves. Certains usages, comme le P2P ou la téléphonie sur IP sont encore trop souvent proscrits ou indûment surtaxés. Mais, globalement, le réseau est ouvert et, jusqu’à récemment, chacun des acteurs qui le composent restait à sa place.
Cet équilibre est aujourd’hui menacé en France par une triple pression et une dépression. Il y a tout d’abord celle des fournisseurs d’accès Internet qui estiment être dans l’incapacité de continuer à faire leur métier, à monétiser leurs équipements, et à déployer les réseaux de nouvelle génération (fibre, 4G…). Il y a ensuite celle de l’État qui s’émeut – à juste titre – de la faible contribution de certains éditeurs de services en ligne aux finances publiques. Il y a également la pression de trop nombreux détenteurs de droits, qui n’ont pas encore su prendre le virage du numérique et aimeraient rétablir artificiellement des péages. Il y a, enfin et surtout, le faible nombre de grands éditeurs de service en ligne français qui donne la tentation de court terme de défavoriser cette catégorie d’acteurs au profit des «champions nationaux» existants.
L’initiative de Free de filtrer par défaut les publicités pour ses abonnés doit être analysée dans ce contexte. Ne nous trompons pas pour autant de cible. Free a contribué avec d’autres à l’émergence d’un accès internet haut débit illimité de qualité en France. Ne nous trompons pas non plus de combat. Nous n’avons aucune garantie que les bénéfices d’une telle modification de l’écosystème seraient réinvestis dans le déploiement de nouveaux réseaux. Le signal négatif envoyé aux éditeurs de service établis en France serait par contre clair et net. Et l’histoire a déjà arbitré en faveur de l’ouverture.
Économique, le danger est également démocratique. C’est un défi de civilisation. Au-delà du seul réseau, l’ouverture réelle du monde numérique n’est évidemment pas parfaite. Les discriminations qui sont parfois le fait d’un Apple ou d’un Facebook nous préoccupent. Le laissez-faire d’un Twitter nous interpelle. Nous ne réglerons pas tous les problèmes du numérique d’un seul coup en protégeant la neutralité du net, mais nous ne créerons pas non plus un monde meilleur en permettant le blocage, le filtrage, le bridage ou toute autre discrimination indue liée aux contenus, aux émetteurs ou aux destinataires des échanges numériques de données par les FAI ou tout autre intermédiaire technique.
Dernièrement, les remises en cause des équilibres du net prennent des formes très séduisantes pour les internautes, comme un filtrage des publicités ou des échanges réellement illimités depuis un mobile vers le «cloud» de son fournisseur d’accès. Si le consommateur a un avantage de court terme dans ces «services gérés» – plus prioritaires, plus contrôlés, ou juste moins chers – son intérêt à moyen terme est dans la compétition des offres de service.
Ne permettons pas aux distributeurs de prendre trop de pouvoir sur leurs clients et sur leurs fournisseurs, les éditeurs de service en ligne. Ne laissons pas trop vite l’Internet se transformer en un réseau dual, avec d’un côté, en premium, la consommation d’un «bouquet de services», imposé par le fournisseur d’accès, et de l’autre, un net public résiduel, ramené à une « qualité suffisante » que nous serions bien en mal de définir et de protéger. Chacun doit rester maître de ses communications, et le net des communautés et des acteurs innovants ne doit pas être le parent pauvre de celui des géants.
L’innovation doit rester la règle, aussi bien en périphérie qu’au cœur du réseau. Pour prévenir les menaces, à l’ère des pionniers doit succéder celle des urbanistes du net, et des urbanistes durables. Un régulateur, mieux armé par une nouvelle loi, doit veiller à ce que la neutralité soit la règle et encadrer ses exceptions motivées, dont notamment les fameux «services gérés». L’autorité judiciaire – et elle seule – doit arbitrer les conflits entre droits fondamentaux. Cette loi sera un facteur essentiel de liberté et d’égalité en ligne.
Voilà pourquoi nous étions nombreux en 2011 à lancer ce débat public, avec une proposition de loi sur la neutralité du net. Rien depuis ne conduit à y renoncer. La pluralité des enjeux, que l’on ne saurait réduire à la seule économie, rend une initiative législative particulièrement nécessaire. Prévenons les risques, ils sont nombreux. Ensuite, il sera trop tard.

Et si on comptait les votes blancs ?

Et si on comptait les votes blancs ?

L'hémicycle

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’initiative Le Message d’Étienne Chouard. Pour faire bref, Étienne Chouard y démontre que le vote n’est pas démocratique et qu’au contraire il confisque le pouvoir au profit d’une minorité. De plus, une campagne électorale met en valeur ceux qui sont riches et bons communicateurs, qualités des moins importantes en regard de la fonction briguée.

Je ne peux que partager cette analyse, en ayant moi-même fait l’expérience.

Une solution serait de réécrire la constitution pour instituer le tirage au sort des représentants du peuple. La majorité des objections qu’on pourrait avoir face à ce système ont été levées par Étienne Chouard lors de ses multiples conférences. En théorie, je trouve l’idée séduisante.

Mais en pratique ? Il faudrait une majorité de citoyens pour soutenir l’idée afin de réécrire la constitution ? Irréaliste. Il faudrait que des politiciens élus traditionnellement renoncent à tout leurs acquis pour changer la loi ? C’est presqu’un coup d’état ! De plus, si un tel changement s’avère une mauvaise chose, le retour en arrière sera vraiment difficile.

Mais un pirate, Nico , a eu une idée génie : pourquoi ne pas tout simplement donner des sièges aux votes blancs. Et ces sièges seraient assignés à des personnes tirées au sort.

Plutôt que de militer pour un changement de constitution, Étienne Chouard et consort pourraient militer pour voter blanc. De plus, ce ne pourrait qu’être bénéfique pour la représentation démocratique : au conseil communal ou au parlement siégeraient d’illustres inconnus comme vous et moi, sans électorat.

Mais si un extrémiste pédophile nazi téléchargeur de mp3 est tiré au sort ?

Si les votes blancs n’ont qu’un siège, cette personne sera seule au sein de l’assemblée. Plus les votes blancs auront des sièges plus, statistiquement, les représentants tirés au sort représenteront les diverses franges de la population.

Rappelons que, contrairement à des élus traditionnels, il n’y aura pas de parti, pas de coalition.

Quelqu’un tiré au sort peut-il rejoindre une coalition ?

Pourquoi pas ? Une personne votant blanc sait à quoi elle s’engage : un résultat aléatoire. Si vous tenez absolument à ce que les jaunes ne soient pas dans la majorité, votez mauve, pas blanc.

D’ailleurs, les partis traditionnels feront sans doute les yeux doux aux tirés au sort. Mais c’est, au final, un mauvais calcul : les personnes tirées au sort ne siègent pas pour leurs qualités intrinsèques. Elles n’ont pas un électorat. Si elles devaient se révéler populaires et continuer une carrière politique dans un parti, ce serait justement positif : une personne fraîche, issue de la société civile et non pas un apparatchik.

Faut-il prendre en compte l’abstention dans les votes blancs ?

Bonne question. Par honnêteté intellectuelle, je dirais que non, surtout dans un premier temps. Mais, le temps passant, ce serait une bonne chose. Soit cela encouragerait les gens à aller voter, ce qui est positif, soit cela renforcerait le quota de personnes tirées au sort, ce qui est également souhaitable.

Et si on est contre ?

Et bien il reste la possibilité de ne pas voter blanc, tout simplement.

Je ne me suis pas penché en détail sur tout l’argumentaire. Je vous invite à poster dans les commentaires des liens pertinents pour ou contre le tirage au sort. Je serais curieux d’avoir l’avis des spécialistes sur les sujet.

>>> Source sur : http://ploum.net/post/si-comptait-les-votes-blancs

>>> Photo par Sylke Ibach

Le gouvernement confondrait-il République et féodalité ?

Benjamin Bayart. Le gouvernement confondrait-il République et féodalité ?

Suite aux débordements de fin d’année 2012 concernant des propos tenus autour de différents hashtags de type #SiMonFilsEstGay sur le service Twitter, la toile s’est enflammée, comme Paul Da Silva, et le gouvernement s’est exprimé. Le problème n’est en réalité pas du côté de Twitter, ni de ses utilisateurs qui se sont exprimés avec parfois une bonne dose de haine et de violence (sacro-sainte liberté d’expression), mais la réponse dans une tribune dans LeMonde.fr de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, titrant ; « Twitter doit respecter les valeurs de la République« . La ministre semble vouloir s’entretenir avec Twitter pour trouver une solution et le rendre responsable. Le filtrage n’est alors plus très loin.

Benjamin Bayart (FDN) a tenu à lui répondre à son tour, en s’exprimant dans une tribune libre, que je me permets de reprendre mot pour mot, et que je ne peux que vous encourager à lire.


Dans une tribune récente, publiée par Le Monde, Najat Vallaud-Belkacem nous a expliqué qu’au nom des valeurs de la République, il était nécessaire d’accorder au Seigneur de Touitteur droit de haut et basse justice sur ses terres. Dans la mesure où ça ne fait pas partie des valeurs habituellement défendues par la porte-parole du gouvernement, essayons d’analyser comment elle est arrivée à ce contresens.

La forme de la tribune

La tribune de la porte-parole du gouvernement est subtilement articulée. Pour les gens qui connaissent bien les questions de droit sur Internet, le billet est même équilibré et relativement juste. Mais pour le reste du bon peuple de France, il est largement faussé.

En effet, la ministre explique de manière claire le problème : des propos racistes, antisémites, ou homophobes sont tenus très ouvertement sur twitter. Elle explique que c’est illégal, mais également dangereux : les problèmes liés à l’homosexualité sont à l’origine d’un grand nombre de suicides chez les jeunes, et laisser impunis des propos de ce type y contribue. Et elle demande donc à Twitter de trouver une solution pour que ce ne soit plus possible.

Ensuite, de manière beaucoup moins lisible, par des allusions à la loi dite de confiance en l’économie numérique, au régime juridique de responsabilité des intermédiaires techniques, aux limites fixées en 2004 par le Conseil constitutionnel à ce régime, elle rappelle le contexte juridique. Twitter ne pourrait agir que dans un certain nombre de cas très précis, et le gouvernement souhaite simplement ouvrir un dialogue.

Quand on connaît les références nécessaires, c’est assez lisible. Le gouvernement veut juste froncer les sourcils en public, mais ne va pas bouleverser le droit. Quand on ne connaît pas ces références, on retient que Twitter va devoir empêcher les gens d’être méchants, en rétablissant l’ordre dans sa cour de récré.

Cette présentation est donc pernicieuse : elle vise à dire des choses fausses à une majorité de gens, tout en calmant d’avance la critique.

Le fond de la tribune

Le fond du propos ministériel, une fois qu’on en a retiré la mauvaise foi de sa formulation, pose cependant problème. Quand des gens se comportent mal, mettons qu’ils volent des mobylettes, ou qu’ils braconnent, ou qu’ils disent des choses interdites, les valeurs de la République nous disent que la police (pouvoir exécutif) et la justice (pouvoir judiciaire) doivent intervenir pour faire respecter la loi (pouvoir législatif), il me semble.

Ce que nous dit la porte-parole du gouvernement c’est que le seigneur des lieux doit se charger de faire la police et de réprimer les débordements quand ils ont lieu chez lui. Le gouvernement appelle donc à ce que sur Internet, on rétablisse les privilèges de juridiction donnant des pouvoirs de police et de justice aux seigneurs locaux.

Neutralité du Net

Vu comme ça, on sent bien que c’est une bêtise. Pour arriver à cette bêtise, la méthode est simple. Première étape, on rend Twitter responsable de ce qui se passe sur son réseau. Il devient donc responsable des bêtises que je peux dire avec mon compte twitter, me supprimant mon statut d’adulte responsable. Pour éviter de s’attirer les foudres de la loi, ou les gros yeux du gouvernement (on est léger en foudre en ce moment), Twitter va donc devoir surveiller ce que font les citoyens pour détecter les comportements problématiques et intervenir (police). Ensuite, il faudra bien qu’il puisse empêcher la publication des messages, puisqu’il en est responsable. Il a donc un droit de censure sur tout le contenu qu’il transporte (justice).

C’est un des nombreux pièges du débat sur la neutralité des réseaux : le rôle des intermédiaires techniques est fondamental. C’est sur ce rôle que repose celle de nos libertés qui est la mère de toutes les autres, la liberté d’expression. Rendre les intermédiaires techniques responsables de ce que font les utilisateurs, c’est rétablir un système féodal, et tuer la liberté d’expression. C’est exactement l’inverse qu’il faut faire : les intermédiaires techniques doivent être responsables du bon transport des propos de tous, sans discrimination. C’est la justice qui se chargera de sanctionner les abus prévus par la loi, pas Twitter.

L’ordre public

Enfin, sur le fond du problème qui n’était pas le fond du billet. Si le gouvernement se préoccupe vraiment du risque que les propos homophobes font courir à notre jeunesse, d’abord c’est une bonne nouvelle, ensuite il faut changer de méthode. Les propos homophobes les plus dangereux ne sont pas ceux qui circulent sur twitter et ne sont relayés par personne, mais ceux qui sont tenus par des élus (…)

Mme la ministre, faites appliquer la loi. Demandez aux procureurs d’agir systématiquement contre les propos homophobes, racistes ou antisémites. Twitter se fera un devoir de répondre à toutes les demandes d’identification des auteurs, j’en suis certain.

Mais ne rendez pas l’outil responsable de l’usage, c’est la première étape de la sortie de l’État de droit.

 

 

>>> Publié par Cyrille Neosting dans Actualité le  | Liens : http://nst.im/Z2oDc6 Image | Mots-clés : 

>>> Source & plus d’infos sur : http://neosting.net/actualite/tribune-libre-benjamin-bayart-le-gouvernement-confondre-republique-feodalite.html

15 jeunes demandent une démocratie plus ouverte à Hollande

Mercredi 23 janvier, François Hollande remettait ses voeux à la jeunesse.

Comme le « Top-Down » fait un peu trop 2012 et qu’on est maintenant en 2013, un peu de « Bottom-Up » s’est invité dans cette remise de voeux : 15 jeunes des 4 coins de la France ont planché pour remettre eux aussi des voeux au Président. La préparation des voeux s’est déroulée sur un WE, animé de main de maître par Martin Hirsch et Isabelle Giordano.

Etant parmi ces « jeunes », j’ai eu l’occasion de m’apercevoir que les attentes en terme d’ouverture, de transparence et de collaboratif sont récurentes dans cette génération.

J’ai aussi profité de mes rencontres avec François Hollande pour lui parler du collectif Démocratie Ouverte, de l’Open Governement Partnership dans lequel il serait bon que la France s’engage …et pour lui remettre tout un dossier sur Parlement & Citoyens, ce service qui permet à chacun de participer à l’élaboration de certaines lois (lancé le 13 février 2013).

Après une séance de travail avec François Hollande, nous avons précisé 15 voeux que nous avons chacun pu énoncer publiquement à Grenoble, avant le discours du Président.

Parmi des propositions sur l’emploi, l’éducation, l’orientation, la police ou encore le développement durable, certains voeux concernaient directement une demande d’ouverture, de participation ou de transparence. Morceaux choisis :


L’exclusion de la vie politique et des décisions

Monsieur le Président,

Nous constatons que nous avons beaucoup d’envies, beaucoup d’énergie, beaucoup d’idées pour améliorer les choses. Mais nous constatons également que nous sommes exclus des politiques locales et nationales où nous pourrions les proposer ou les concrétiser par nous-mêmes au lieu d’attendre qu’un élu, qu’un ministre, le fasse pour” nous.

Nous rêvons d’avoir une place dans les mairies, dans les conseils régionaux, dans les institutions publiques où nous aurions un pouvoir exécutif et non pas seulement un rôle consultatif. Arrêter de nous faire venir quelque part “parce que ça fait bien”. Arrêter de nous prendre pour des idiots immatures incapables de réfléchir à des solutions. Parce que nous sommes capables nous aussi de construire des solutions. Nous souhaitons être associés aux décisions qui nous concernent directement. Nous rêvons d’une société qui ne fasse plus « pour », mais « avec » les jeunes.

Nous proposons donc que les mairies et les conseils régionaux accueillent un quota de jeunes par le biais des services civiques ou des associations. Et peut-être que les listes électorales pourraient avoir un quota de jeunes élus, comme pour la parité ?

La transparence

Monsieur le Président,

Nous constatons que beaucoup de citoyens et en particulier les jeunes ont du mal à accéder à la bonne information au bon moment et au bon endroit. Nous nous retrouvons souvent face à un mille-feuilles administratif, que ce soit dans les domaines de l’orientation, de la santé, de l’entreprenariat, de la justice, des aides au logement … ou tout simplement de l’engagement.

Nous rêvons d’une société et de services publics plus transparents, facilement accessibles, avec un accompagnement gradué et une véritable pédagogie, surtout lorsque c’est la première fois qu’on se retrouve face à un de ces services publics !

Nous proposons de généraliser la publication de l’ensemble des données du service public sur des plateformes web, dans des formats ouverts qui permettent la réutilisation de ces données.

Par exemple, si l’ensemble des associations mutualisaient leurs besoins et leurs projets sur ce type de plateforme, on pourrait facilement créer des applications favorisant l’engagement temporaire ou permanent dans ces associations.

Au delà de l’ouverture des données publiques, nous proposons de créer des lieux destinés à guider l’engagement, à l’accompagner, à mettre en relation les porteurs de projets et toutes les bonnes volontés prêtes à aider.

Une démocratie ouverte

Monsieur le Président,

Nous constatons que la politique ne fait vraiment pas rêver les jeunes, et pourtant nous ne demandons qu’à nous engager. Pour la planète, pour les autres, contre la pauvreté et la misère, pour le respect des droits humains… Alors qu’aucun de nous n’est engagé dans un parti politique, nous sommes presque tous engagés dans des associations !

La démocratie va mal telle qu’elle existe aujourd’hui. Beaucoup de jeunes ne se déplacent même plus pour aller voter. Et un nombre trop grand de citoyens votent sans conviction et n’ont aucun espoir sur les possibilités des politiciens à réellement changer les choses.

Nous rêvons qu’une démocratie ouverte soit mise en oeuvre. C’est-à-dire transparente, participative et collaborative. Nous voulons que les citoyens, jeunes et moins jeunes, puissent y prendre part autrement qu’en votant une fois tous les cinq ans.

Nous sommes une génération connectée … et le numérique ouvre en grand les portes du collaboratif, pour prendre des décisions de manière plus partagée mais aussi pour impliquer les citoyens qui le veulent dans la mise en œuvre de politiques publiques plus efficaces. Une démocratie ouverte serait une formidable source d’efficacité, de création d’activités et de vivre ensemble.

Nous proposons que vous mettiez en place à l’échelle nationale une démocratie ouverte, tout comme à l’échelle locale il existe des villes qui expérimentent la transparence et la participation. A Bobigny par exemple, la mairie offre régulièrement l’opportunité de participer à l’élaboration de sa politique publique et l’occasion de remonter les informations, qu’elles soient positives ou négatives.

Nous vous proposons de faire “avec” les citoyens, et non plus seulement “pour” eux.

Nous vous proposons d’ouvrir des débats publics et des consultations sur des plateformes web avant toute grande réforme. L’ensemble des sources, avis, expertises, idées et propositions pourraient être disponibles et centralisées sur ces plateformes.

L’Europe

Monsieur le Président,

Nous constatons que les différents pays européens se livrent parfois une concurrence acharnée qui nuit à chacun plutôt qu’elle ne profite à tous.

Nous constatons aussi que l’Europe nous parait lointaine, inaccessible, technocratique.

Nous rêvons de nous sentir européens au moins autant que nous nous sentons français. Il s’agit bien sûr de culture européenne partagée …mais de manière opérationnelle, nous formulons le vœux d’une Europe plus solidaire, harmonisée fiscalement, qui puisse parler d’une seule voix dans le monde, qui ait une armée propre, une justice …mais surtout une démocratie ouverte et partagée.

Nous sommes une génération habituée à voyager. Erasmus nous a permis d’étudier dans tous les pays européens. Internet fait tomber les frontières et nous partageons déjà beaucoup avec nos voisins.

Nous pensons que nous sommes prêts à faire le pas. Nous sommes prêts à avoir un passeport européen, un président élu qui mène dans certains domaines une politique unique et assumée collectivement.

Nous proposons qu’en tant que président d’un pays central et fondateur de l’Europe, vous initiez un débat européenne autour de ces questions. Nous proposons de participer à cette réflexion sur une démocratie ouverte à l’échelle européenne, plus proche des citoyens, plus transparente et collaborative.

 


Enfin, après avoir écouté nos voeux, le Président a fait un discours que vous pouvez retrouver en vidéo ci-après :

>>> Publié par Armel Le Coz le 29 janvier 2013

>>> Source sur : http://democratieouverte.org/voeux

>>> http://www.elysee.fr/chronologie/#e2340,2013-01-23,v-ux-a-la-jeunesse-a-grenoble

 

« Le logiciel libre peut redonner sens à nos vies »

« Le logiciel libre peut redonner sens à nos vies »

Cette citation en titre est du philosophe français Bernard Stiegler. Une vidéo de Simon Lincelles intitulée « Introduction à l’économie contributive » et co-écrit par Bernard Stiegler vient nous montrer comment l’esprit du libre peut transformer la société tout entière.

Il est impératif que vous preniez le temps de visionner cette vidéo. Après ce visionnement, vous ne serez plus jamais le même.

Vidéo de Simon Lincelles (Ars Industrialis)

Malgré quelques inexactitudes, nous partageons l’hypothèse que le logiciel libre (et Wikipédia) représentent un espoir et un modèle pour l’avenir de notre économie.

Remarque: Cette vidéo est le troisième épisode d’une série initiée ici.

>>> Sources :