À plus long terme, d’ici dix ans ? : ce qui pourrais se passer et les questions que cela suppose.
(Synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs)
Résumé :
Nous basculons dans l’inconnu : dans un nouveau monde où l’accès à la connaissance se fera à partir de notre maison, au bureau, dans l’automobile ou dans la salle de classe, tapissés d’écrans et d’objets smarts qui y déverseront un tsunami quotidien d’informations non validées. Nous allons devoir apprivoiser de nouveaux outils pour vivre dans cette future société :
• Durant l’ère industrielle le connu était le citoyen et la société ; l’inconnu maintenant est le rôle que la famille et les groupes d’intérêts vont jouer entre ces deux pôles. Dans le futur les outils à apprivoiser seront l’informatisation des nouveaux espaces de connectivité.
• Durant l’ère industrielle le connu était la somme des connaissances accumulées dans les encyclopédies et les dictionnaires traditionnels ; l’inconnu sera les savoirs hétéroclites placés dans Google. Dans le futur, les outils seront les nouveaux moteurs de recherche.
• Durant l’ère industrielle le connu était les échanges personnels que permettait le livre, le disque, le journal ou le film ; l’inconnu sera les consensus que nous devrons développer pour vivre ce rêve commun qu’est le projet de société. Dans le futur, les outils seront les réseaux sociaux axés non pas sur l’individu mais les collectivités.
• Durant l’ère industrielle le connu était les messages de style top down envoyés par les classes dirigeantes aux téléspectateurs anonymes et passifs ; l’inconnu est l’émergence des réactions bottom-up des groupes d’intérêts. Dans le futur l’outil sera l’interactivité grand public.
Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information. Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés. Découverte en vidéo, suivie d’un texte intégral, synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs dont certains sont membres du collectif Démocratie Ouverte.
Résumé :
Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information :
• L’information reportage et l’information opinion
la première est l’élément de base servant à comprendre l’état de la situation d’une société devenant postindustrielle et la deuxième sert à observer l’état d’âme de ses acteurs.
• La prise de parole citoyenne et les réseaux sociaux
éléments de base des négociations entre la société civile et les élites politiques et économiques afin de rédiger un nouveau contrat social.
• La stratégie des prix dynamiques
éléments de base du développement d’un nouveau modèle économique basé sur la proximité.
Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés :
• Le numérique
élément de base du système de communication entre tous les acteurs de la société.
Nous allons vivre dans un nouveau monde dont la matière première sera l’information. Les citoyens pourront répondre aux défis de l’ensemble des crises en utilisant plusieurs nouvelles technologies d’information, non seulement très puissantes et dont les effets peuvent être combinés. Découverte en vidéo, suivie d’un texte intégral, synthèse des travaux d’une trentaine d’auteurs dont certains sont membres du collectif Démocratie Ouverte.
Résumé :
• Depuis plus de mille années, la société a été régie par ses élites politiques. Depuis deux cents ans, les consortiums économiques ont imposé leurs lois avec l’appui des classes politiques. Maintenant nous basculons vers une société de la connaissance : notre nouvelle structure sera politico-économico-médiatique.
• Ce sera un nouveau monde parce que ses structures politiques vont changer à cause des prises de parole citoyennes, que les structures économiques vont changer à cause du nouveau modèle de proximité et que les structures culturelles vont changer à cause du nouveau type d’accès à la connaissance.
• Pour la première fois de notre histoire tous les citoyens de la planète font face à un ensemble de crises crées par notre individualisme et qui ne pourront être résolues avec le modèle capitaliste qui les engendré. Mais, les citoyens ont aussi accès à des nouveaux outils capables de rémédier à ces crises.
• Notre fragmentation en tant que citoyens nous empêche de prendre des décisions, d’où l’absence de projets mobilisateurs actuellement. La disparition de la confiance rends impossible la rédaction d’un contrat social, donc d’un projet de société pour trois ou quatre années encore.
PolitoscopeTV, tv collaborative, reçoit Etienne Chouard
L’occasion d’encourager l’initiative Politoscope.tv qui se veut une télé sociale et collaborative “jusqu’au bout des ongles” comme dirait Frédéric BASCUNANA(@fredbascunana), et donc un media le plus horizontal possible. Proposez des sujets, aidez à la préparation, invitez vous en plateau, vous avez la parole.
Je trouve l’outil intéressant mais un peu touffu pour être honnête: difficile parfois de s’y retrouver. Et c’est dommage car même si le contenu devrait toujours être l’essentiel, le conteneur peut parfois nuire par ses lacunes.
Le débat politique en mode participatif?
Lors de discussions passionnantes sur Google+ nous évoquions justement le sujet et certains d’entre nous intéressés aux propos chouardesques, dont moi, pensent qu’une rupture pacifique vers une vraie démocratie aura bien du mal à se faire avant qu’on ne trouve un moyen quelconque de réimpliquer massivement les gens dans la vie de la cité comme dirait l’autre, dans la politique. Alors bien sûr on pense à notre bel Internet, et ce genre d’outil pour y aider, mais je passe en ce moment par une phase assez pessimiste tant la résignation semble être de mise. Ca passera
D’ailleurs je ne voudrais pas mal interpréter le ton d’Etienne Chouard au début de l’émission, mais on ressent comme une lassitude. J’espère qu’il s’agit juste du compréhensible agacement d’avoir à toujours redémarrer l’argumentaire de zéro. Aussi passionnant que soit le film, ce n’est jamais marrant de faire une trop longue promo.
Quoiqu’il en soit merci à Frédéric de recevoir Etienne Chouard, à l’initiative de Fabrice Epelboin (@epelboin) si j’ai bien compris, donc merci à lui aussi.
J’essaierai de faire du lobbying pour appuyer également la proposition de certains que j’ai vu passer dans les coms pour avoir Franck Lepage en plateau qu’on rigole un peu
Bonne émission!
Note to myself: penser à regarder cette émission sur mon blog
La lecture de la semaine provient du New York Times, il s’agit du premier article d’une série consacrée au coût écologique du Cloud computing (informatique dans les nuages, le fait que nos données soient stockées, non pas dans les nuages, mais dans des infrastructures très matérielles). Le titre “Energie, pollution et Internet”, ce début d’article fait un résumé de la longue enquête du quotidien américain.
“Des dizaines de milliers de data center (gigantesques bâtiments abritant des serveurs) sont aujourd’hui nécessaire pour supporter l’explosion de l’information numérique. Des quantités gigantesques de données sont mises en circulation chaque jour lorsque, d’un simple clic ou au contact du doigt, les gens téléchargent des films sur iTunes, regardent l’état de leurs comptes sur le site de leur banque, envoient un mail avec une pièce jointe, font leurs courses en ligne, postent un message sur Twitter ou lisent un journal en ligne.” Et tout cela, nous montre le NYTimes, fait que ce fonctionnement structurel de l’industrie de l’information est à l’opposé de l’image écologique qu’on en a. La plupart des data center, de par la manière dont ils ont été conçus, consomment des quantités gigantesques d’énergie qu’ils gâchent de manière incroyable. Par exemple, certaines entreprises font tourner leur matériel au maximum de ses capacités jour et nuit, quelle que soit la demande. Du coup, certains data center peuvent gaspiller jusqu’à 90 % de l’électricité consommée. Pour se protéger d’une panne d’électricité, les data center s’en remettent à des groupes électrogènes qui fonctionnent au diesel, avec les émissions conséquentes. La pollution causée par les data center inquiète les autorités américaines, au point que dans la Silicon Valley, de nombreux centres de données sont répertoriés dans la liste des plus gros pollueurs au diesel.
Mozilla veut agir sur le terrain politique au nom de l’Internet libre et ouvert
Connue pour ses logiciels Firefox et Thunderbird, la fondation Mozilla est également une organisation très engagée en faveur de l’Internet libre et ouvert. Son manifeste en témoigne. Mais les initiatives et propositions de lois néfastes pour le réseau des réseaux l’oblige à s’investir davantage dans la sphère politique.
Établie au cours de l’été 2003, la fondation Mozilla a eu comme premier objectif de concevoir une suite de logiciels libres pour donner aux utilisateurs l’opportunité de se dégager des programmes propriétaires. C’est ainsi qu’est né le navigateur web Firefox, l’application de courrier électronique Thunderbird, le gestionnaire d’erreurs BugZilla ou, plus récemment, le système d’exploitation mobile Firefox OS.
Mais par la force des choses, la fondation Mozilla a été obligée de quitter l’écosystème informatique pour investir le champ de la politique afin d’intervenir en amont pour contrer des initiatives ou des textes de loi allant à l’encontre de son manifeste. Pour l’organisation, il est crucial que le réseau des réseaux reste une ressource publique et ouverte, accessible à tous.
C’est ainsi que l’on a vu l’organisation s’investir dans la lutte contre les projets PIPA et SOPA aux États-Unis, défendre le principe du DNT pour limiter le profilage des internautes, d’abord seul puis avec le concours d’autres navigateurs web, ou encore rejoindre la Ligue de Défense d’Internet aux côtés de l’EFF, Public Knowledge et même la CCIA, une fédération rassemblant les grands acteurs de l’industrie informatique.
Mais l’investissement de plus en plus marqué de Mozilla dans le domaine des politiques publiques manquait sans doute d’un cadre plus formel pour préciser son engagement pour un Internet libre. Cet oubli est en voie de résolution, puisque la fondation a publié un brouillon visant à compléter son manifeste – qui expose les grands principes – avec des objectifs plus concrets, en matière législative notamment.
« Ces dernières années, nous nous sommes engagés davantage dans les problématiques de politiques publiques amenées par des initiatives législatives et réglementaires qui menacent les principaux locataires du web ouvert. Ces menaces sont globales par nature et se manifestent dans les organes législatifs nationaux, les tribunaux, les organisations professionnelles et les organismes internationaux« .
À l’état de brouillon, le cadre ne doit pas se contenter d’aboutir à une liste déroulante de toutes les situations possibles qu’aura peut-être à combattre la fondation Mozilla. Il s’agit plutôt d’une orientation générale qui ne vise pas à être exhaustive. L’initiative doit devenir un point de référence commun pour la communauté Mozilla, quitte à la développer ultérieurement ensuite.
En déposant une proposition de loi visant à protéger la neutralité du Net, Laure de la Raudière (UMP) entend bien faire sortir la majorité du bois sur le sujet. Concis et clair, son texte réduit la marge de manœuvre des opérateurs, tout en prévoyant une procédure unique de blocage des sites. Pas sûr néanmoins que le document dépasse le stade de projet…
En lançant une réflexion sur le « rapprochement » de l’Arcep et du CSA, le gouvernement ressuscite un serpent de mer qui …
Mise à jour (19/09/2012) : le cabinet de Fleur Pellerin, ministre en charge de l’économie numérique, a indiqué hier à Libération qu’il n’y avait “pas d’urgence à légiférer”, ajoutant que “s’il y a des atteintes à la neutralité, l’Arcep peut être saisie. “ Le régulateur a en effet la possibilité d’être saisi par les acteurs du Net en cas de différend. Les internautes néanmoins, restent sans aucune possibilité de recours.
En matière de neutralité du Net, Bercy préfère donc s’attacher à l’avis du régulateur des télécoms, qui n’est pas favorable à l’idée d’une loi sur le sujet, plutôt que de soutenir une initiative de l’opposition. Un rapport reprenant sa position est d’ailleurs attendu les tout prochains jours au Parlement.
L’alliance du ministère avec l’Arcep a de quoi surprendre, à l’heure d’un éventuel rapprochement de cette autorité avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui est perçu comme un véritable coup de boutoir politique en direction du régulateur des télécoms. Bercy a d’ailleurs tenu à préciser que “la question de la neutralité du Net pourrait rentrer dans les discussions à venir sur la fusion entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et l’Arcep.”Histoire de complexifier un peu plus une affaire déjà foutraque et mal engagée.
“Créer certaines règles pour préserver l’Internet.” C’est l’objectif de la proposition “relative à la neutralité de l’Internet” que vient de déposer Laure de la Raudière (UMP) à l’Assemblée nationale. L’élue est une habituée du sujet, puisqu’en 2011, elle remettait déjà au Parlement, accompagnée de Corinne Erhel (PS), un rapport sur la neutralité du Net. Interrogée par OWNI, elle déclare souhaiter “faire de ce texte un marqueur important de ce qu’est la neutralité du Net dans le droit”.
En inscrivant ce principe dans la loi, cette proposition vise à protéger le réseau, “immense bien collectif”, “des intérêts de ses différents acteurs”. Le tout décliné assez brièvement, en à peine 9 articles. Outre la définition de la neutralité du Net, les obligations fixées notamment aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI), le texte aborde aussi l’épineuse question du “blocage de l’accès à Internet”. Rassemblée en une “procédure unique”, elle est ici remise entre les mains de la seule autorité judiciaire.
Contre le blocage et en faveur d’une neutralité des réseaux préservée et contraignante, le rapport de Laure de la …
C’est d’ailleurs la disposition qui a été la plus commentée. Certains se sont étonnés de retrouver le scénario du blocage de sites Internet au sein d’une proposition protégeant la neutralité. “L’article 4 n’est pas mal”commente quant à lui Benjamin Bayart, le président du FAI associatif FDN, également bien au fait du sujet, contacté ce matin par OWNI. “Il modifie très en profondeur ce qui existe déjà et remet le juge partout !”, poursuit-il.
L’article 4 propose en effet de réunir l’ensemble des procédures permettant en droit français d’imposer aux FAI de bloquer l’accès à certains contenus, en y faisant systématiquement intervenir l’autorité judiciaire. Une rupture avec les mauvais souvenirs laissés en 2010 par la LOPPSI (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure).
Pour rassembler les “cinq bases légales différentes” en la matière, l’article 4 modifie donc l’article 6 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) -un passage casse-tête qui détaille (entre autres) la responsabilité des hébergeurs sur Internet
Si le texte est adopté, il y aura donc une procédure unique. Les scénarios visés sont ceux que l’on retrouve habituellement en cas de serrage de vis sur le Net : jeux en ligne non autorisés, pédopornographie et bien sûr, la sacro-sainte atteinte “à un droit d’auteur ou à un droit voisin”.
Difficile en l’état de savoir quelles implications auront les modifications souhaitées par la députée UMP. “Pour comprendre l’article 6 de la LCEN, il faudrait 2 mémoires de thèse !” commente Benjamin Bayart. Et de conclure :
Difficile de dire en l’état si l’article 4 aura des effets de bord.
Du vrai Internet, une qualité minimale
Outre la question du blocage, la proposition de loi entend aussi régler les comptes des FAI. Certaines obligations leur sont imposées afin d’éviter qu’ils façonnent le réseau, et la manière dont les internautes peuvent en disposer, au gré de leur objectifs commerciaux.
Ainsi, seuls les services “respectant le principe de neutralité” pourront être vendus sous l’étiquette offre “d’accès à Internet”, indique l’article 5. Les suivants (articles 6, 7 et 8) imposent quant à eux aux opérateurs “une qualité de service minimale”. C’est l’Arcep, le gendarme des télécoms, qui est présenté comme le bras armé de la neutralité : il lui revient la responsabilité de mettre sur pied“un observatoire de la qualité de l’Internet” (art.6), ainsi que d’imposer aux FAI les “exigences minimales en terme de qualité de service” dès que la situation concurrentielle ne le permet pas.“Afin, poursuit le texte, de garantir aux consommateurs la capacité de choisir une offre d’accès à Internet respectant le principe de neutralité”.
Manière comme une autre d’apporter son soutien à l’Arcep, qui en a bien besoin. Empêtrée dès la rentrée dans un projet du gouvernement qui vise à rapprocher cette autorité du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), l’Arcep retrouverait ici un nouveau souffle. Les différents chantiers qu’elle mène depuis plusieurs mois au sujet de la neutralité du Net, que nous suivons attentivement ici à OWNI, sont en effet directement concernés par la proposition de loi.
Même si l’Arcep ne se montre pas favorable à une loi pro-neutralité, comme elle devrait le réaffirmer dans les prochains jours dans un rapport qu’elle remettra au Parlement (l’analyse du pré-rapport à lire ici), l’initiative de Laure de la Raudière ne devrait donc pas la laisser insensible.
Mort-né ?
Reste bien sûr la question de l’adoption de cette proposition. Rien n’est gagné, tant du côté de l’opposition que du côté de la majorité. “Là tout de suite, l’UMP a des priorités sur la productivité et l’emploi”, concède Laure de la Raudière. Avant d’ajouter :
Déposer ce texte, c’est aussi une manière de questionner le gouvernement. J’ai du mal à savoir leur position sur le sujet.
Pour le moment, les intéressés gardent le silence : après l’avoir joint plus tôt dans la journée, nous restons en attente d’une réaction officielle du cabinet de Fleur Pellerin, la ministre en charge de l’économie numérique. Ministre qui s’était illustrée cet été par une bourde au sujet de la neutralité, affirmant qu’elle était “un concept américain qui a tendance à favoriser les intérêts économiques de Google, Apple et consorts.”
C’en était suivi un tollé, qui a fait place à une rectification de la part de l’intéressée, sur Twittercomme lors du Club parlementaire du numérique. Elle avait alors déclaré soutenir “la liberté et l’universalité d’internet”.
Pas sûr néanmoins qu’elle profite de l’ébauche déposée par Laure de la Raudière, une élue de l’opposition. Histoire de territoires politiques bien sûr, mais aussi, peut-être, de venger une autre proposition de loi : celle de Christian Paul, élu PS, qui avait déposé sans succès, en février 2011, un texte visant à protéger la neutralité du Net.
« Il suffit qu’on arrête de s’en foutre » #essentiel #causedescauses
Je t’ai prévenu, je fais le virus pour Etienne Chouard.
Nous ne sommes pas en démocratie, mais la solution existe.
Si ta réaction est « mais oui, c’est ça, il est gentil » je te demande quand même d’essayer. Tu pourrais être supris: c’est passionnant, instructif, étayé, et ça pourrait te retourner comme une crêpe 🙂
Conférence de Lyon, mars 2012
PARTIE I : Parcours depuis 2005.
Un chantier original. — Le traité anti-constitutionnel. — Douze mille mails sous les mers. — S’opposer et construire. — Rôle des constitutions. — De la contradiction. — Les outils collaboratifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.
PARTIE II : Remettre les mots à l’endroit.
Nos acteurs politiques, l’intérêt général, et l’intérêt des banques. — 1% et 99%. — Élections = démocratie ? — Démocratie et gouvernement représentatif. — Désigner des maîtres. — La constitution : le problème et la solution. — La vergogne. — 1789, l’abbé Sieyès. — Henri Guillemin. — Chercher la cause des causes.
Partie III : Impuissances et constitutions.
Les résistances impuissantes. — Les branches et les racines. — Considérations sur Internet. — Qui écrit les constitutions ? — Notion de conflit d’intérêt. — Constituer une assemblée constituante. — La Tunisie et l’ Islande.
PARTIE IV :
Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.
Les objections de «l’assemblée du 5ème arrondissement de Lyon» :
— Pourquoi la démocratie athénienne s’est-elle éteinte ?
— Les humains veulent-ils la démocratie ?
— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
— Le tirage au sort et la question de la compétence.
— La question du nombre.
— Montaigne, et l’art de converser.
PARTIE V :
L’assemblée des citoyens à Athènes, à l’époque de la démocratie. —
le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. — Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d’ascenseurs. — Question de la corruption. —
Question du contrôle des pouvoirs.
Références bibliographiques :
– Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance. — Éditions de l’Aube (7 mai 2004).
– Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et
politique d’Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).
PARTIE VI : Débats
— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.
— Une idée simple et puissante : «Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l’assemblée constituante.»
Retour sur : – L’importance de la constitution. – Le conflit d’intérêt. – La cause des causes. – Les questions de la compétence et de la volonté.
Bibliographie :
– Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).
PARTIE VII :
Rédaction d’une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort. — Référendums d’initiative populaire, fonctionnements possibles. — Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie. — Quelles armes contre l’oligarchie ? — Le diplodocus et le virus. — Internet et l’exponentielle.
Bibliographie :
– Bernard Friot, L’enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).
– Bernard Friot, L’enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).
– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).
– Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).
Imaginez que l’on confie le protocole TCP/IP à Orange et que ce dernier facture chaque octet qui passe sur le réseau. Vous y êtes ? Vous avez maintenant une idée de ce à quoi ressemble le système monétaire : un immense bien commun confié aux intérêts d’une minorité bien organisée.
La victoire des activistes de l’internet ouvert contre ACTA au parlement européen montre bien que l’on peut mobiliser des foules lorsqu’il s’agit de protéger un bien commun. Et pour cause, un internet non ouvert n’a aucun sens. Pour le vérifier, faisons donc l’exercice : imaginez quelques secondes si le minitel 2.0 était la réalité d’aujourd’hui… Que se passerait-il ?
J’ai dans ma tête une vision d’horreur où Orange nous facturerait chaque octet transmis au réseau.
Du coup, chacun chercherait à facturer aux autres tout et n’importe quoi afin d’alléger sa propre facture, étouffant ainsi naturellement le développement de toute sphère non marchande, et favorisant au contraire une logique de rivalité plutôt que de coopération.
Personne ne contribuerait sur wikipédia puisque cela lui couterait cher. Ou alors, il faudrait un wikipédia privé, qui rémunérerait les contributeurs pour les rembourser de leurs frais de connexion. Mais bon, du coup ça ne serait plus vraiment wikipédia n’est-ce pas ?
Les blogueurs, eux aussi, existeraient certes toujours. Mais ils passeraient alors plus de temps à optimiser leurs bannières publicitaires où à écrire des billets sponsorisés plutôt qu’à diffuser leurs idées. Sauf bien sûr les blogueurs dont la situation financière permettrait aisément de se consacrer à leur véritable passion. Bref, du coup la blogosphère ne serait pas vraiment la même que celle que l’on connait aujourd’hui.
Quant à Facebook ? Cela n’existerait pas : trop cher pour les utilisateurs. Du coup, les gens ne seraient pas plus connectés qu’avant. Ou alors, peut être que cela existerait mais alors au prix d’une exploitation encore plus scandaleuse de nos données personnelles. Par exemple, facebook nous rembourserait nos frais de connexion au prorata de la quantité de données privées que nous donnerions à facebook (ou à ses entreprises clientes).
Bref, voyez ce que je veux dire ? Et bien la vraie vie dans cette foutue économie, c’est à peu près pareil.
Comment la monnaie nuit à la coopération
En effet, comme 97% de l’argent est en vérité de la dette (lire ce post pour plus d’explications), cela signifie que chaque centime d’euro est soumis au paiement d’un intérêt, à l’image des octets fictivement facturés par Orange.
Concrètement, l’argent que vous touchez d’un salaire ou d’une pension provient en amont d’une dette de l’entreprise qui vous salarie envers sa banque ou ses créanciers, ou bien de l’Etat envers les marchés via la dette publique. Et donc, votre salaire est diminué du cout financier de cette dette que doit payer l’entreprise. De même que la facturation des octets serait un frein majeur à la production de richesses, la monnaie (et donc la dette) devient un cout de transaction dont les citoyens paient toujours la facture au final.
En vérité, la conséquence ultime de ce système, c’est qu’il n’y a jamais assez d’argent pour tout le monde. Le remboursement des crédit des uns se fait nécessairement en diminuant l’épargne (ou augmentant la dette) des autres pour rembourser les intérêts. Du coup, naturellement, les activités altruistes et fondées sur la coopération ne peuvent que très difficilement s’imposer.
C’est un jeu à somme nulle, sans autre victoire de celle de la lutte de tous contre tous. Nous sommes tous dans une lutte acharnée pour notre propre survie, alors même que nous savons pourtant produire suffisamment de biens de première nécessité pour tous les habitants de la Terre. C’est ridicule, en fait.
L’intelligence vs. rareté artificielle
Heureusement, il y aune faille dans ce système : celui-ci repose sur le mythe de la rareté. Une rareté artificielle qui n’existe nulle part d’autre que dans l’esprit du plus grand nombre, et parfois grâce à des stratégies nuisibles pour la maintenir (ex: l’obsolescence programmée).
De même qu’il deviendra impossible de facturer chaque octet si la majorité des internautes comprend qu’ils peuvent eux aussi participer à la création d’un réseau libre à base de peer to peer et que chaque octet ne coute pas vraiment plus cher aux opérateurs, le système monétaire ne tiendra pas le choc quand la population aura conscience que la monnaie n’est « rare » que parce que les règles du système en ont décidé ainsi. Le problème est donc en grande partie dans nos propres consciences…
Heureusement, il existe des alternatives pour nous ouvrir les yeux.
De même que la neutralité du net est le garde fou face aux dérives du capitalisme qui essaye de reproduire partout la rareté artificielle nécessaire à sa survie, une solution pour la monnaie est d’y intégrer un revenu de base.
Imaginez un bitcoin dont la création monétaire, plutôt que d’être distribuée à ceux qui gaspillent de l’énergie en faisant tourner leurs bécanes jour et nuit, irait à tous les participants. Ajoutez-y une règle : le système monétaire ne doit pas favoriser une génération par rapport à une autre, ou autrement dit, la création monétaire doit respecter une égalité de traitement entre les citoyens.
(Vous y êtes ? Bravo, vous venez de piger le projet de monnaie virtuelle Open UDC)
De même que la neutralité du net garantit à chaque citoyen la possibilité d’utiliser le réseau de manière non discriminée face aux plus puissants et sans devoir concéder ses données personnelles à des intérêts privés, le revenu de base garantit à chaque citoyen un minimum monétaire permettant de participer à l’économie, sans devoir de prime abord s’endetter ou vendre du travail gratuitement à quiconque.
Libérons le code de la monnaie !
La monnaie est aujourd’hui un instrument géré par les banques et les banques centrales d’une manière parfaitement pyramidale et arbitraire. Or, qu’est-ce que la monnaie si ce n’est un protocole, un code ?
Sauf que ce code, contrairement à celui de l’internet, est tout sauf ouvert, transparent, et encore moins contrôlable démocratiquement. La monnaie est aujourd’hui le code privateur de l’économie : c’est l’outil qui nous opprime tous et nous rend esclave d’une minorité qui maintient l’illusion de la rareté autour de nous.