“démocratie et monnaie”

“démocratie et monnaie”

Monnaie Libre n°10 avec Etienne Chouard

Dans cet épisode Monnaie Libre reçoit Etienne Chouard qui, depuis 7 ans et le référendum Européen de 2005, analyse explique et développe ses thèses qui démontrent l’aspect non-démocratique de nos institutions à commencer par la Constitution elle-même. Démontant les principes qui privent le peuple de toute souveraineté il propose une assemblée Constituante permanente, renouvelée par tirage au sort, brisant le lien incestueux entre les Constituants et les élus. Mais son analyse ne s’arrête pas là car elle comprend aussi le rôle fondamental que joue le pouvoir de création monétaire dans ce mécanisme politique ainsi que dans les biais qui conduisent à ce que nous appelons les « crises ».

« Une heure avec Stéphane (Laborde), c’est forcément trop court :)

J’ai toujours peur de vous mettre en overdose : vous allez finir par en avoir marre un jour, des antiennes d’Étienne :)

C’est l’occasion pour moi, de signaler le travail de Stéphane, original et stimulant, sur la création monétaire, ce qu’il appelle la « Théorie Relative de la Monnaie », TRM :
http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html.

Nous devrions réclamer —ou plutôt organiser nous-mêmes— des débats publics approfondis entre les tenants des différentes alternatives monétaires : notamment, le crédit social et le dividende universel du Major Douglas, le 100% Money de Fisher, la TRM de Stéphane, le revenu de base et la TVA sociale, l’écosociétalisme défendu par André-Jacques Holbecq, le salaire à vie et le financement de l’économie par la cotisation sociale de Friot, la monnaie fondante de Gesell défendue par Lietaer et d’autres, etc. : nous apprendrons beaucoup d’une controverse publique (respectueuse et bienveillante) entre ces résistants sur un sujet aussi décisif pour la prospérité générale : comment voulons-nous financer notre économie et nous protéger contre les accapareurs. »

Etienne Chouard

Etienne Chouard

 

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>>> Sources & plus d’infos sur :

La première guerre civile mondiale

La première guerre civile mondiale

Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même.

La première guerre civile mondiale

Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille.

D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, puissants, ils ont l’habitude de contrôler, ils ne connaissent pas le doute. Ils décident et sont intimement persuadés de le faire dans l’intérêt général. Beaucoup, ni riches ni puissants, les soutiennent. Par peur du changement. Par habitude. Par intérêt personnel. Par crainte de perdre certains acquis. Ou par incapacité intellectuelle de comprendre la révolution à l’œuvre.

De l’autre, voici la génération numérique. Issus de tous les sexes, tous les âges, toutes les cultures, tous les emplacements géographiques. Ils discutent entre eux, s’échangent des expériences. Découvrant leurs différences, ils se cherchent des points communs en remettant tout en question, jusqu’à la foi et aux valeurs profondes de leurs parents.

Cette population a développé des valeurs qui lui sont propres mais également une intelligence analytique hors du commun. Les outils dont elle dispose lui permettent de pointer très vite les contradictions, de poser les questions pertinentes, de soulever le voile des apparences. À travers des milliers de kilomètres de distance, ses membres peuvent ressentir de l’empathie pour tous les humains.

Un fossé grandissant

Longtemps, j’ai été persuadé qu’il ne s’agissait que d’une question de temps. Que la culture numérique imprégnerait de plus en plus chaque individu et que les plus réfractaires finiraient par disparaître, au fil des générations et du renouvellement naturel.

Malgré la popularisation des outils tels que le smartphone ou Twitter, cette fracture ne s’est pas résorbée. Au contraire, elle n’a fait que s’empirer. L’ancienne génération n’a pas adopté la culture numérique. Elle s’est contentée de manipuler aveuglement les outils sans les comprendre, en une parodie désespérée du culte du cargo. Résultats : des musiciens qui insultent leurs propres fans, des journaux dont le site web, envahi de publicités, semble être une copie conforme de la version papier, des jeunes politiciens qui utilisent Facebook ou Twitter comme une machine à publier des communiqués de presse sans jamais tenter de communiquer avec leur électorat.

Il y a 40 ans, deux journalistes révélaient au monde que le président de la nation la plus puissante utilisait les services secrets pour mettre sur écoute ses adversaires politiques. Ce travail d’investigation leur vaudra le prix Pulitzer et mènera à la démission du président.

Aujourd’hui, des acteurs imprégnés de culture numérique révèlent au monde que le président à mis le monde entier sur écoute ! Qu’il envoie des hommes massacrer cyniquement des civils. Ces révélations leur vaudront 35 ans de prison pour l’un et une traque à travers le monde entier pour l’autre. Le président en question est, quant à lui, titulaire d’un prix Nobel de la paix.

La mort du journalisme

Contrairement au Watergate, il n’est plus possible de compter sur la presse. Une grand partie des journalistes ont tout simplement cessé tout travail de fond ou d’analyse. Les journaux sont devenus des organes de divertissement ou de propagande. Un esprit un peu critique est capable de démonter la majorité des articles en quelques minutes de recherches sur le web.

Et lorsque certains journalistes commencent à creuser, ils voient leur famille se faire arrêter et détenir sans raison, ils reçoivent des menaces politiques et sont forcés de détruire leur matériel. Le site Groklaw, qui fut un site déterminant dans la publication d’actualités liées à des grands procès industriels, vient de fermer car sa créatrice a pris peur.

La classe dirigeante a décidé que le journalisme devait se contenter de deux choses : faire craindre le terrorisme, afin de justifier le contrôle total, et agiter le spectre de la perte d’emplois, afin de donner une impression d’inéluctabilité face aux choix personnels.

Bien sûr, tout cela n’a pas été mis en place consciemment. La plupart des acteurs sont intiment persuadés d’œuvrer pour le bien collectif, de savoir ce qui est bon pour l’humanité.

On vous fera croire que l’espionnage des mails ou l’affaire Wikileaks sont des détails, que les questions importantes sont l’économie, l’emploi ou les résultats sportifs. Mais ces questions dépendent directement de l’issue du combat qui est en train de se jouer. Les grandes crises financières et les guerres actuelles ont été créées de toutes pièces par la classe actuellement au pouvoir. La génération numérique, porteuse de propositions nouvelles, est bâillonnée, étouffée, moquée ou persécutée.

L’état de panique

En 1974, pour la classe dirigeante il est plus facile de sacrifier Nixon et de faire tomber quelques têtes avec lui. Le parallèle avec la situation actuelle est troublant. La classe dirigeante a peur, elle est dans un état de panique et n’agit plus de manière rationnelle. Elle cherche à faire des exemples à tout prix, à colmater les fuites en espérant qu’il ne s’agit que de quelques cas isolés.

Ils n’hésitent plus à utiliser les lois anti-terroristes de manière inique, contre les journalistes eux-mêmes. Ceux qui prédisaient de telles choses il y a un an étaient traités de paranoïaques. Mais les plus pessimistes ne les avaient probablement pas imaginées aussi rapidement, aussi directement.

La destruction des disques durs du Guardian est certainement l’événement le plus emblématique. Son inutilité, son absurdité totale ne peuvent masquer la violence politique d’un gouvernement qui impose sa volonté par la menace à un organe de presse reconnu et réputé.

Cet épisode illustre la totale incompréhension du monde moderne dont fait preuve la classe dirigeante. Un monde qu’elle pense diriger mais qui échappe à son contrôle. Se drapant dans la ridicule autorité de son ignorance, elle déclare ouvertement la guerre aux citoyens du monde entier.

Une guerre qu’elle ne peut pas gagner, qui est déjà perdue. Mais qu’elle va tenter de faire durer en entraînant dans leur chute de nombreuses victimes qui seront injustement emprisonnées pendant des années, torturées, arrêtées, harcelées, détruites moralement, poussées au suicide, traquées à travers le monde.

C’est déjà le cas aujourd’hui. Et parce que vous aurez eu le malheur d’être sur le mauvais avion ou d’avoir envoyé un email à la mauvaise personne, vous pourriez être le prochain sur la liste. Il n’y a pas de neutralité possible. Nous sommes en guerre.

>>> Source sur : http://ploum.net/la-premiere-guerre-civile-mondiale/

>>> Photo par Jayel AheramEnglish version available on Falkvinge.net.

Sharing is caring  Creative Commons License

>>> The La première guerre civile mondiale by Lionel Dricot, unless otherwise expressly stated, is licensed under a Creative Commons Attribution 2.0 Belgium License.

 

Simple comme bonjour

Simple comme bonjour

Indignez-vous, en mieux.

Depuis maintenant un bonne année, ma prise de conscience s’est accélérée au rythme du visionnage de vidéos, de lectures de documents et des contacts fructueux avec de nombreux interlocuteurs compétents dans leur domaine, intéressants ou critiques.
Des connexions inattendues se sont produites entre différents thèmes que j’ai pu aborder sur ce blog, et ont fini par construire un ensemble cohérent qui a fait la lumière sur pas mal de choses qui me restaient inconnues.

Dans le même temps, j’ai réalisé que sur ce blog, et sur le web en général, nous prêchions dans le désert ou au contraire entre convaincus, et qu’il était utile maintenant de sortir dans la vraie vie et de frotter ces nouvelles convictions à la réalité du terrain, et confronter ces théories à des gens qui n’ont pas accès, pas le temps, pas l’envie de le faire sur internet.

Aujourd’hui, lancement de la phase 1 du projet : je sors un petit fascicule d’une cinquantaine de pages, très aéré, très pédagogique et très vulgarisateur (enfin, je l’espère) avec l’objectif d’en diffuser les idées, mais surtout d’avoir un support, une carte de visite pour embrayer sur la phase 2 : des conférences/débat sur ces sujets.

Comme tous mes livres, Simple comme bonjour, c’est son titre, est disponible sous licence Creative Commons (BY-ND) ce qui signifie que vous avez le droit (le devoir ?) de le partager comme bon vous semble autour de vous, de l’utiliser, d’en prendre des morceaux, dans la mesure où vous citez le nom de l’auteur (et encore, je ne serai pas trop regardant là-dessus !).

J’ai mis ça en ligne sur la plateforme de publication Lulu, sous deux formes :

 Le livre papier traditionnel, couverture souple couleur, intérieur noir et blanc, pour la modique somme de 2.96€ (prix coutant : je n’ai aucun droit d’auteur là-dessus). Avec le port il vous en coûtera autour de 5 euros.

– Le PDF téléchargeable gratuitement pour lecture en ligne ou sur vos liseuses préférées, sachant que je n’ai pas été foutu de faire un epub correct (tout celui qui est capable de me faire ça sera grandement félicité).

Simple comme bonjour

Mais de quoi ça parle, me direz-vous ? Et je vous rétorquerai qu’il faut le lire pour le savoir. Mais histoire de vous mettre l’eau à la bouche, il s’agit d’une synthèse de tout ce que j’ai pu dire ou presque depuis 7 ans sur ce blog, de la crise financière à la crise démocratique en passant par la décroissance.
Le livre ne fournit pas de solutions, il ne fait que poser les problèmes et en expliquer les causes, telles que je les perçois, mais de façon la plus objective possible, et en citant les sources. Il n’appelle pas à voter machin, ni à s’inscrire sur tel site pour faire la révolution. Il ambitionne seulement de faire réfléchir le lecteur, pour l’amener à trouver par lui-même des solutions.

Comme je l’ai dit, c’est un support, un tremplin vers une autre forme d’action que je ne vois pas comment éviter sinon croyez bien que je m’en serais passé volontiers : il faut aller voir des vrais gens (bêêêh). Je ne suis pas du tout fait pour ça, je serai sans doute mauvais dans l’exercice, mais c’est un mal nécessaire.

Aussi, j’ai besoin de votre soutien pour parvenir à mes fins. D’abord, lisez ce bouquin, ça va vous prendre une demi-heure si vous lisez lentement, et faites-moi des retours, signalez mes erreurs, mes manques, mes maladresses.
Ensuite (s’il vous a plu), diffusez-le. Envoyez le PDF à vos amis, postez des liens sur twitter, égarez votre exemplaire papier sur un banc public, parlez en à votre concierge et à votre beau-frère.
Enfin, emparez-vous de son contenu, inspirez-vous en, faites vous le vôtre, ajoutez vos thèmes de prédilection, développez ceux qui vous semblent trop courts et diffusez-le à votre tour, et pourquoi pas, défendez-le en public ou faites-en des vidéos sur Youtube.

Bref, vous avez compris l’idée : c’est viral, nous sommes légion et tout le tremblement. Bref, ça n’attend plus que vous pour fonctionner.

>>> Source sur : http://merome.net/blog/index.php?post/2012/09/10/Simple-comme-bonjour

Caméras Sous-Surveillance, le projet qui surveille les surveillants

Caméras Sous-Surveillance, le projet qui surveille les surveillants

Qui surveille les surveillants ? Être épié(e)s partout où l’on bouge par plus de 935.000 caméras de vidéo-surveillance en France, n’est que la partie émergée du Titanic. Toutes ces caméras ont un but précis : améliorer la sécurité. Mais elles sont aussi potentiellement reliées à Internet, que ce soit de façon directe ou indirecte. En effet, Internet étant une évolution majeure de l’humanité pour lui permettre de mieux communiquer, au même titre que le Feu qui lui a permis de mieux manger, celui-ci entraîne inexorablement la modification des comportements. Aseptisation, formatage… mais lorsque les citoyens commencent à perdre leurs libertés, ils communiquent et le font savoir.

Image de NeoSting sous licence CC-By

La partie immergée de ces caméras de surveillance, elle, tente de cacher à quoi elles servent réellement. Derrière ces yeux orwelliens, des logiciels d’analyses de comportement moulinent pour interpréter chacune des actions réalisées par ceux qui se trouvent dans leur champ de vision. Ces logiciels, à l’effigie du projet INDECT, détectent automatiquement les rassemblements d’amis et lancent des alarmes lorsque quelqu’un courre. Tentez l’expérience de laisser passer 3 métros, et vous verrez rappliquer l’Ordre venant vérifier votre identité. Pourtant, vous n’avez rien fait de mal, mais ce ne sont que des exemples. L’analyse des comportements non formatés va bien plus loin en identifiant chaque personne par la reconnaissance faciale et orale, et peuvent donc suivre les déplacements d’une ou plusieurs personnes suspectes. Concrètement, on comprend vite leur intérêt quand ces caméras de surveillance permettent aussi de faire de la vidéo-verbalisation à Paris, pour commencer.

Mais, ce pouvoir de surveillance n’appartient pas uniquement aux gouvernants. Grâce à Internet, chacun a la possibilité de surveiller à son tour les surveillants. C’est en ce sens qu’est né le projet sous-surveillance, lancé en juillet 2012. Vous pouvez signaler une caméra de vidéo-surveillance au site dès que vous en trouvez une partout en France, et celle-ci sera ajoutée dans une carte OpenStreetMap. Il faut juste se créer un compte avec un pseudo et un email. Le projet ne s’arrête pas là et référence aussi de nombreuses revues de web sur le sujet pour en apprendre plus. On espère que le projet continuera d’avancer aussi vite et que des applications pour smartphones verront le jour pour démocratiser les signalements. Des développeurs sont activement recherchés.

Pour la petite histoire de la vidéo-surveillance

Grâce à Internet, ce ne sont pas uniquement les citoyens qui perdent un peu de leur liberté liées à leur vie privée avec ces technologies de surveillance, les surveillants en perdent aussi, en se faisant démasquer lors d’utilisations malhonnêtes ou lorsque ces technologies entraînent plus de répressions. Avec Internet, la transparence est la règle de base, et pour pouvoir mentir, ils devront instaurer le totalitarisme, et perdre par la même occasion la sécurité qu’ils désiraient. Ça ne vous rappelle rien ?

Benjamin Franklin :
Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.

 

>>> Source sur : http://neosting.net/services-en-ligne/projet-sous-surveillance-cameras.html

 

Manifeste des économistes déterrés

Gérard Foucher, animateur du Mini Show et auteur de « Les secrets de la monnaie, changer la monnaie pour changer le monde » vient de publier un document de référence qui résume en une trentaine de pages les thèses d’économistes hétérodoxes oubliés de l’histoire nous éclairant sur des alternatives possibles à la crise actuelle, dont l’idée d’un dividende universel comme aboutissement d’une réforme monétaire visant à rétablir la symétrie du pouvoir d’émission de la monnaie.

Le « manifeste des économistes déterrés » décrit l’état de la recherche économique de pointe qui commence à sortir de terre un peu partout sur la planète. Il cite ainsi des économistes Australiens, Allemands, Américains etc… qui analysent la cause des crises dans la nature du code monétaire.

Dans les solutions de changement de paradigme Gérard aborde la Théorie Relative de la Monnaie, ses fondements (libertés et symétrie spatio-temporelle) et explique la nature de son résultat fondamental (théorème des systèmes monétaires relativistes).

Manifeste des économistes déterrés

Pour une sortie de crise sans violence,

équitable et progressive.

 

Nous sommes face à une crise qui dure à ce jour (juin 2013) depuis plus de cinq années. Cette crise porte désormais un nom : La Grande Récession.
Depuis 2008, les conséquences ont été dramatiques non seulement d’un point de vue économique et financier, mais aussi au niveau humain. La Grande Récession a fini par atteindre les entreprises, les États, les ménages, les personnes. Le monde entier souffre.
L’Histoire retiendra probablement ces quelques années comme une période de crise majeure, mais selon ce que nous en ferons, il est aussi possible que l’Histoire s’en souvienne comme d’une période d’évolution profonde.
Pauvreté, inégalités grandissantes, chômage, montée des extrémismes, défiance
généralisée, conflits, corruption… les symptômes sont partout, visibles comme le nez au milieu de la figure.
Mais avons-nous vraiment identifié la nature de la maladie ? Avons-nous fait un diagnostic précis, exact ? Les remèdes que nous utilisons sont-ils bien adaptés, efficaces ? Est-il possible d’avancer un pronostic, de proposer des traitements inédits ?
Telles sont les questions auxquelles nous allons essayer de répondre ici.

Manifeste des économistes déterrés : l’interview

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Interview réalisée par Marie-Laure Leila Le Guen pour la parution du « Manifeste des Économistes déterrés », une étude sur l’état actuel de la recherche économique au niveau international, par Gérard Foucher. (juin 2013)
« Un texte de grande qualité universitaire » (Yoland Bresson, économiste)
« Un excellent document de synthèse… Tout y est. Les décideurs vont-ils enfin écouter ce que les économistes disent ? » (Stanislas Jourdan, journaliste)

Le Manifeste des économistes déterrés est disponible en téléchargement libre et gratuit sur Scribd.

***

Interview d’un auteur iconoclaste.

Retranscription des propos recueillis en vidéo le 6 juin 2013 par Marie-Laure Le Guen – avec quelques modifications en accord avec Gérard Foucher.

Vous n’êtes pas économiste de formation. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à l’économie et en particulier à la monnaie ?

J’ai toujours été intéressé par la monnaie, par l’argent, par le fait d’en gagner ou pas. Depuis que je suis tout petit, j’ai un rêve, c’est de faire fortune, de produire quelque chose, de monter des entreprises. Mais la monnaie était toujours un mystère, car j’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre d’où venait l’argent.

Quand j’étais petit et qu’on partait en vacances, mon père allait à la banque chercher de l’argent. Je me souviens d’un jour où on était en vacances et je voulais retourner au restaurant et ma mère m’a dit « non, on ne peut pas aller au restaurant, on n’a plus d’argent ». Je lui avais répondu: « Il n’y a qu’à aller à la banque ». Pour moi, c’était la tirelire où on allait chercher de l’argent… C’était facile.

Je m’aperçois, maintenant que je comprends ce qu’est la monnaie et d’où elle vient, qu’effectivement quand on a besoin d’argent, il faut aller à la banque. Le système monétaire est ainsi fait que si on veut avoir, non plus des billets comme avant, mais des chiffres sur notre compte en banque, il faut aller les demander à la banque ou que quelqu’un les ait demandés dans une banque.

Quand j’ai commencé à faire des recherches sur Internet, dans les librairies et les bibliothèques pour comprendre le mystère de la monnaie, j’ai eu l’impression de m’approcher enfin de ce que j’ai toujours eu envie de connaître depuis que je suis gamin.

Quelle est votre analyse de la crise économique actuelle ?

Au bout de 2-3 ans de recherches, j’ai réuni beaucoup de documents, beaucoup de bouquins. J’ai lu tout ça, regardé des quantités de vidéos sur Internet, lu des tas d’articles universitaires en anglais, en français, des choses compliquées et puis je me suis aperçu que j’avais découvert des choses qui avaient une importance sociale capitale et dont personne ne parlait.

Je me suis aperçu que je pouvais mettre le doigt sur les racines de ce qui se passait. J’ai fait un petit programme sur YouTube qui s’appelle le Mini Show où j’ai commencé à parler un peu à ma façon de ces phénomènes et à les expliquer. Je me suis aperçu qu’il y avait beaucoup de spectateurs et je me suis dit que c’était le moment, avec toute la documentation que j’ai, d’analyser, de synthétiser et d’en faire quelque chose en français qui parle des secrets de la monnaie.

Ça débouche sur quelque chose de très important pour nous au présent, pour le futur de nos enfants, pour le futur de la planète en général parce que le système monétaire a des ramifications dans tous les domaines, y compris dans le domaine de l’écologie, évidemment de l’économie, évidemment des inégalités, évidemment de la richesse, de la finance etc.

L’analyse des secrets de la monnaie débouche sur une façon de changer beaucoup les choses. Ma conclusion, c’est que le centre névralgique d’une société c’est la façon dont la vie est gérée or la vie ce sont les échanges que nous faisons les uns avec les autres.

Il y a d’autres fonctions de la monnaie mais la fonction principale c’est matérialiser les échanges nécessaires à nos vies quotidiennes par des échanges de chiffres. Je me suis dit que peut-être qu’en changeant la façon dont ces chiffres sont créés, et distribués dans la société, et échangés entre nous, on pourrait changer la façon dont nous interagissons avec les autres.

Vous venez de publier un « Manifeste des économistes déterrés » … Qu’apporte de plus ce document par rapport à la pensée économique actuelle ?

Des informations récentes que les économistes n’ont pas, qu’ils ne possèdent pas, qu’ils n’ont pas trouvées ou qu’ils n’ont pas eu le temps de trouver.

Je vivais un paradoxe qui m’énervait. Maintenant que je fais des conférences pour diffuser mon livre, j’arrive en un ou deux heures à expliquer d’une manière à la fois analytique, synthétique et concise la nature du système existant et les solutions possibles, et ceci à un public souvent très peu sensibilisé sur le sujet (mais qui a envie d’apprendre).

Mais quand j’écoute les discours, les conférences, les colloques des spécialistes de ces questions, je m’aperçois que la création monétaire est présentée comme quelque chose de très accessoire dans le cursus universitaire habituel en France. On dirait que le fait qu’ils aient étudié pendant douze ou quinze ans le domaine de l’économie leur a fait oublier ce point essentiel.

En fait, il y a un point aveugle très important chez les spécialistes qui pourraient justement, s’ils étaient conscients de ces questions, avoir le poids médiatique et politique nécessaire pour peser sur les décisions.

Alors j’ai eu envie d‘aller encore plus loin et de chercher quel était l’état de la pensée économique en ce moment. Je suis tombé sur des économistes de grand renom, des américains, des allemands, des australiens, qui se sont aperçus que les techniques que nous employons actuellement pour relancer l’économie, donc pour sortir de la crise, ne fonctionnent pas, en particulier le fait de renflouer les banques en espérant qu’elles vont recommencer à prêter et donc créer de la monnaie. C’est ce qu’on fait actuellement sans remettre en question le fait de créer de la monnaie par de l’endettement supplémentaire alors que c’est précisément l’émission de monnaie par la dette qui a fait la crise.

Les économistes sur lesquels vous vous appuyez dans ce Manifeste ont publié leurs travaux bien avant la crise actuelle. En quoi leurs idées sont-elles applicables aujourd’hui ?

Ces économistes (John-Maynard Keynes, Milton Friedman, Henry Simons, Irving Fisher, Maurice Allais, Hyman Minsky, Joseph Schumpeter), avaient fait le même raisonnement – à savoir que renflouer les banques ne marchait pas très bien – et proposé des solutions mais ils n’avaient pas été écoutés. Parce qu’à l’époque il n’y avait pas Internet et qu’il suffisait au pouvoir bancaire et financier de choisir de faire parler plutôt les économistes favorables au système existant de manière à ce que les autres soient oubliés. C’est ce qui s’est passé au moment de la crise des années 30.

Des gens comme Irving Fisher, comme Henry Simons, même Keynes ou Friedman, avaient parlé de réformes dans les années 1930 et 1940, mais ce sont des solutions différentes qui ont été adoptées pour ne pas bousculer le principe de l’enrichissement par le crédit bancaire et la création monétaire.

Quand j’ai découvert les travaux de ces économistes hétérodoxes ces derniers mois et que j’ai découvert qu’ils reprenaient les travaux des grands anciens en les adaptant à notre économie actuelle et en les prolongeant puisque les choses ont évolué, j’ai eu envie d’écrire un papier quasiment universitaire pour communiquer cela à nos économistes nationaux qui apparemment ne sont pas encore au courant que ces recherches existent.

Quelles sont ces solutions qui ont été rejetées dans les années 30-40 et qui seraient adaptées à l’économie actuelle ?

Il y a deux remises en cause fondamentales : la remise en cause de la création monétaire par le crédit bancaire, c’est-à-dire la création de monnaie secondaire par le crédit bancaire, et la remise en cause de la distribution de cette monnaie.

Il suffit de créer de la monnaie sans dette associée. Il ne faut pas que l’on soit obligé d’emprunter de l’argent à une banque pour que la collectivité ait de la monnaie grand public. C’est ridicule ! Il va forcément arriver un moment où on ne pourra plus payer les intérêts puisque notre masse monétaire augmente sans arrêt.

Il faut trouver un système qui nous permette de faire la transition entre le système existant où toute la monnaie est de la dette et un système futur où il n’y aurait plus que de la monnaie permanente non soumise à un intérêt qui circulerait en permanence entre les individus.

La solution que proposaient les grands anciens dans les années 1930, c’était d’aboutir peu à peu à un système dit de « 100% monnaie« . Pour l’instant, il y a 10% de monnaie de base pour 90% de monnaie grand public. Le 100% monnaie consiste à dire que l’État ou un comité monétaire ou les citoyens eux-mêmes – ce sont des décisions qui doivent être prises démocratiquement – une entité quelconque émet la monnaie pour la communauté sans que ce soit par de la dette et petit à petit on remplace la monnaie dette par de la monnaie libre de dette qui sera utilisée dans la société.

Les propositions des grands anciens et des économistes hétérodoxes qui commencent à émerger, c’est de reprendre le rôle de création de monnaie bancaire, de le redonner à une entité décidée démocratiquement, et que la nouvelle monnaie soit émise sans endettement associé pour remplacer la monnaie issue de la dette.

Il y a notamment un allemand, Michael Kumhof, que je cite abondamment dans mon travail qui a détaillé toutes les étapes du processus de transition d’une monnaie dette vers une monnaie garantie à 100 %.

On connaît le ‘Quantitative Easing’. Qu’est-ce que le ‘Quantitative Easing for the People’ que vous proposez de mettre en place ?

C’est une proposition faite par un économiste très sérieux, Steve Keen, un des économistes les plus pointus du moment, qui est écouté au plus haut niveau de décision, au FMI, à l’OCDE, depuis avril-mai 2013. Ce Quantitative Easing for the People (QE4P) vient au départ de l’échec du QE traditionnel (assouplissement quantitatif) qui consiste à renflouer les banques avec de la monnaie de base qui reste dans l’économie bancaire pour rééquilibrer le bilan des banques.

En gros, ces économistes que j’ai été déterrer avec l’aide des économistes contemporains, disent que comme cela ne marche pas de donner de la monnaie de base aux banques en espérant qu’elles vont créer de la monnaie grand public, alors pourquoi ne pas donner de l’argent directement aux gens ?

Cette idée, promue par l’économiste Steve Keen en Australie commence à être vraiment soutenue ailleurs, notamment par Lord Aider Turner, l’ancien président de la Financial Service Authority à Londres qui a failli devenir gouverneur de la Banque d’Angleterre.

C’est donc la notion de distribuer la monnaie, non pas par toute une cascade d’effets qui génèrent de l’endettement mais au contraire par de la monnaie libre de dette injectée directement dans les poches des citoyens. Par quel moyen? C’est ce dont il faut discuter sérieusement et maintenant.

Cette idée s’apparente donc à un revenu de base qui serait financé au moins en partie par création monétaire ?

Non, ce n’est pas ‘financé’ par création monétaire puisqu’on réformerait complètement la création monétaire. Concrètement, on arrêterait de créer de la monnaie en injectant de la monnaie de base dans les bilans bancaires, ce qui permet en théorie aux banques de prêter de l’argent, ce qui au bout du compte réinjecte de la monnaie dans la société. Ce système fonctionne bien pour maintenir la pyramide, mais passons à autre chose.

Si on veut, on peut revenir à une création monétaire par l’État. Ce serait déjà presque un progrès dans la mesure où il n’y aurait pas d’intérêt permanent à payer sur notre propre monnaie.

Il y a un groupe anglais, Positive Money, qui conseille de créer un comité monétaire indépendant qui décide chaque année de la quantité de monnaie à injecter dans la société soit sous forme de revenu directement aux citoyens, soit sous forme de dépense nationale. Ça peut être décidé démocratiquement.

Addendum de l’auteur: Si cette réforme monétaire aboutit, elle pourrait donc tout à fait s’intégrer au concept du revenu de base par redistribution, selon sa définition communément admise.

La solution que je préconise s’appuie sur les droits de l’Homme et sur le principe de subsidiarité, qui consiste à dire qu’il faut que ce soit la plus petite unité possible qui prenne les décisions qui la concernent. Les décisions nationales peuvent être prises par l’État, régionales par la région, départementales par le département, familiales par la famille, individuelles par l’individu. Pourquoi les décisions au niveau microéconomique qui se font par l’individu – avec qui je vais échanger ? – ne se feraient-elles pas au niveau le plus fin, c’est-à-dire celui de l’individu ?

Si les individus sont libres et égaux en dignité et en droits, il faudrait qu’ils aient tous les mêmes droits. Le droit à l’autonomie et la liberté économique est un droit fondamental puisque c’est le droit à la vie qui est matérialisé par les échanges de biens réels eux-mêmes matérialisés par les échanges monétaires. Allons donc jusqu’au bout de notre raisonnement de liberté et d’égalité, qui nous donnera peut être la fraternité et donnons la décision économique au niveau le plus fin de subsidiarité, c’est-à-dire l’individu.

monnaie-positive

Nous savons que nous avons actuellement une masse monétaire x où nous sommes en crise donc on sait qu’il en manque déjà un peu. Quand nous aurons la quantité nécessaire pour que l’égalité des individus entre eux soit respectée, il conviendrait que chaque individu reçoive la même part de monnaie tout au long de sa vie – un peu comme un revenu de base.

Or ce n’est plus de la monnaie dette, elle reste dans l’économie : elle n’est plus reprise par de l’intérêt. Elle est émise une fois pour toutes. In fine, la masse monétaire augmente très légèrement au rythme des injections de dividendes universels individuels citoyens.

Au final, je suis en ligne avec la Théorie Relative de la Monnaie de Stéphane Laborde : pour que l’égalité soit parfaitement respectée entre les individus à un instant t et au niveau des individus entre eux dans le temps, il suffit que chaque part de la masse monétaire reçue au cours de la vie soit le même pourcentage de la masse monétaire globale pour chacun. Il n’y aura donc pas d’inégalité construite au fil des générations.

On peut supposer qu’avec la mise en place d’un tel système, on arrive à respecter l’égalité et la dignité de chaque individu. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’inégalités, puisqu’il y aura toujours des gens qui produiront plus que d’autres et s’enrichiront plus que d’autres, mais au moins, au niveau de la base de la distribution de la monnaie, d’un minimum de production potentielle pour chaque individu, on a une égalité.

La question que tout le monde se pose, c’est de savoir si une telle injection de monnaie dansl’économie ne va pas créer de l’inflation…

Oui, je sais. En fait c’est un problème de brouettes. On imagine tout de suite le Zimbabwe, la République de Weimar, les gens avec des brouettes pleines de billets pour aller acheter la baguette au coin de la rue.

Effectivement, ce sont des dévaluations monstrueuses qui ont pour source le paiement d’une dette. Ce n’est pas le fait qu’il y ait beaucoup de monnaie imprimée qui a fait que la monnaie a perdu de sa valeur, c’est le fait qu’il était nécessaire pour ces pays-là d’imprimer beaucoup de monnaie pour payer une dette extérieure dans une monnaie qu’ils ne pouvaient pas créer. C’est un problème qui ne se présente pas quand un peuple, quand un pays ou une zone économique comme l’Europe reprend la souveraineté de sa monnaie et que donc elle crée sa propre monnaie pour sa propre zone.

Deuxième chose, pour être légitime en reprochant à un nouveau système d’avoir un défaut, il faut prouver que le système existant n’a pas ce défaut-là. Ça me semble assez logique. Or on sait, il suffit de regarder les statistiques, que dans le domaine immobilier par exemple, les prix à Paris ont été multipliés par dix mille en cent ans. Dix mille, c’est beaucoup d’inflation.

C’est peut-être un peu comme le Zimbabwe ou la République de Weimar mais comme c’est sur des périodes plus longues, ça se voit moins.
Et puis troisième chose, on n’est pas seulement face à un problème économique, on est aussi face à un problème éthique. On est face à l’usurpation par une partie de la population d’un système de création monétaire subtil qui permet un enrichissement exponentiel d’1% de la population aux dépens du reste de la population. On est face à une forme d’exploitation difficile à détecter qui est profondément contraire à la liberté des uns et à l’égalité de tous.

Quand on est face à un problème comme ça, c’est un peu comme si on était face à l’esclavage en 1850 et qu’on se dise : supprimer l’esclavage, c’est bien joli mais comment vont faire les propriétaires de plantations de canne à sucre ? Qu’est-ce qu’ils vont devenir s’ils n’ont plus d’esclaves ? Eh bien on s’en fout. À la limite, on rénove le système monétaire et on redonne l’égalité monétaire à chaque citoyen et on l’enlève aux privilégiés, ça va faire de l’inflation : eh bien on s’en fout. La question, c’est de régler un problème majeur qui est un bug central dans nos sociétés et qui a des conséquences inimaginables.

Ceci dit, le problème de l’inflation dans un système pyramidal, c’est que les émetteurs de la monnaie savent exactement dans quel secteur la monnaie injectée va être supérieure à l’augmentation de production et donc va générer de l’inflation. C’est aussi un problème d’asymétrie d’accès à l’information et à la monnaie.

Pour terminer, avec un système où chacun reçoit la monnaie non pas parce qu’il l’a empruntée, non pas parce qu’elle tombe au goutte à goutte du sommet d’un centre émetteur mais reçoit sa monnaie en même temps que tout le monde, au même montant que tout le monde tout au long de sa vie en proportion de la masse monétaire, où est le problème de l’inflation ?

Le fait qu’on injecte de la monnaie va monétiser des choses qui ne le sont pas encore. Il va y avoir des activités qui actuellement ne sont pas comptées dans le PIB. Le gars qui écrit un bouquin qu’il donne gratuitement sur Internet et reçoit sa part de monnaie va continuer à le donner et être payé avant de l’avoir donné. L’injection de monnaie va générer la reconnaissance d’une nouvelle production. Le revenu augmente en même temps que la production monétisée. C’est la définition d’une non-inflation.

Envie d’ajouter quelque chose en conclusion ?

Je voudrais m’adresser aux économistes, aux professionnels. J’ai écrit Les Secrets de la monnaie pour m’adresser au grand public, le Manifeste des économistes déterrés s’adresse lui aux universitaires, aux professionnels, aux gens qui auraient envie de lancer des recherches hétérodoxes.

On voit des professeurs qui disent qu’ils voudraient bien sortir du néoclassicisme mais qui n’ont pas le temps de parler d’Irving Fisher parce que ce n’est pas au programme. Les étudiants en économie disent qu’ils sont très embêtés parce qu’ils ne savent pas répondre à ceux qui leur demandent d’expliquer l’origine de la crise. Je trouve ça dommage, pour ne pas dire révoltant, que tous ces gens-là n’aient pas accès à ces informations comme moi qui ai le temps de faire ces recherches. Ils n’ont pas le temps car ils sont tenus pas leurs études, leurs crédits de recherche.

J’ai écrit le Manifeste des économistes déterrés pour vous montrer à vous, économistes, chercheurs, étudiants, qu’il y a d’autres gens dans le monde qui font des recherches, qui proposent des solutions, qui analysent de manière très claire et très pertinente les cycles économiques, la nature de la monnaie, la nature du crédit et comment remédier à toutes les implications destructrices que ça a sur notre société.

Je vous donne cet ouvrage, qui est technique, pour vous donner une photographie, un bilan de l’état actuel de la recherche de pointe en économie, et pour vous dire que ça commence à jaser là-haut au FMI, dans les banques centrales, à l’OCDE. Lisez vite ce truc-là, comme ça au moins vous serez au courant et vous pourrez peut-être faire pareil ici.

>>> Vous pouvez consulter le Manifeste des Économistes Déterrés en cliquant ici.

 

>>> Sources & plus d’infos sur :

 

>>> Gérard Foucher – Juin 2013 – Licence Creative Commons CC-BY

>>> Du même auteur : Les secrets de la monaie – Changer la monnaie pour changer le monde – http://libertybooks.eu

 

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

Un peu d’économie sur le Framablog aujourd’hui, avec le pirate Rick Falkvinge qui voit dans la monnaie Bitcoin une alternative à la fictive toute-puissance du dollar.

Zcopley - CC by-sa

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

How Bitcoin can bring down the United States of America

Rick Falkvinge – 4 juin 2013 – Site personnel
(Traduction : Slystone, nhrx, letchesco, Asta, Gatitac, rou + anonymes)

Le Bitcoin représente une menace importante pour la domination monétaire des États-Unis, la seule chose qui conforte encore leur statut de superpuissance mondiale. Suite aux défauts de paiement des États-Unis sur leurs emprunts internationaux le 15 août 1971, la balance commerciale américaine avait été maintenue grâce aux menaces militaires et en incitant les gens à acheter des dollars pour financer la consommation permanente des États-Unis. Alors que d’autres devises n’ont pas réussi à dépasser le dollar américain, et donc ce mécanisme qui maintient la dominance économique de la nation, le Bitcoin pourrait bien y parvenir.

Pour comprendre ce scénario, il faut saisir à quel point les États-Unis sont en faillite. Pour certaines raisons, la plupart des feux de l’actualité sont actuellement braqués sur l’échec de l’Euro ; ceci probablement à cause du fait que le dollar américain a échoué depuis longtemps, et qu’il est maintenu sous perfusion en faisant éclater non sans mal une bulle spéculative par jour. Une version ELI5 est disponible ici (NdT : ELI5 : « explain it like I’m five », expliquez-le-moi comme si j’avais 5 ans), mais en un mot, les États-Unis sont en défaut de remboursement de leurs emprunts internationaux suite à la guerre du Viêtnam, et depuis ont dû emprunter de plus en plus pour financer leur consommation extravagante. Depuis bien longtemps ils empruntent toujours plus, pour simplement rembourser les intérets des emprunts antérieurs. L’an dernier, le déficit du budget des États-Unis a atteint le niveau astronomique de 50 % — pour chaque dollar de recette, deux ont été dépensés. Étrangement, peu de monde en parle — j’imagine que si c’était le cas, la capacité des États-Unis à rembourser leurs emprunts serait remise en question, ce qui provoquerait l’écroulement du château de cartes comme si une tonne de briques était déversée dessus, alors personne n’a intêret à faire des vagues. Après tout, tout le monde est assis sur des réserves de dollars qui deviendraient sans valeur du jour au lendemain si ceci devait arriver.

Les États-Unis ont relancé leurs planches à billets le 15 août 1971 et ne les ont pas arrêtées depuis. Rien que pour l’année 2011, 16 mille milliards (un 16 suivi de douze zéros) de dollars ont été imprimés pour maintenir l’économie américaine. Pour se faire une idée, c’est un peu plus que le produit intérieur brut des États-Unis. Pour chaque dollar produit à partir de la valeur (ajoutée), un dollar supplémentaire a été imprimé à partir de rien, dans l’espoir que quelqu’un voudrait bien l’acheter. Et les gens l’achètent ! C’est un fait, il y a ici un mécanisme clé qui force les gens à continuer à acheter des dollars américains.

Les États-Unis sont maintenus en vie en tant que nation par le fait que si quelqu’un souhaite acheter des produits à une autre nation comme la Chine, il doit d’abord acheter des dollars américains puis les échanger contre la marchandise qu’il désire en Chine. Cela conduit tous les pays à acheter des tas de dollars américains pour remplir leurs réserves monétaires.

Le fait que les gens soient obligés de continuer d’acheter des dollars américains pour obtenir ce qu’ils veulent de n’importe qui d’autre dans le monde est le mécanisme qui maintient l’ensemble de l’économie américaine et, plus important encore, alimente son armée qui applique à son tour ce mécanisme (voir en IrakLibyeIran, etc.). C’est un cycle de domination économique imposé par la force.

(À noter que l’on peut se demander dans quelle mesure la classe moyenne américaine profite encore de ce système. Il y a dix ans, cette boucle auto-alimentée faisait que le niveau de vie moyen aux États-Unis était sensiblement supérieur à celui du reste du monde occidental. De nos jours, les États-Unis arrivent souvent derniers des indicateurs de niveau de vie.)

Puisque les articles sur « la fin du monde » sont d’habitude rejetés comme relevant d’illuminés conspirationnistes, je voulais commencer cet article en présentant des faits économiques reconnus. Les États-Unis sont en faillite et la seule béquille pour les maintenir debout est leur armée, ainsi que le fait que tout le monde a de lourds investissements dans le pays, si bien que personne ne veut les voir faire faillite. Donc les emprunts et les dépenses excessives continuent une journée de plus… jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.

Que se passerait-il si les États-Unis étaient un jour incapables de poursuivre leurs dépenses démesurées ? On assisterait à un crash gigantesque de l’économie mondiale, mais plus important, les États-Unis s’effondreraient à la mode soviétique, mais plus gravement encore, en raison de différences structurelles. (Pour comprendre ces différences, réfléchissez au fait que les transports publics ont continué de fonctionner pendant l’effondrement soviétique et que la plupart des familles étaient déjà bien préparées pour faire face à la pénurie de nourriture. Aux États-Unis vous verriez à la place des gens isolés dans des banlieues sans carburant, sans nourriture ni médicaments, avec seulement plein d’armes et de munitions. Consultez l’étude d’Orlov sur l’écart entre les effondrements et le retard d’effondrement pour plus d’informations sur cette différence structurelle).

Arrivent les Bitcoins, qui peuvent briser le cercle vicieux des emprunts et des dépenses excessives.

Comme nous l’avons vu, la raison pour laquelle les gens sont obligés d’acheter du dollar américain, c’est qu’il est la base du système d’échange de valeur. Si vous voulez un gadget fabriqué en Chine ou en Inde, vous devez d’abord acheter des dollars américains, pour ensuite échanger ces dollars contre le gadget. Mais nous l’avons observé, le Bitcoin dépasse de loin le dollar sous tous ses aspects en tant que gage de valeur pour le commerce international. Utiliser des Bitcoins c’est moins cher, plus facile et bien plus rapide que les actuels transferts de valeur internationaux.

Pratiquement toutes les personnes impliquées dans le commerce international à qui j’ai parlé passeraient à un système semblable à Bitcoin si elles en avaient la possibilité, évacuant des années de frustrations héritées du système bancaire actuel (qui utilise le dollar américain). Si cela arrivait, les États-Unis ne seraient plus en mesure de trouver des acheteurs pour leurs dollars fraîchement imprimés qui maintiennent leur économie (et financent leur armée).

Si ce cycle de monopole et dépendance commerciale du dollar prend fin, les États-Unis d’Amérique s’écrouleront. Lourdement. Cela semble inévitable désormais, et le Bitcoin est peut-être le système qui rompra ce cycle.

>>> Crédit photo : Zcopley (Creative Commons By-Sa)

>>> Source : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/06/bitcoin-dollar-usa

Ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter

Ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter

Très bon article de Wiredvia Ars Technica, qui illustre très bien l’un de mes développements hélas non-enregistrés lors du dernier Monnaie Libre : les monnaies complémentaires, parce qu’elles redéveloppent une pensée monétaire de zéro, sont en train de redécouvrir les mêmes problèmes que les si décriées monnaies officielles, et par là-même leurs cheminements et évolutions. C’est ‘lune des grande force du néochartalisme à mes yeux que d’être justement la poursuite sur cette lancée, cette lente évolution par accumulation d’expériences historiques, plutôt que d’effacer le problème actuel par amnésie et de rebuter sur les mêmes obstacles que ces monnaies officielles qui sont loin d’être aussi mal intentionnées qu’on le croit parfois.

Petit florilège de développements historiques parfois totalement explicitement revécus par leurs concepteurs de monnaies dérivées du fameux Bitcoin :

La liberté n’est pas nécessairement l’ordre spontané mais aussi bien l’anarchie :

« La bulle du Bitcoin était un jeu fascinant de chaises musicales s’étalant sur des mois — tout le monde savait que la musique s’arrêterait, mais personne ne voulait deviner quand ça le ferait alors qu’il y avait de l’argent facile à faire. En plus, des attaques par déni de service distribué ont été incroyablement efficace pour manipuler la valeur du Bitcoin. Fermer une vaste bourse de change comme Mt Gox, même pendant seulement quelques heures à chaque fois, peut causer suffisamment de fluctuations de prix pour que des hackers astucieux achètent bas et revende haut selon leurs propres caprices. »

Déjà, la tulipomanie nous l’enseignait dès le 17ème. On peut décrier l’efficacité de la régulation de l’État, mais cette inefficacité est largement due à cette même critique et aux dérégulations qu’elle a entraînées, et ce qui reste est visiblement encore difficile à égaler.

Le métallisme, c’est-à-dire la croyance que la monnaie n’était que du troc standardisé du contenu en métal précieux, a longtemps été le mythe monétaire libéral officiel. L’or se révélait chroniquement insuffisant pour financer l’économie et assurer la stabilité des prix et de l’endettement, d’où le bimétallisme : on adjoignait un autre métal voire plusieurs pour essayer d’avoir une pratique monétaire conforme à l’idéal. C’est justement dans la divergence entre le réel et ce qui était prévu qu’on en développe une nouvelle compréhension monétaire. De même, plusieurs Bitcoins essaient maintenant de se compléter :

« La plus importante des alternatives au Bitcoin, Litecoin fonctionne avec les mêmes principes fondamentaux. Cependant, il n’est pas positionné comme une alternative aux Bitcoins, mais comme une cryptodevise complémentaire — « l’argent de l’or Bitcoin ».

[…] Dans les termes les plus simples, la chaîne de blocs est un registre de chacune des transactions sur le réseau Bitcoin. Chaque transaction est publique, et la chaîne de blocs continue à croître puisqu’elle contient le registre de tout échange depuis les débuts de Bitcoin.

Cela donne quelques étranges conséquences — bien qu’il soit facile d’être anonyme, il est également très facile de tracer ces transactions anonymes. C’est ainsi que Sergio Lerner a déouvert que Satoshi Nakamoto (mystérieux inventeur du Bitcoin) a une fortune de 980 000 bitcoins, soit environ 85 millions d’euros. Mais si il/elle/ils est/sont trop peu soigneux pour dépenser cet argent, alors cela pourrait révéler son/leur identité.

Toutes les dix minutes environ, une nouvelle chaine de blocs est générée et disséminée à travers le réseau Bitcoin à chaque nœud, […]

C’est pourquoi Litecoin a un temps de réaction plus rapide (environ deux minutes et demi) que Bitcoin, et, avec quatre fois plus de pièces en circulation, il offre théoriquement des divisions plus fines pour permettre des transactions de petites valeurs.

Il utilise également une fonction de hachage — scrypt — supposée rendre le minage des litecoins plus réaliste pour les utilisateurs de bureau, à l’opposé de la fonction standard SHA256d utilisée par Bitcoin qui exige de plus en plus de temps et de puissance le temps passant. Miner tant des litecoins que des bitcoins au même moment n’est pas seulement possible, c’est explicitement encouragé par les développeurs de Litecoin. Sacoir si Litecoin est en conséquence plus ou moins sécurisé que le Bitcoin est passionnément débattu au sein de la communauté cryptomonétaire. »

Le temps travaille les limites de ces nouvelles monnaies comme ses prédécesseurs, et le plus probable est que la centralisation soit renforcée pour éviter un excès d’abus. Tout comme les diverses monnaies des banques privées ont été irrésistiblement affiliées partout à la puissance publique, les crises bancaires, du crédit, posant trop de difficultés sinon. La parité est aujourd’hui de 3 centimes de Bitcoin pour un Litecoin. Pour l’instant la spéculation semble ne pas s’être intéressé à ce nano-marché. Mais ce n’est pas le seul taux de change à surveiller puisqu’il y a d’autres monnaies complémentaires encore qui ont toutes leurs quelques adeptes, tout comme les banques privées à monnaies privées avaient leurs clients.

« Pièce Pair-à-Pair, ou PPCoin, se présente comme une amélioration du Bitcoin en changeant l’un des fondements de ce dernier, la preuve-d’accomplissement (proof-of-work).

Au-delà de l’amélioration de la sécurité — il est beaucoup plus difficile de voler des PPCoin que des Bitcoin de cette manière […]

Pour le Bitcoin, tout comme toutes ces pièces, la création de pièces est stable et prédéterminée, et le taux auquel elles sont générées décroît exponentiellement. Le coût de minage a maintenant tellement augmenté que les gens ne peuvent plus vraiment utiliser leurs tablettes, portables ou ordinateurs de bureau et doivent au contraire se reposer sur des circuits intégrés spécifiquement pour application (ASIC) pour le minage — de chères plateformes pétrolières dédiées qui coûtent des milliers de dollars, travaillant 24/7, simplement pour générer assez de bitcoins pour rentrer tout l’appareillage dans ses frais. […]

Une autre différence radicale est que, au contraire du Bitcoin, il n’y a aucune limite finale au nombre de PPCoins qui seront générés. Au contraire, […] une croissance régulière qui, selon ses développeurs, égale environ 1 % par an. […]

Actuellement, le PPCoin a un système de vérification centralisé pour vérifier les transactions, donc il n’est pas qualifié pour la décentralisation façon Bitcoin. Cela dit, les développeurs du PPCoin ont affirmé que ce n’était qu’une mesure temporaire requise pour que « le réseau mûrisse ». »

Nous retrouvons même Silvio Gesell (1862-1930) ! Un théoricien monétaire assimilé par le chartaliste Keynes, qui résolut le même problème de manière beaucoup plus élégante dans sa Théorie générale, et qui connait un regain de popularité avec le retour de ce problème, intrinsèque aux libéraux, de manque chronique de consommation/investissement dans l’économie pour employer toutes les ressources disponibles (en particulier les chômeurs).

« Le Freicoin est une alternative intéressante — avec un cadre philosophique différent — des autres cryptomonnaies. Elle a des surestaries (frais pour dépassement de délai) intégrées dans son fonctionnement. […]

Mark Friedenbach, un développeur de Freicoin dit à Wired.co.uk par courriel ce que ça signifie : Les surestaries « peuvent être imaginées comme faisant pourrir les freicoins, réduisant leur valeur de ~4,9 % par an. Maintenant, pour répondre à la question de pourquoi quelqu’un en voudrait, vous devez regarder l’économie dans son ensemble. Les surestaries incitent les consommateurs et les marchandes à dépenser ou investir des pièces dont ils n’ont pas besoin immédiatement, aussi vite que possible, augmentant le PIB. Plus encore, cet effet est continu avec peu d’ajustements saisonniers, donc on peut s’attendre à ce que les cycles soient plus courts en magnitude et en durée. Avec les surestaries, on épargne de l’argent en faisant des investissements sûrs plutôt qu’en laissant l’argent dormir dans les matelas. » […]

Il cite des exemples réellement vécus de surestaries comme le « miracle de Wörgl ». La proposition d’utiliser délibérément les surestaries, comme moyen de forcer la circulation de la monnaie et de stimuler l’économie, fut proposé en premier par l’économiste anarchiste Silvio Gesell. Le maire de la ville autrichienne de Wörgl instigua des titres provisoires de papier connus comme les « Freigeld » [NdT : argent libre en allemand] avec des surestaries en 1932 durant la Grande Dépression, et l’expérimentation mena à une hausse de l’emploi et du PIB locaux jusqu’à ce que la banque centrale autrichienne le stoppe en 1933.

Au-delà des surestaries, Friecoin fonctionne quasiment de la même manière que le cadre basique du Bitcoin — de nouveaux blocs toutes les dix minutes environ, avec les mêmes difficulté et fonction de hachage. Le total de pièces final sera toutefois plus élevé, à 100 millions. »

Au début donc, le Freicoin compense sa rareté en forçant son utilisation, par une suppression progressive de l’épargne. Il est obligatoire d’investir de manière « sure » nous précise l’article, ce qui fait inévitablement penser à ladébâcle du système de retraite par capitalisation confié au petit génie de la finance. On frémit à l’idée d’interdire de fait les bas-de-laine, les vieux sont déjà si faciles à escroquer et les bulles spéculatives à créer…

L’article donne encore des exemples, avec les conflits quant à la légitimité de l’autorité régulatrice, ou les problèmes de son absence, ainsi qu’un certain nombre d’alternative qui n’ont tout simplement pas survécu, et qui hantent encore plus ou moins le cyberespace.

On pourrait faire exactement le même genre d’article sur les SELs.
Conclusion ? Comme le dit le proverbe, ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter. Mieux vaut construire à partir des leçons déjà si durement acquises plutôt qu’en jetant tous les brouillons précédents à la corbeille.

>>> Source sur : http://frappermonnaie.wordpress.com/2013/05/11/ceux-qui-ignorent-lhistoire-sont-condamnes-a-la-repeter/

>>>  Licence Licence Creative Commons

Mariage pour tous !?

Mariage pour tous !?

Voici la définition de Mariage dans wikipédia :

Le mariage est le mode d’organisation de la conjugalité le plus ancien et le plus universel. Selon les pays et les époques, il se contracte — ou se défait — de manière rituelle, juridique ou religieuse, encadre les règles de fonctionnement du couple marié et fournit un cadre social et légal au développement de la famille.

Le mariage a également généralement des effets patrimoniaux et crée des liens variables entre les familles respectives des époux, ce qui en a aussi fait une manière d’établir des alliances entre tribus ou familles, de sceller une alliance ou la paix, de réclamer une position de pouvoir ou d’obtenir un capital (dot).

Les systèmes juridiques positifs consacrent son existence et l’encadrent sans nécessairement en donner une définition explicite. Il en est ainsi, par exemple, du droit français qui ne contient que ses conditions et ses effets (art. 144 et suivant du Code civil) et sa fin (annulationmort ou divorce).

Il existe, à côté du mariage, d’autres formes d’unions dont l’union libre ou « concubinage », ainsi que diverses formes d’unions civiles d’apparition récente — par exemple en France, le pacte civil de solidarité. Ces autres formes conjugales, informelles ou peu formelles, bénéficient généralement d’effets plus limités que le mariage.

Or, il s’avère que « LE MARIAGE POUR TOUS » a définitivement été adopté par l’assemblée nationale par 331 voix contre 225 (avec 10 abstentions) le 23 avril 2013.

C’est scandaleux et lamentable ! c’est une énorme erreur « électorale » de la part du gouvernement en place ! … et dire que les maires seront obligés d’obéir à cette loi absurde  sous peine de sanctions importantes !

Le nouveau Pape François est opposé au mariage au couples de même sexe : les enfants doivent être élevés avec un père et une mère ! 

Maintenant, il semble être trop tard pour revenir en arrière … bientôt, au train où vont les choses, on pourra se marier avec son chien ou son ordinateur … ou autoriser la polygamie ! … je n’ose imaginer la société dans quelques années … ils aurait pu éventuellement réécrire/adapter/améliorer le PACS s’ils le voulaient … mais utiliser le mot « MARIAGE », là, c’est trop ! ça dépasse l’entendement !

>>> Sources & plus d’infos sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/23/le-mariage-pour-tous-adopte-definitivement-a-l-assemblee_3164875_3224.html

http://www.rue89.com/2013/04/28/mariage-tous-ps-a-fait-erreur-electorale-enorme-241844

http://www.liberation.fr/societe/2013/04/27/mariage-pour-tous-les-maires-recalcitrants-s-exposent-a-des-sanctions_899475

http://www.sos-homophobie.org/mariage-pour-toutes-et-tous?gclid=CLX9gaL477YCFcXItAodGkUAKw

http://yagg.com/2013/03/13/le-nouveau-pape-francois-ier-a-lutte-contre-le-mariage-pour-tous-en-argentine/

http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/13/pape-francois-anti-mariage-gay-argentine_n_2871532.html

http://www.apel.fr/actus-apel/non-au-mariage-pour-tous.html

http://www.nonaumariagehomo.fr/spip.php?article13

http://www.lamanifpourtous.fr/fr/

http://www.tous-pour-le-mariage.fr/

 

Le problème avec l’argent

Le problème avec l’argent

Si tout le monde rêve d’avoir de l’argent, force est de constater que le mot a pris une connotation très péjorative dans notre société. Est-il pire insulte que « riche » alors que « pauvre » porte la compassion ?

Pourtant, l’argent est un outil particulièrement utile. C’est une manière très efficace de rétribuer ou de récompenser quelqu’un pour un travail, un service ou n’importe quelle autre occasion. Lorsque notre mamy-gâteau nous donnait une pièce en nous disant « Va t’acheter des bonbons », elle exploitait au mieux le concept d’argent : nous pouvions en effet décider d’acheter des bonbons, un jouet ou économiser pour un nouveau vélo. Bref, nous étions libres.

À ce titre, l’argent est extrêmement libérateur. C’est également un merveilleux incitant si on estime que quelqu’un est rémunéré à hauteur de son talent. Un artiste va essayer de faire une très belle œuvre, un travailleur va faire de son mieux si il a des envies qui nécessitent de l’argent. Au contraire, une personne peut décider de travailler moins. C’est pour cette raison que je soutiens particulièrement des solutions comme Flattr : elles permettent d’offrir de l’argent à ceux dont nous apprécions le contenu.

Ici, la moitié de mes lecteurs bondiront sur leur chaise en me traitant d’ultra-capitaliste et m’enverront des photos d’enfants qui meurent de faim avec des mouches collées sur les yeux pour me prouver combien je suis ignoble, combien l’argent pervertit tout.

Mais le problème, ce n’est pas l’argent : c’est le fait que la manière la plus simple de gagner de l’argent est… d’avoir de l’argent.

Tant que l’argent est un incitant à produire quelque chose d’utile à la société, il est bénéfique. Aujourd’hui, il n’est malheureusement plus possible de devenir réellement riche par son travail. Toutes les grosses fortunes se basent sur la spéculation, la bourse et tous ces outils financiers qui permettent de gagner beaucoup d’argent sans avoir la moindre utilité vis-à-vis de la société.

Le capitalisme s’est toujours réfugié sous la notion de « risque » pris par les investisseurs. Le bénéfice serait donc une récompense sur la prise de risque. Le fait qu’une prise de risque puisse être rémunérée est sujet à discussion. Mais prenons-le comme acquis.

Si je participe, avec mille personnes, à une loterie dont le premier prix est la cagnotte globale, ma chance de gagner est de une sur mille et mon gain est de mille fois ma mise. On constate donc que mon gain est directement proportionnel à mon risque, ce qui semble intuitivement juste et se pratique dans les casinos ou sur les champs de courses.

Mais si la cagnotte est augmentée via l’argent issu du travail d’autres personnes, si plusieurs tickets sont marqués gagnants à un certain degré, mon gain augmente et mon risque diminue. Mieux : grâce à des algorithmes très puissants et très rapides, je peux déterminer quels sont les tickets les plus gagnants et les acheter/revendre en une fraction de seconde. À ce stade, mon risque devient virtuellement nul pour peu que j’aie assez d’argent pour spéculer dans plusieurs loteries à la fois.

Plus on a d’argent, plus il est facile d’en gagner sans rien faire d’utile.

L’expression « faire travailler son argent » signifie, en réalité, faire travailler ceux qui remplissent la cagnotte pour laquelle je me suis contenté d’acheter un ticket.

Ce simple constat augure d’une crise très profonde au sein de la société. Les riches ne peuvent que devenir plus riches. C’est mécanique, inéluctable dès qu’ils passent le stade où ils sont en mesure de payer des financiers compétents pour s’occuper de leur patrimoine.

Réfléchissons une seconde : qu’ont fait pour nous ces investisseurs, ces traders, ces financiers, ces géants bancaires ? En quoi nous sont-ils utiles ? Trouvons-nous normal qu’ils gagnent des milliers de fois plus que tout les services qui nous sont utiles ou agréables au quotidien ?

Mais même à court terme, l’effet financier est délétère. En effet, les acheteurs du ticket de loterie certifié gagnant exige toujours plus de cagnotte, toujours plus de gain. Cette vision à très court terme empêche toute stratégie, tout développement correct. À tel point que des entreprises géantes, comme Dell, annoncent se retirer de la bourse.

L’idée commence à faire son chemin : la bourse est un instrument devenu tout à fait nuisible qu’il faut supprimer.

Cela vous semble absurde ? Impossible ? Exagéré ? C’était également le cas pour les brevets il y a quelques années. Pourtant, les esprits changent.

L’argent est un magnifique outil pour récompenser ceux qui nous sont utiles et qui nous font plaisir. Tentons tout simplement de leur faire parvenir directement cet argent, sous forme deFlattr, de bitcoins, de dons, de paiements directs tout en évitant autant que possible la nuée de sangsues qui n’ont rien fait pour nous si ce n’est acheter un ticket le loterie…

>>> Source sur : http://ploum.net/post/le-probleme-avec-largent

Comme un jardin d’Éden

Comme un jardin d’Éden

Monnaie Libre reçoit dans cet épisode (du 20 février 2013) le blogueur Thierry Crouzet, ingénieur, journaliste, auteur à répétition d’essais, de nouvelles et de romans traitant d’internet, de la complexité, de la liberté. En 2012 il avait débranché. En 2013 il revient plus branché que jamais et vient de commettre un post percutant « Le revenu de base comme jardin d’Éden » dans lequel il explique sa vision du code monétaire privateur comme incompatible avec un code monétaire libre, et il cite en exemple le projet OpenUDC.

L’émission nous entraîne ainsi dans la discussion sur les codes démocratiques, les travaux d’Etienne Chouard, les évolutions des communautés des logiciels libres, les modes de gouvernance, mais aussi les semences végétales privatrices, et plus généralement les points aveugles irréductibles inhérents aux systèmes complexes. Un feu d’artifice avec toute l’énergie voulue !

crouzet

Thierry Crouzet

>>> Le blog de Thierry Crouzet
>>> Musique Creative Common by sa « lovely » de Tryad.
>>> Générique GNUArt « no more dreams » de nighter

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