Après l’effort, le réconfort

Après l’effort, le réconfort

Nous ne devons pas avoir peur que l’automatisation nous prenne nos emplois, mais nous en réjouir. Si l’emploi disparaît, nous pourrons nous occuper de choses plus importantes: le travail choisi et du vrai temps libre !

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Les emplois ne disparaissent pas : plus de personnes sont employées qu’elles ne l’ont jamais été au cours de l’histoire. Mais la nature des emplois se modifie, et de nombreuses catégories d’emploi se délocalisent des pays riches vers les pays plus pauvres. Parmi les emplois disponibles, de plus en plus paient de moins en moins, de plus en plus sont précaires ou ne mènent nulle part, sur le plan professionnel, ceux qui les occupent.

La crise de l’emploi en Europe n’est pas liée à l’automatisation : si les progrès technologiques, dont l’automatisation, ont délocalisé certains emplois, d’autres ont également été créé. La crise est davantage la conséquence d’une transformation de l’économie mondiale.

Quand les néolibéraux ont mis la main sur l’orientation des politiques économiques et sociales, dans les années 1980, les politiques libérales ont ouvert un marché mondialisé. Presque du jour au lendemain, l’offre mondiale d’emploi a été multipliée par trois et plus d’un million de travailleurs chinois, indiens et autres sont rentrés en compétition avec les Européens et autres ressortissants des pays riches.

Au fur et à mesure que l’Europe assouplissait son marché du travail, et du même coup le rendait moins protecteur pour les nouvelles masses précaires, elle entraînait une pression à la baisse sur les salaires, les avantages salariaux des entreprises et les recettes publiques financées par le travail. Les gouvernements savaient que la libéralisation de l’économie creuserait les inégalités et aggraverait l’insécurité économique de millions d’actifs. Ils étaient face à deux voies possibles.

Ils auraient pû décider que ceux qui reçoivent un revenu du capital, issu des profits et des marchés financiers, qui sont les principaux bénéficiaires de la libéralisation, partageraient les recettes avec le reste de la société, ce qui aurait endigué l’émergence d’une plutocratie de milliardaires. Mais les gouvernements ont opté pour la signature d’un pari à la Faust avec leurs citoyens. Pour maquiller les revenu fléchissants, ils ont financé une orgie consumériste à coup de prêts à la consommation et crédits bon marché, de plans de soutien à l’emploi et de crédits d’impôts. Mais en 2008, la fête a pris fin, comme il se doit lorsque l’on signe un pacte avec le diable.

La suite de l’histoire ? La contestation sociale

Depuis , tous les pays nouvellement entrés dans l’ère de l’austérité ont effectué des coupes budgétaires à mettre votre voisin à la rue, coupant dans les salaires, les allocations et les protections sociales, chaque pays essayant d’être plus compétitif que les autres.

Pendant ce temps une grande convergence voit le jour, entre les marchés du travail des économies émergentes, où les salaires et revenus de solidarité augmentent, et les pays riches où le déclin des acquis sociaux s’accélère. Le salaire réel moyen en Europe, au japon et en Amérique du Nord ne reverra pas un niveau ne serait-ce que similaire à leur apogée. La situation de certains travailleurs va s’améliorer, mais le revenu moyen de la majorité va baisser.

pauvreteCette catégorie grandissante, le précariat, doit faire face à un avenir où les emplois ne rapporteront qu’un maigre salaire tandis que la rente du capital rapportera de plus en plus à ceux qui en possèdent. Et si les systèmes de sécurité sociale au sens large (mutuelles, avantages des comités d’entreprise, allocations d’État conditionnées au revenu), s’enfoncent dans leurs erreurs du XXième siecle, le précariat va se trouver confronté à une insécurité économique croissante. L’indignation s’étend, et des troubles sociaux vont suivres.

Il existe une alternative, cependant il faudra nous battre et admettre que la plupart d’entre nous risque de rejoindre le précariat ou de voir des proches ou des amis y tomber. Il faut refonder la protection sociale sur le principe que chacun a droit à une sécurité économique minimale, c’est-à-dire un revenu de base inconditionnel qui permette de survivre dignement. Il existe trois objections courantes à cette proposition.

Certains disent qu’on ne peut pas le financer ; c’est faux. On offre d’énormes subventions aux corporations, à la classe moyenne supérieure et à des groupes de pression, ce qui coûte bien plus cher que d’offrir à tous un revenu de base mensuel. De plus, après le crash financier, les États ont offert des milliards pour sauver les banques, permettant aux banquiers de reprendre leur mode de vie et d’activité dépensier. Ils auraient pu plutôt octroyer à leurs citoyens un revenu mensuel modeste, ce qui aurait réveillé la croissance bien plus efficacement.

L’évolution vers un revenu de base devrait également s’accompagner de la création de fonds souverains sous contrôle démocratique, comme le Alaska Permanent Fund ou le Norwegian Fund. Les économies industrialisées deviennent des économies de rente (une grande partie de leurs revenus viennent de l’étranger), il faut donc un mécanisme pour rassembler certains des revenus du capital et des multinationales qui profitent des ressources rares dont elles ont le contrôle.

Moins de travail, plus de loisirs

Certains détracteurs du revenu de base disent qu’il offrirait aux gens “quelque chose pour rien”. C’est de l’hypocrisie : les riches reçoivent quelque chose pour rien chaque fois qu’ils héritent. Beaucoup de gens ont construit leur succès, non par leurs compétences extraordinaires, mais parce que les politiques mises en place successivement ont offert des récompenses astronomiques pour certains types de compétences.

Il existe aussi une réponse éthique à cette objection, provenant des réflexions de Thomas Paine. La richesse de la société dépend bien plus des contributions apportées par nos ancêtres que de ce que nous faisons nous-mêmes, mais l’on ne peut pas dire quels sont les ancêtres qui ont contribué en quoi : mes ancêtres ou ceux de mon voisin ? En tant qu’héritiers, il serait juste que nous recevions tous une part des bénéfices de leur investissement collectif : une sorte de dividende socialisé.

Des critiques disent qu’un revenu de base favoriserait la paresse. C’est une insulte à l’Humanité : presque tout le monde veut s’améliorer et ne se contenterait pas d’un revenu de base, et s’il y avait quelques oisifs, cela ne ferait rien. En effet cela coûterait plus de les identifier et de les forcer à travailler que de les laisser vivre.

Des psychologues ont montré que ceux et celles qui jouissent d’une sécurité de base sont plus altruistes, plus tolérants et plus productifs.

Un revenu de base nous permettrait de voir venir, ce que nous ne pouvons faire aujourd’hui. Il nous permettrait de donner plus d’importance et de respect au travail reproductif, qui pâtit aujourd’hui de la recherche d’emplois rémunérés. Aristote arguait que pour être civilisés, nous avons besoin d’aergia, de paresse, pour réfléchir, délibérer et prendre part à la vie politique. Nous avons également besoin de plus de temps pour nous occuper des autres, de notre communauté et de notre environnement.

Donc en deux mots : moins de travail, plus d’activité choisie et plus de vrai temps libre ! Le revenu de base permettrait d’accomplir ces objectifs.

Guy Standing


>>> Tribune de Guy Standing publiée en anglais sur The European Magazine.

>>> Crédit images: PaternitéPartage selon les Conditions Initiales liber(the poet) ; PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales yXeLLe ~@rtBrut~

>>> Traduction de l’anglais par Noélie Buisson-Descombes

>>> Source sur : http://revenudebase.info/2013/09/moins-de-travail-plus-de-temps-libre/

Le revenu de base, une solution pour les retraites

Le revenu de base, une solution pour les retraites

Le débat sur la réforme des retraites révèle un nouvelles fois les limites du fonctionnement actuel de l’état providence en France, et la nécessité de réfléchir au revenu de base.

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L’actuelle réforme des retraites suscite des oppositions et des interrogations sur son bien fondé. Est-ce que cette réforme ne va pas amplifier les problèmes au lieu de les résoudre ? Dans un contexte où l’économie est en panne de croissance, ne vaut-il pas mieux s’orienter vers une formule qui propose un changement fondamental de la société ? En s’appuyant sur l’aspect qualitatif des potentiels humains plutôt que de continuer dans des mesurettes anxiogènes qui créent de la pauvreté et de la précarité ?

Est-ce que ça ne serait pas judicieux de profiter des crises structurelles de l’économie pour mettre en place cette mesure ?

Actuellement, nous nous trouvons dans une double problématique contradictoire : Nous avons à la fois de plus en plus de mal à financer les retraites mais aussi à accéder à un plein emploi. Ce qui provoque un paradoxe.

La solution actuelle au problème des retraites est à la fois l’allonger le temps de cotisation mais aussi de retarder le départ de la vie active. On est ainsi passé de moins de 37 ans de cotisation à plus de 43 ans (réforme en cours). Et de 60 à 67 ans pour ceux qui n’auront pas pu cotiser pleinement.

Nous aurons donc de plus en plus de seniors sur le marché du travail tout en sachant que c’est la tranche d’âge la plus fragile et la plus sujette au chômage. En gros, nous avons de la difficulté avec l’emploi des plus de 50 ans et nous allons en rajouter avec les plus de 60 ans.

Un taux de 1,5% minimum par an de croissance économique est nécessaire pour absorber les travailleurs victimes des gains de productivités créés par les entreprises grâce à l’automatisation et à l’optimisation des tâches. Ce taux est désormais inatteignable. Les plus optimistes parient sur une croissance de 0,7% pour les 20 prochaines années. Il faudrait en plus que l’économie absorbe tout une classe d’âge entre 60 et 67 ans ?!?

Double peine pour les précaires

Tout en sachant que si ils ne travaillent pas, ils ne cotisent pas. Ce qui ne va donc pas arranger la situations des caisses de retraites, mais va créer pour les intéressés une double peine : une précarité qui va s’ajouter à leur précarité. En effet, puisque ne cotisant pas ou peu, ils partiront plus tard à la retraite, souvent avec un revenu minimum, ce qui créera une nouvelle classe de pauvre : les seniors. Les inégalités s’accentueront.

Dans le schéma du travail salarié n’est pas pris en compte l’activité bénévole, sous médiatisée et dévalorisée. Pourtant de nombreuses activités bénévoles sont utiles, voire indispensables au bon fonctionnement de notre société. Mais dans le même temps, de nombreuses activités salariés ne sont pas utiles à la société comme le relève l’anthropologue David Graeber dans son article sur les « bullshit jobs » dont nous avons publié une traduction sur ce site.

Les retraités en bonne santé se sont littéralement engouffrés dans l’associatif et le bénévolat. Beaucoup de personnes commencent ainsi leur « véritable vie » d’après leur dire, à partir de la retraite car leurs revenus ne sont plus indexés à leurs activités. Les retraités actifs sont devenus une véritable force vive de la société.

Une autre voie que celle de créer un appauvrissement de l’activité par l’allongement des cotisations et le recul des départs à la retraite est possible : C’est le revenu universel de base.

La mise en place de ce revenu permettrait à la fois de résoudre le problème des retraites par un revenu moins cher à financer et plus égalitaire, mais aussi de résoudre le plein emploi qui coute chaque année à l’état des dizaines de milliards d’euro sans améliorer les conditions de vie en général.

La mise en place du revenu de base permettrait aussi de supprimer le clivage inter-générationnel entre actifs et retraités. Il permettrait ainsi de redistribuer activité et revenu de manière plus équitable en prenant compte la préservation des écosystèmes et l’amélioration du cadre de vie.

Les modalités de financement du revenu de base sont multiples. Elles ont été étudiées par différents économistes de droite comme de gauche. La campagne actuelle pour l’initiative citoyenne européenne pour le revenu de base est donc aussi l’occasion pour les citoyens d’amener une solution aux financement retraites.


>>> >>> Article initialement publié sur AgoraVox | Crédit photo: Paternité Stan Jourdan

>>> Source sur : http://revenudebase.info/2013/09/revenu-de-base-une-solution-pour-les-retraites/

 

 

Pourquoi vous êtes, sans le savoir, favorable au revenu de base

Pourquoi vous êtes, sans le savoir, favorable au revenu de base

Pourquoi vous êtes, sans le savoir, favorable au revenu de base

Pensez-vous qu’il soit acceptable de laisser un humain mourir de faim ? À l’heure où l’humanité produit plus de richesses que jamais, je suis convaincu que la société se doit d’être solidaire avec ceux qui sont dans la difficulté. Le degré d’aide que la communauté doit apporter à ses déshérités varie certainement selon votre opinion politique ou philosophique mais nous pouvons certainement nous entendre sur un socle commun. Un minimum auquel chaque être humain doit avoir droit, quelles que soient les difficultés auxquelles il est confronté : de la nourriture, un logement, des vêtements. J’entends les geeks du fond crier « Et un accès Internet ».

Dans le pays où je vis, cette solidarité existe principalement sous la forme du chômage. Il est en effet considéré comme acquis que le seul moyen de subvenir à son existence est de travailler. Ceux qui ne travaillent pas n’ont pas de salaire et l’état leur fournit un remplacement, du moins s’ils prouvent qu’ils aimeraient travailler.

Le problème du chômage

Le chômage pose un problème fondamental qui est emblématique de notre société. Imaginons une personne qui, dans sa situation, peut obtenir un chômage de 1000 €. Cette même personne trouve un travail qui lui permet de gagner 1500 € par mois. Pour le travailleur, la différence entre le travail et le chômage est donc de 500 €. En vérité, elle n’est donc pas payée 1500 € mais bien 500 €. C’est en tout cas sa perception.

De l’autre, nous avons l’entreprise qui emploie cette personne. Afin de payer 1500 € par mois à l’employé, elle doit verser un salaire brut de 2500 €. Sans compter les lois sociales, les charges patronales, les assurances. Au total, l’entreprise paie donc 4000 €. Comme l’employé coûte également au quotidien (remboursements de frais, café, chauffage, électricité, eau), l’entreprise ne l’emploie que si son travail rapporte au moins 5000 € par mois.

Je simplifie mais l’échelle de grandeur est plus ou moins exacte : l’employé va produire 5000 € de travail mais n’en verra que… 500€ ! Si l’employé désire travailler à temps partiel, par exemple pour se consacrer à sa famille, il risque de toucher moins que le chômage à temps plein (situation réelle que je tiens de première main). Pour le patron, c’est encore pire vu que pour obtenir de l’employé la moitié du travail, il va devoir payer près de deux tiers d’un salaire normal. Ce n’est pas étonnant que le temps partiel soit si peu répandu !

Au total, l’employé et l’entreprise sont tous deux perdants. Mais qui est le gagnant ? Le gagnant est tout simplement l’État qui grossit et qui consomme une énorme quantité d’argent pour… mettre en place des administrations afin de vérifier qu’une personne a bien remplit les quinze formulaires qui prouvent qu’elle bénéficie du chômage. Une administration où l’on emploie des milliers de personnes pour tenter de faire trouver du travail à quelques autres. En désespoir de cause, on proposera aux chômeurs qui ne trouvent rien depuis des années de… devenir formateurs dans la recherche d’emploi auprès des autres chômeurs (situation réelle que je tiens de première main).

Le chômage remplit-il ses objectifs ?

Bref, une solution loin d’être idéale mais peut-être est-elle au moins efficace ? Pas vraiment… L’administration est tellement complexe que certaines personnes dans des situations précaires se voient exclure du chômage. D’autres s’en sortent tellement bien dans les rouages qu’ils touchent l’argent et vont vivre confortablement une partie du temps dans un pays où la vie est moins chère tout en respectant scrupuleusement la loi et les règles (situation réelle que je tiens de première main).

Les chômeurs sont donc stigmatisés en « profiteurs ». Comment pourrait-il en être autrement, ils gagnent à peine moins qu’un employé de supermarché qui travaille neuf à dix heures par jour et rentre chez lui exténué ?

Or le travail se fait rare. Pourquoi devrait-on en créer ? N’est-ce pas un succès de l’humanité que d’arriver à diminuer le travail ? Le chômage pousse à la création d’un travail artificiel, il encourage le creusage/rebouchage de trous, il permet à certains de jouer avec le système et exclut définitivement certains nécessiteux. Pire, pour certains travailleurs le chômage décourage d’entreprendre le moindre travail vu que travailler ne fait pas toujours gagner plus. Pire, il peut vous faire perdre vos allocations. Le postulat de départ d’être un outil pour fournir à chaque citoyen le minimum vital semble donc loin d’être atteint.

Simplifions le tout

Vous vous doutez bien que si je dénonce cette situation, c’est que j’ai une solution. Reprenons le problème initial : fournir à chaque citoyen le minimum vital. Eh bien voilà ! Elle est là la solution ! Il suffit de fournir à chaque citoyen un revenu minimal auquel il a droit quelle que soit sa situation. N’est-ce pas merveilleusement simple et élégant ?

Ce principe s’appelle le revenu de base ou revenu inconditionnel. Il est étudié et même recommandé par de nombreux économistes depuis des décennies. Il a l’immense mérite de simplifier notre vision de la société et de l’économie. Si, par exemple, le revenu de base est de 1000 € par mois, votre patron vous proposera un salaire de 500 € pour que vous ayez un total de 1500 €. Plus d’inégalités, plus de stigmatisation entre travailleurs et chômeurs. C’est également un grand promoteur du travail à temps partiel. Un mi-temps ? 250 € au lieu de 500 €, c’est parfaitement honnête, logique et compréhensible par tous.

Oui mais…

Je sais que l’idée fait peur. Après tout, elle chamboule des fondamentaux de notre société et notre éducation. Elle fait descendre le dieu travail de son piédestal.

Le coût, tout d’abord, semble très important pour l’État. Mais plusieurs simulations montrent que la simplification qui s’ensuivrait serait, au contraire, bénéfique (liens bienvenus). Imaginez en effet le nombre de primes, d’aides diverses, de revenus artificiels qui peuvent être supprimés si l’on postule un revenu de base ! Tout cela va de pair avec la réduction administrative. Beaucoup semblent également craindre l’arrêt total de l’économie car plus personne ne voudrait travailler.

Là, je vous arrête : le revenu de base est, comme son nom l’indique, une base. Demandez autour de vous qui serait prêt à arrêter de travailler et ne gagner qu’un revenu de base, c’est loin d’être la majorité. La diminution conséquente des salaires entrainera également les entreprises à embaucher plus facilement. Bref, cela relance notre économie.

Au final

Vous n’êtes toujours pas convaincu ? Réfléchissez sur le principe fondamental, imaginons que vous arriviez à mettre en place un chômage idéal qui n’exclut personne sauf les profiteurs qui n’en ont pas besoin. Cela parait utopique mais admettons.

Vous savez quoi ? Vous venez en fait de mettre en place l’équivalent d’un revenu de base. Un système ou tout le monde touche le minimum vital quoi qu’il arrive. Tout ce qu’on peut reprocher au revenu de base est, en fait, intrinsèque à tout système solidaire avec les plus nécessiteux.

Sauf que votre système est infiniment plus compliqué et plus coûteux. Il demande de mettre au travail une armée de personne (les fonctionnaires) qui sont payées par les impôts prélevés sur les salaires. Cela engendre donc un fort sentiment d’injustice auprès des travailleurs et cela plombe l’économie  à cause des charges salariales.

Le chômage, ou tout système de solidarité est, quand on y pense, une variation plus ou moins complexe autour du revenu de base. Si, comme moi, vous pensez qu’un être humain devrait avoir un toit et de quoi manger, vous êtes sans le savoir en faveur du revenu de base.

Il ne nous reste plus qu’à convaincre nos représentants.

Si vous êtes citoyen européen, prenez quelques secondes pour signer, c’est important et cela obligera le Parlement européen à débattre du revenu de base. Un million de signatures sont nécessaires et on est encore loin du compte. Faites suivre à vos amis, vos connaissances, sur les réseau sociaux. Par votre signature, vous ne vous engagez pas à soutenir le revenu de base : vous demandez juste à ce qu’il soit à l’ordre du jour du parlement européen. Même si cela vous parait utopique ou irréaliste, l’important est d’ouvrir le débat et d’élargir le champ des possibles.

>>> Photo par B.C. Ministry of Transportation and Infrastructure

>>> Source sur : http://ploum.net/pourquoi-vous-etes-sans-le-savoir-favorable-au-revenu-de-base/

Le Revenu de Base : convergence vers une unité monétaire libre

Revenu de Base : convergence

Un système monétaire basé sur un RdB fait converger les différences économiques sans besoin d’établir une course fiscale entre un lièvre et une tortue. Démonstration en vidéo :

Une unité monétaire libre : le Revenu de Base

Suite à la vidéo précédente qui expliquait quantitativement le phénomène de convergence, nous abordons dans cette nouvelle vidéo l’approche relativiste complète qui consiste à changer d’unité monétaire pour passer à l’unité relativiste : le Revenu de Base.

On peut noter cette unité monétaire RdB, mais si on veut faire référence à une masse monétaire précise, et donc aussi aux citoyens concernés par leur monnaie commune, je propose de la noter sous la forme suivante : B suivi du nom de la monnaie positionnée en indice.

 

Revenu de Base : le quantitatif et le relatif

Pour conclure sur les notions de convergence et d’unité monétaire libre vues dans les posts précédents, une vidéo qui reprend rapidement les concepts abordés en établissant la simple différence de référentiel entre le quantitatif et le relatif, et l’enrichit d’un exemple comportant un échange économique monétisé, où l’on découvre visuellement la parfaite symétrie temporelle entre les acteurs d’une monnaie libre.

On y comprend tout aussi aisément que sans rien prendre à personne, et bien que le crédit soit immuablement alloué à tout homme présent ou futur, que l’on obtient qu’il n’y a aucune inflation possible en comptabilité relative.

Clic droit pour télécharger la vidéo

Enfin, en téléchargement, le fichier Libre Office calc ayant été utilisé pour réaliser cette vidéo, afin que vous puissiez l’utiliser pour travailler le sujet.

>>> Sources & plus d’infos :

Revenu de base : Revenu primaire ? pour quel montant ?

Le revenu de base est-il un revenu de solidarité ou un revenu primaire ?

Les prestations comme le RSA sont souvent comprises comme des revenus de solidarité destinés aux plus pauvres. Mais le revenu de base que nous appelons de nos vœux est-il vraiment de la même nature ? Carlo Vercellone et Jean-Eric Hyafil avancent les justifications du revenu de base comme « revenu primaire ».

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Puisque le revenu de base est pour nous un droit assurée par une société (un Etat) à destination de ses membres — au même titre que le droit à l’éducation, à la sécurité, au vote — dès lors le revenu de base ne saurait être entendu philosophiquement comme un revenu de solidarité, mais plutôt comme une « revenu primaire », nécessairement détaché de toute référence au travail salarié.

(…)

Pour autant, il nous faudra répondre à ceux qui pensent que le droit au revenu ne peut être dissocier du devoir de travailler. Et lorsqu’ils parlent de travail, ils pensent évidemment au travail qui donne lieu à rémunération, et donc principalement au travail-emploi au sens de André Gorz, et ils n’envisagent pas d’autres formes de travail qui pourraient ne pas donner lieu à rémunération. Quels sont les fondements économiques du revenu de base qui en font un revenu primaire ?

(…)

La redistribution de la rente associée à la monnaie

Enfin, pour un certain courant, le revenu de base est avant tout l’output d’une réappropriation citoyenne de la monnaie. Pour des auteurs comme Stéphane Laborde ou Gérard Foucher, le fait que la création monétaire se fasse actuellement uniquement par la distribution de crédits par les banques permet à ces dernières de s’octroyer une rente illégitime : l’intérêt sur de l’argent qu’ils ont créé. Ils proposent alors une forme de création monétaire qui serait à la fois plus juste et moins destabilisatrice, le dividende monétaire : il s’agit de créer la monnaie en la distribuant directement aux citoyens, plutôt que de compter sur les banques pour accroître la masse monétaire par le crédit.

Encore une fois, le revenu de base n’est non pas ici un revenu de solidarité, mais bien un revenu primaire, associé au bien commun que constitue la monnaie et à la répartition équitable du droit sur ce bien.

Le revenu de base est un revenu primaire : osons le défendre comme tel !

Le revenu de base, qu’il soit compris comme l’expression d’une répartition égalitaire de la rente associée à un patrimoine naturel commun, à un héritage industriel et scientifique ou à la création monétaire, ou encore comme la rémunération de nos activités productives qui ne peuvent s’inscrire dans le cadre restreignant du salariat, ne peut donc être compris comme un revenu de solidarité. Il est un revenu primaire et il faudra se battre dans les médias et dans l’opinion publique pour qu’il soit compris comme tel.

Quel montant pour le revenu de base ? Éléments pour un débat

Le montant du revenu de base est une question qui divise ses partisans et suscite un débat très vif. Jean-Éric Hyafil et Amaru MBape proposent un cadre d’analyse afin de débattre plus sereinement de ce sujet.

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André Gorz souhaitait un revenu de base suffisant pour vivre, ou plutôt suffisant pour « permettre de refuser [un] travail ou [des] conditions de travail « indignes » ou encore pour développer une activité autonome.

Un revenu de base respectant un tel critère de choix est intéressant à plusieurs titres. Il permet d’envisager une amélioration du rapport de force employeur/employé. Il met l’accent sur les notions d’autonomie et d’épanouissement comme fondements du sens donné au travail, et non sur la seule subsistance autorisée par un salaire. Il peut ainsi conduire au développement de modes de production alternatifs (auto-production, coopératives ouvrières et coopératives municipales, économie sociales et solidaire, économie collaborative…) et favoriser l’émergence d’une sphère de la gratuité et de la convivialité.

Cependant pour certains, un revenu de base trop élevé risquerait de ‘désorganiser’ notre économie. Mais au-delà de quel montant le revenu de base risque-t-il d’être destabilisateur ? Choisissant une approche pragmatique – sans négliger l’importance intrinsèque d’un revenu de base suffisant au sens gorzien – ce texte vise à donner quelques éléments d’analyse pour estimer quelle pourrait être cette borne supérieure que le revenu de base ne devrait pas dépasser, sans toufefois proposer de montant défini.

>>> Sources & suites & plus d’infos sur :

 

 

Réflexions sur l’économie de l’essaim à venir

Réflexions sur l’économie de l’essaim à venir

Le modèle industriel d’une carrière avec un seul et même employeur à vie est en train de mourir. Il ne reviendra pas. Le premier indice était le passage du mariage à vie à un poste vers son équivalent «monogamie en série», où l’on change de boulot tous les trois ans maximum. L’étape suivante du changement, qui se déroule déjà de nos jours, c’est quand les gens ont plus d’un emploi (ou ce qui équivaut à un emploi) en même temps : c’est un changement majeur de la société, où les gens vont jongler entre cinq et dix projets à la fois, certains pour le plaisir, certains pour gagner sa croûte, parfois pour les deux. J’ai appelé ça l’émergente économie de l’essaim.

L’économie de l’essaim ne traite pas des petits détails de notre actualité. Ce n’est pas à propos de bitcoin. Ce n’est pas à propos de la fraude dans le système bancaire, ce n’est pas à propos des échanges de fichiers en pair-à-pair, ce n’est pas à propos du revenu de base. Pas pris à part, en tout cas. L’économie de l’essaim c’est tout ces sujets combinés, et bien bien plus.

Nous voyons déjà comment les gens ont des projets persos à côté de leur emploi (unique), ainsi que des projets qui de temps en temps vont et viennent dans la vie de quelqu’un alors qu’ils changent de travail et de situations personnelles. Avec l’augmentation de la connectivité, on peut s’attendre à ce que cette tendance s’accéléré jusqu’au point où la plupart des gens auront cinq a dix projets en cours, certains payés et d’autres non, plutôt que d’avoir un travail «quotidien».

Cette évolution – passer d’un emploi par personne à cinq à dix projets par personne – change fondamentalement plus la société que quelqu’un qui «fasse un extra» ou «ait deux boulots». C’est une fin précise à l’économie industrielle. Voici quelques changements que cela implique, tous pouvant déjà être observés ici ou là dans le secteur informatique:

  • La fin des lieux de travail fixes. Les gens travailleront où ils voudront, typiquement depuis des cafés ou autres tiers-lieux. «Aller au bureau» n’existera plus comme un concept, à l’exception de quelques services à la personne.
  • La fin des horaires de travail. Les gens ne travailleront plus non seulement d’où ils veulent, mais aussi quand ils le veulent – ou en concordance avec l’équipe sur un projet commun. Les fuseaux horaires s’assureront qu’il n’y aura pas d’horaires de bureaux puisque les gens coopéreront depuis l’Europe, l’Amérique du Nord et du Sud, la Chine, l’Inde, l’Australie, et ainsi de suite, tous au même moment.

Il y a bien plus de conséquences similaires telle que la disparition des «boulots d’une journée». Cela signifie une décentralisation massive de la prise de décision pour soutenir l’économie – voilà pourquoi je la nomme économie de l’essaim. C’est intéressant de la comparer aux concepts antérieurs.

Le capitalisme, quand il fonctionne, est supposé distribuer les ressources de manière optimales grâce à la décentralisation des décisions. Diverses formes de corruption ont détourné des lois et des marchés qui se nomment eux-mêmes capitalistes mais qui concentrent les ressources là où elles sont déjà rassemblées – «rendant le riche plus riche», et faisant du capitalisme un mot détestable – mais dans mon esprit, au moins l’idée de décision décentralisée résonne fortement avec les idéaux pirates.

Toutefois, le modèle capitaliste a échoué à prédire ce qui s’est déjà produit. Dans un modèle capitaliste, Linux et Wikipédia – 10 000 volontaires qui s’unissent pour créer un produit de manière bénévole, et où le produit est si incroyablement bon qu’il dépasse les meilleures alternatives commerciales – n’arrive simplement pas. Mais ça s’est déjà produit. C’est possible dans la pensée de l’économie de l’essaim.

En même temps, l’entrepreneuriat est une valeur très forte dans les idéaux pirates. Nous apprenons en faisant et ne demandons par la permission quand nous décidons d’arranger quelque chose. Nous attendons des gens de prendre des initiatives de leur propre gré s’ils sont insatisfaits par quelque chose, et nous voulons promouvoir cette prise de risque.

Nous savons que la communauté ne fait pas que tolérer la prise de risque mais en plus la promeut activement, est la communauté qui sort par le haut. Par contraste, une communauté ou une société où les gens ne peuvent pas se permettre de perdre leur position actuelle est une communauté sans entrepreneurs et sans innovation.

Cela mène à l’argument le plus logique pour le Revenu de Base Universel jamais trouvé : la société dans sa globalité bénéficie d’un environnement favorisant la prise de risque. Et, si vous pouvez proposer un mécanisme où chacun peut tester n’importe quelle idée idiote de commerce sans risquer de s’endetter ou de devenir SDF, plus de gens innoveront et prendront des risques… ainsi la société utilisant ce mécanisme aura un avantage compétitif.

J’imagine un Revenu de Base Universel qui remplacerait tous les minima sociaux, un revenu inconditionnel, qui suffirait à la location d’un T1, dans la banlieue proche d’une ville qui en vaille la peine, ainsi qu’aux frais de nourriture et au minimum nécessaire pour démarrer leur nouvelle entreprise. Imaginez un gros bouton rouge de «réinitialisation économique», qui permettrait de repartir à zéro suite à l’échec du lancement d’une startup. Vous vous retrouvez dans un studio, à portée de navette d’une métropole, en conservant l’équipement nécessaire pour vous lancer sur votre projet suivant, prêt à repartir sur les chapeaux de roue. De plus, rien n’empêcherait deux ou plusieurs personnes de rassembler leur revenu de base, pour améliorer par exemple leur cadre de vie, etc… En pur bonus, ce combat pour une compétitivité à long terme résoudrait également un certain nombre de problèmes sociaux, tels que celui des sans-abris. (Les lecteurs de Reddit savent que l’on peut être sans domicile fixe un an ou deux, et se relever, parfois en lançant une société prospère.)

Ces mécanismes (la faillite personnelle et la sécurité sociale) existent déjà en substance. Le RBUrendrait plus simples et rapides les processus permettant le retour à la création d’entreprise.

L’on peut se demander si le Parti Pirate, et si ces observations et tendances sont une politique de gauche ou de droite. Mais c’est sans intérêt : l’échiquier gauche-droite est basé sur l’économie industrielle, or ces idées se basent sur l’observation que l’économie industrielle se dissout. Cela n’a aucun sens d’essayer de placer les conséquences du système émergent à l’intérieur du modèle qu’il remplace et rend obsolète.

Malgré ce, on peut observer que ces idées sont au moins compatibles avec le libre marché capitaliste et avec le socialisme, avec une préférence pour un marché fort et non-régulé et de très forts avantages sociaux. Néanmoins la base de nos convictions ne sont ni le «marché libre» de l’ère industrielle ni le «modèle social» de l’ère socialiste : c’est l’idéal de «décentralisation des décisions» du logiciel libre associé à l’idéal de «promotion de la prise de risque et optimisation pour la compétitivité» de l’open-source. Il se trouve qu’ils partagent les mêmes champs politiques, mais viennent de convictions entièrement différentes basées sur l’économie de l’essaim et non sur l’économie industrielle.

Évidemment, beaucoup d’intérêts investis résisteront à ce changement. Les syndicats de travailleurs, en particulier, le détesteront malgré le fait qu’enfin cela «libère le travailleur des menottes du capital», comme ils le diraient dans leur idéologie. La raison pour laquelle les syndicats de travailleurs le combattront bec et ongles, c’est que ce changement les rendra instantanément obsolètes. Lors des dernières décennies leur propre pouvoir leur est devenu plus important que de parvenir leurs buts.

Voyons si les Canutes contemporains peuvent ordonner à la marée de ne pas monter.

>>> Source sur : http://politiquedunetz.sploing.fr/2013/09/reflexions-sur-leconomie-de-lessaim-a-venir/

>>> Ecrit par  Falkvinge / traduit par  Amok, Farlistener, Pouhiou et VictorToulouse

Le revenu de base pour réconcilier l’art et la société

Le revenu de base pour réconcilier l’art et la société

Pour être reconnu comme un « vrai » artiste, faut-il ne faire que ça ? Recevoir des subventions ? Pour le metteur en scène Pierre-Jérôme Adjedj, la transformation amenée par le revenu de base rendra caduques ces questions, libérant l’expression de la créativité, que ce soit pour une oeuvre ou pour la vie.

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Il m’est souvent arrivé de regretter chez nombre de mes collègues du spectacle vivant le manque d’appétit, affiché ou profond, pour la chose politique. Certes il est toujours de bon ton de truffer les notes d’intention et les programmes de salles d’arguments vibrants expliquant la portée politique de tel projet, puisqu’il « parle de la société d’aujourd’hui » . Pour autant, dans les faits, le rapport à la politique et l’impertinence qui l’accompagne s’éteint bien souvent au seuil de l’institution, pour qui la ligne de carrière d’un artiste suit de plus en plus souvent la couture de son pantalon, et il devient parfois difficile de parler politique dans un milieu où (presque) tout le monde est « évidemment » de gauche.

J’aurais pu choisir de développer, à partir de ce constat de départ, tout un propos sur l’éducation populaire, mais je serais vite tombé dans la paraphrase de Frank Lepage et de ceux qui, avec lui, ont magnifiquement développé les réflexions récentes sur ce sujet. Non, ce qui motive cet article est un sujet qui, a priori n’a aucun rapport avec l’art: le revenu de base ou allocation universelle.

La première chose qui vient à l’esprit quand on parle d’argent et d’artistes en France, c’est le statut d’intermittent du spectacle. En lisant ce qui suit, les détracteurs de ce système et de leurs bénéficiaires ne manqueront pas de s’exclamer :

« ça ne leur suffit plus d’avoir un régime de privilégiés, maintenant ils veulent carrément être payés sans bosser ! ».

Mais je me dois d’apporter immédiatement deux précisions : par l’effet d’un choix qui découle de mon expatriation en Allemagne et non d’une perte de statut, je ne suis plus intermittent depuis plus de deux ans et suis donc extrêmement à l’aise avec le sujet. Et puis ce n’est pas une question d’argent. Ou pas que…

 

>>> Source & suite sur : http://revenudebase.info/2013/09/revenu-de-base-art-creation/ 

Article initialement paru le 22 août 2013 sur Le Tadorne.

Crédits photo: AttributionNoncommercial Eric Parker et Attribution Mumu Silva

“démocratie et monnaie”

“démocratie et monnaie”

Monnaie Libre n°10 avec Etienne Chouard

Dans cet épisode Monnaie Libre reçoit Etienne Chouard qui, depuis 7 ans et le référendum Européen de 2005, analyse explique et développe ses thèses qui démontrent l’aspect non-démocratique de nos institutions à commencer par la Constitution elle-même. Démontant les principes qui privent le peuple de toute souveraineté il propose une assemblée Constituante permanente, renouvelée par tirage au sort, brisant le lien incestueux entre les Constituants et les élus. Mais son analyse ne s’arrête pas là car elle comprend aussi le rôle fondamental que joue le pouvoir de création monétaire dans ce mécanisme politique ainsi que dans les biais qui conduisent à ce que nous appelons les « crises ».

« Une heure avec Stéphane (Laborde), c’est forcément trop court :)

J’ai toujours peur de vous mettre en overdose : vous allez finir par en avoir marre un jour, des antiennes d’Étienne :)

C’est l’occasion pour moi, de signaler le travail de Stéphane, original et stimulant, sur la création monétaire, ce qu’il appelle la « Théorie Relative de la Monnaie », TRM :
http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html.

Nous devrions réclamer —ou plutôt organiser nous-mêmes— des débats publics approfondis entre les tenants des différentes alternatives monétaires : notamment, le crédit social et le dividende universel du Major Douglas, le 100% Money de Fisher, la TRM de Stéphane, le revenu de base et la TVA sociale, l’écosociétalisme défendu par André-Jacques Holbecq, le salaire à vie et le financement de l’économie par la cotisation sociale de Friot, la monnaie fondante de Gesell défendue par Lietaer et d’autres, etc. : nous apprendrons beaucoup d’une controverse publique (respectueuse et bienveillante) entre ces résistants sur un sujet aussi décisif pour la prospérité générale : comment voulons-nous financer notre économie et nous protéger contre les accapareurs. »

Etienne Chouard

Etienne Chouard

 

 Monnaie Libre n°10 avec Etienne Chouard « démocratie et monnaie »; [ 1:15:11 | 59.42 MB ]Play in Popup | Download | diffusée sous Licence Creative Commons Attribution 3.0
 Monnaie Libre n°10 [ 1:15:12 | 68.84 MB ] Play in Popup | Download

 

>>> Sources & plus d’infos sur :

Comprendre sa fiche de paie #tuto #inculture

Comprendre sa fiche de paie #tuto #inculture

 

lepage tanguy fiche de paie

Ma femme a eu la joie de recevoir sa première fiche de paie depuis sa récente embauche. Et comme une grande majorité d’entre nous, elle n’y comprend rien.

Une bonne occasion de ressortir ce tutoriel de Franck Lepage et Gaël Tanguy qui t’expliquent avec pédagogie et un brin d’humour une vision pointue de la chose.

(la video devrait démarrer au bon endroit, si ce n’est pas le cas, se rendre à la 53eme minute)

La vidéo en entier / Une production de Le Pavé qui est une scop

>>> Source sur : http://jcfrog.com/blog/comprendre-sa-fiche-de-paie-tuto-inculture/

Chypre: décryptage du revenu minimum garanti

Chypre: décryptage du revenu minimum garanti

Le 26 juillet dernier, Chypre a dévoilé un programme visant à mettre en place un « revenu minimum garanti » d’ici à l’été 2014. Mais contrairement aux apparences, cette mesure diffère en de nombreux points de l’idée d’un revenu de base universel que nous défendons.

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Alors que le pays essaie de se remettre sur pied après un plan de sauvetage dramatique qui a secoué l’économie de la petite île, le Président Chypriote Nicos Anastasiades a fait une annonce surprenante pour un conservateur : il a promis que tous les citoyens du pays auraient droit, d’ici juin 2014, à un « revenu minimum garanti ».

En principe, le plan paraît intéressant : « Les bénéficiaires seront nos concitoyens qui n’ont qu’un revenu inférieur à celui permettant de leur assurer une vie digne, sans prendre en compte l’âge, la classe ou la situation professionnelle » a affirmé Anastasiades.

Le plan inclut aussi des mesures visant à rationaliser le système social et fiscal de Chypre. Ainsi le Président a-t-il précisé que  le programme serait « financé par des aides sociales distribuées par des ministères et différents services de l’Etat, qui ont auparavant été mal ciblées et souvent données arbitrairement. » Le principe a d’ailleurs été salué dans un second article du Cyprus Mail.

Quelques promoteurs du revenu de base se sont réjouis de la nouvelle : « Si le programme prend effet comme décrit, ce sera le premier vrai « revenu de base garanti » (RBG) au monde, tel que défini par le Réseau américain du revenu de base garanti» s’est enthousiasmé le site Basic Income News. Cet article a par conséquent connu un certain succès sur les réseaux sociaux.

Un bémol de taille

Malheureusement, une citation importante d’Anastasiades parue dans le Cyprus Mail est passée plus inaperçue :

« La seule condition préalable, mais absolument nécessaire, est qu’ils ne refusent pas les offres d’emploi et qu’ils s’impliquent dans les programmes de continuation de l’emploi déterminés par l’Etat »

Ce qui semblait être un grand pas vers un revenu de base universel s’avère en fait être une réforme rétrograde visant à forcer les gens à se présenter inlassablement sur le marché du travail, pour ne pas se voir retirer l’aide sociale. Et de fait, cela n’a finalement plus grand chose à voir avec le principe d’un revenu de base inconditionnel tel que défini par le Réseau Mondial du Revenu de Base (BIEN):

Un revenu de base est un revenu alloué à tous sur une base individuelle, sans condition de ressources ni nécessité de travail. C’est une forme de revenu minimum garanti qui diffère en trois points importants des mesures existant déjà dans plusieurs pays européens :

  1. Il est distribué aux individus plutôt qu’aux foyers ;
  2. il est alloué sans tenir compte des revenus provenant d’autres sources ;
  3. il est alloué sans condition de performance d’un travail ou d’acceptation d’un emploi s’il est proposé.

Bien que reconnaissant que la proposition était un « pas courageux dans la bonne direction », la jeune initiative citoyenne grecque pour un revenu de base pointe du doigt les défauts de cette proposition de revenu minimum, et notamment l’effet de stigmatisation et la trappe à pauvreté que la conditionnalité du revenu minimum garanti implique généralement :

Typiquement, si les bénéficiaires doivent prouver qu’ils sont « assez pauvres » pour mériter un revenu de soutien, cela bloque leurs efforts pour ne plus dépendre de cette allocation.

Un plan poussé par la Troika !

Il convient aussi de noter que l’idée de la réforme ne vient pas de nulle part, et encore moins de l’unique bonne volonté du Président (conservateur !) chypriote. En réalité, le principe du revenu minimum proposé à Chypre faisait partie du mémorandum signé en mars dernier par le gouvernement chypriote et la troïka, celui-là même qui a déclenché le plan de sauvetage de 10 milliards d’euros pour Chypre… et l’austérité qui l’accompagne. On peut ainsi lire en page 26 de ce document:

La réforme de l’assistance publique prévue doit s’assurer que l’assistance sociale serve de filet de sécurité pour garantir un revenu minimum à ceux qui ne sont pas en mesure de subvenir à un niveau de vie basique, tout en conservant les incitations à accepter un emploi, garantissant la cohérence avec une réforme du système social.

En conclusion, il paraît clair que le revenu minimum garanti en question est une proposition bien distincte de ce que l’on pourrait qualifier de revenu de base, même si c’est un sujet que les promoteurs d’un revenu de base doivent surveiller de près. L’émergence d’un débat plus large sur le revenu de base ne peut qu’être facilitée par ce genre de réformes. A suivre donc !


>>> Adaptation d’un article publié en anglais sur basicincome.org.uk.

>>> Crédit image:Attribution Nicolas Raymond

>>> Source sur : http://revenudebase.info/2013/08/revenu-minimum-garanti-chypre/