Les retraites: la mère de toutes les batailles

Les retraites: la mère de toutes les batailles

On dirait qu’il y a comme une vérité sourde, admise par tous, même nous les pires gauchos, certitude ancrée selon laquelle les retraites c’était un beau rêve, mais que ça n’est plus possible: il n’y a plus assez de jeunes pour payer pour les vieux.

Il existe une autre vision de la chose. Sans préjuger de qui a raison, il me semble que sur une question aussi grave, aussi fondamentale dans notre modèle de société, ça vaut le coup de prendre 10 minutes pour écouter une autre opinion, d’autant qu’elle est énoncée avec humour et pédagogie, c’est le principe des conférences gesticulées de Franck Lepage.

Le player ci dessous devrait être calé au bon endroit, sinon c’est à 1:48:25.

>>> La vidéo en entier

>>> Une production de Le Pavé qui est une scop

>>> Source sur : http://jcfrog.com/blog/les-retraites-la-mere-de-toutes-les-batailles/ (Publié le 

Des milliers de morts, des millions privés de libertés civiles ?

Des milliers de morts, des millions privés de libertés civiles ? Stallman (2001)

À l’heure où les USA sont empêtrés dans une sombre histoire d’espionnage généralisé à grande échelle, il nous a paru intéressant de déterrer et traduire un article de Richard Stallman rédigé en 2001 juste après le 11 septembre.

Force est de reconnaître qu’une fois de plus il avait pressenti les conséquences néfastes que nous subissons aujourd’hui.

Sigg3net - CC by

Des milliers de morts, des millions privés de libertés civiles ?

Thousands dead, millions deprived of civil liberties?

Richard Stallman – 2001 – Site personnel
(Traduction : Lamessen, Slystone, Sky, Amine Brikci-N, Asta)

Dans de nombreux cas, les dommages les plus sévères que cause une lésion nerveuse sont secondaires ; ils se produisent dans les heures qui suivent le traumatisme initial, car la réaction du corps à ces dommages tue davantage de cellules nerveuses. Les chercheurs commencent à découvrir des façons de prévenir ces lésions secondaires et réduire les dommages ultimes.

Si nous ne faisons pas attention, les attaques meurtrières sur New York et Washington vont conduire à des effets secondaires bien pire encore, si le congrès étasunien adopte des « mesures préventives » qui écartent la liberté que l’Amérique représente.

Je ne parle pas de fouilles dans les aéroports ici. Les fouilles de personnes ou de bagages, tant qu’ils ne cherchent pas autre chose que des armes et ne gardent pas de traces de ces fouilles, est juste un désagrément : elles ne mettent pas en danger vos libertés civiles. C’est la surveillance massive de tous les aspects de nos vies qui m’inquiète : de nos appels téléphoniques, nos courriels et nos déplacements physiques.

Ces mesures sont susceptibles d’être recommandées indépendamment du fait qu’elles seraient efficaces pour leur objectif déclaré. Un dirigeant d’une entreprise développant un logiciel de reconnaissance faciale est dit avoir annoncé à des journalistes que le déploiement massif de caméras embarquant un système de reconnaissance faciale aurait empêché les attaques. Le New York Times du 15 septembre cite un congressiste prônant cette « solution ». Étant donné que la reconnaissance humaine du visage effectuée par les agents d’accueil n’a pas permis de stopper les pirates, il n’y a pas de raison de penser que les caméras à reconnaissance faciale informatisée aurait été d’une quelconque aide. Mais cela n’arrête pas les agences qui ont toujours voulu mettre en place plus de surveillance de pousser ce plan aujourd’hui, ainsi que beaucoup d’autres plans similaires. Il faudra l’opposition du public pour les stopper.

Encore plus inquiétant, une proposition visant à exiger des portes dérobées gouvernementales dans les logiciels de chiffrement a déjà fait son apparition.

Pendant ce temps, le Congrès s’est empressé de voter une résolution donnant à Bush les pleins pouvoirs d’utilisation de la force militaire en représailles des attaques. Les représailles peuvent être justifiées, si les auteurs des attaques peuvent être identifiés et ciblés avec soin, mais le Congrès a le devoir d’examiner les mesures spécifiques lorsqu’elles sont proposées. Donner carte blanche au président dans un moment de colère est exactement l’erreur qui a conduit les États-Unis dans la guerre du Vietnam.

S’il vous plait, laissez vos représentants élus et votre président non élu savoir que vous ne voulez pas que vos libertés civiles deviennent les prochaines victimes du terrorisme. N’attendez pas, Les lois sont déjà en cours d’écriture.

>>> Crédit photo : Sigg3net (Creative Commons By)

>>> Source : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/09/stallman-2001

Définition d’une Monnaie Libre

Définition d’une Monnaie Libre

Lors de l’Ubuntu Party des 1 & 2 Juin j’ai proposé une « définition d’une monnaie libre ». La vidéo sera peut-être disponible plus tard, mais en attendant, j’ai souhaité résumer cette présentation à partir des graphiques que j’ai utilisés, dans la vidéo suivante :

La présentation LibreOffice est disponible dans cette archive libre :

 

 

Enfin pour finir un lien magnet vers le torrent du fichier vidéo source.

>>> Source : http://blog.creationmonetaire.info/2013/06/definition-dune-monnaie-libre.html

Coupure temporaire

Petit message pour vous dire que mon copain qui héberge mes sites a fait sa demande de dégroupage total et qu’il va donc y avoir une coupure de l’accès au serveur de maxi 72 heures dans quelques jours. Désolé de la gêne occasionnée.

Patrons, laissez vos employés accéder à Internet !

Patrons, laissez vos employés accéder à Internet !

Patrons, laissez vos employés accéder à Internet !

 

De temps en temps, je reçois un email d’un lecteur qui me demande la version PDF d’un de mes articles, mon blog étant bloqué par le pare-feu de son employeur.

Aussi, je voudrais m’adresser à ceux qui emploient ces personnes: dans l’intérêt de votre business, laissez vos employés accéder librement à Internet. Oui, entièrement et librement.

« Mes employés sont payés pour travailler, pas pour aller sur Facebook »

« Je glanderais bien sur Facebook mais comme je n’y ai pas accès, je vais être productif », phrase que n’a jamais dit aucun employé dans l’histoire de l’humanité.

Vos employés sont payés pour effectuer un travail. Veiller à ce que ce travail soit accompli est de la compétence d’un supérieur hiérarchique. C’est la seule manière de savoir si une personne fait bien son travail. Le nombre d’heures prestées ou le nombre d’accès à Facebook ne sont en aucun cas représentatif de la productivité de la personne. Si vos employés passent la majeure partie de leur temps sur Facebook, ce n’est pas à l’employé qu’il faut en vouloir  mais bien au supérieur hiérarchique direct. Et encore, seulement si le travail n’est pas accompli. Car après tout, s’il l’est, de quoi vous plaignez-vous ?

Dans le monde actuel, vous ne savez jamais d’où peut venir la prochaine bonne idée, le prochain contrat juteux, la petite innovation qui multipliera vos marges par deux. En restreignant la liberté en ligne de vos employés, vous supprimez volontairement des opportunités. Vous vous coupez du monde et vous forcez vos employés à faire de même. À moins qu’ils ne surfent via leur téléphone, auquel cas vos efforts sont de toutes façons vains.

Les sites pornos ? si un de vos employé s’ennuie au point de passer son temps sur des sites pornos, une fois encore le problème n’est pas l’employé. Tant qu’il n’importune pas ses collègues et que le boulot est fait, où est le soucis ?

Que vous le vouliez ou non, Internet fait à présent partie intégrante de la vie. Le professionnel et le personnel se mêlent de plus en plus, des solutions complètement inattendues apparaissent à l’autre bout du monde.

Contrôler l’accès internet de vos employés revient à construire une prison. Une prison dans laquelle vos employés sont forcés de venir s’enfermer huit ou neuf heures par jour, les heures étant souvent contrôlées avec des badges à l’entrée. Une prison depuis laquelle les communications avec le monde extérieur sont limitées et surveillées.

Par un simple volonté de contrôle, vous brisez non seulement toute velléité de créativité ou de motivation, vous montrez également à vos employés que vous ne leur faites pas confiance. Ce en quoi, ils vous donneront forcément raison, procrastinant, s’ennuyant et comptant les minutes avant la permission quotidienne, le tout en regardant par la fenêtre. Car dehors, il fait beau. Dehors, les gens sont heureux, ils vont et viennent librement. Dehors, ils ont internet et ne comptent pas les heures.

Bien sûr, vous lirez ceci en souriant, en vous disant que votre business est différent, que vous n’avez rien à apprendre d’un blogueur. Rassurez-vous, je ne m’en fais pas pour vos employés. Car quelle est la seule chose dont rêve un prisonnier ? S’échapper pour de bon ! Et soyez certain qu’il le fera à la première occasion.

>>> Photo par Joshua Davis

>>> Source : http://ploum.net/post/patrons-laissez-vos-employes-acceder-a-internet

Wikihouse – La construction de maison open source

Wikihouse – La construction de maison open source

Wikihouse – La construction de maison open source

J’ai déjà vu des reportages sur les maisons à monter soi-même et à chaque fois, j’admire les gens qui se lancent là dedans. Car même si c’est « vendu » comme étant facile, monter soi-même sa maison en kit est un vrai challenge.

Moi, je sais que ça me saoulerait assez vite… Mais certains le font et y arrivent plutôt bien. Les raisons d’acheter une maison en kit sont nombreuses, mais on retient souvent le prix qui est plus bas que de faire construire de manière traditionnelle ainsi que la satisfaction d’avoir fait ça par ses propres moyens.

Le matériau est essentiellement le bois, qui est prédécoupé en usine et livré au client sur son terrain.

Alastair Parvin est un architecte anglais qui croit beaucoup à ce concept et qui a décidé de lancer un wiki qui permettra à tout le monde de télécharger les plans 3D d’une maison en kit à monter et à « imprimer » soi-même. Wikihouse va donc encore plus loin dans l’idée de l’autoconstruction en proposant des plans et des patrons sous licence libre à utiliser avec sa propre machine-outil à commande numérique pour produire soi-même les éléments de sa maison.

Il ne reste plus ensuite qu’à les assembler.

Le concept est énorme, car les matériaux et les machines s’améliorent d’année en année, faisant des maisons en kit une alternative de qualité. En tout cas, cela permet d’imaginer ou de télécharger la maison de ses rêves et de la construire en à peine quelques jours. Avec un tel système, il est tout à fait possible d’imaginer que certains projets seront extensibles et que chacun pourra faire évoluer sa maison par petites touches chaque année.

Il y a bien sûr une législation à respecter pour ne pas que ça vous tombe sur la figure, mais légalement et techniquement, monter soi-même sa maison est tout à fait possible.

Wikihouse en est encore à ses débuts, mais risque de devenir une véritable institution à l’époque du DIY et de l’imprimante 3D.

>>> Source sur : http://korben.info/wiki-maison-en-kit.html#YHoS0GSA8vb7fjl0.99

>>> Plus d’infos sur le site officiel : http://www.wikihouse.cc/

Manifeste des économistes déterrés

Gérard Foucher, animateur du Mini Show et auteur de « Les secrets de la monnaie, changer la monnaie pour changer le monde » vient de publier un document de référence qui résume en une trentaine de pages les thèses d’économistes hétérodoxes oubliés de l’histoire nous éclairant sur des alternatives possibles à la crise actuelle, dont l’idée d’un dividende universel comme aboutissement d’une réforme monétaire visant à rétablir la symétrie du pouvoir d’émission de la monnaie.

Le « manifeste des économistes déterrés » décrit l’état de la recherche économique de pointe qui commence à sortir de terre un peu partout sur la planète. Il cite ainsi des économistes Australiens, Allemands, Américains etc… qui analysent la cause des crises dans la nature du code monétaire.

Dans les solutions de changement de paradigme Gérard aborde la Théorie Relative de la Monnaie, ses fondements (libertés et symétrie spatio-temporelle) et explique la nature de son résultat fondamental (théorème des systèmes monétaires relativistes).

Manifeste des économistes déterrés

Pour une sortie de crise sans violence,

équitable et progressive.

 

Nous sommes face à une crise qui dure à ce jour (juin 2013) depuis plus de cinq années. Cette crise porte désormais un nom : La Grande Récession.
Depuis 2008, les conséquences ont été dramatiques non seulement d’un point de vue économique et financier, mais aussi au niveau humain. La Grande Récession a fini par atteindre les entreprises, les États, les ménages, les personnes. Le monde entier souffre.
L’Histoire retiendra probablement ces quelques années comme une période de crise majeure, mais selon ce que nous en ferons, il est aussi possible que l’Histoire s’en souvienne comme d’une période d’évolution profonde.
Pauvreté, inégalités grandissantes, chômage, montée des extrémismes, défiance
généralisée, conflits, corruption… les symptômes sont partout, visibles comme le nez au milieu de la figure.
Mais avons-nous vraiment identifié la nature de la maladie ? Avons-nous fait un diagnostic précis, exact ? Les remèdes que nous utilisons sont-ils bien adaptés, efficaces ? Est-il possible d’avancer un pronostic, de proposer des traitements inédits ?
Telles sont les questions auxquelles nous allons essayer de répondre ici.

Manifeste des économistes déterrés : l’interview

http://s.ytimg.com/yts/swfbin/watch_as3-vflrdHchm.swf

Interview réalisée par Marie-Laure Leila Le Guen pour la parution du « Manifeste des Économistes déterrés », une étude sur l’état actuel de la recherche économique au niveau international, par Gérard Foucher. (juin 2013)
« Un texte de grande qualité universitaire » (Yoland Bresson, économiste)
« Un excellent document de synthèse… Tout y est. Les décideurs vont-ils enfin écouter ce que les économistes disent ? » (Stanislas Jourdan, journaliste)

Le Manifeste des économistes déterrés est disponible en téléchargement libre et gratuit sur Scribd.

***

Interview d’un auteur iconoclaste.

Retranscription des propos recueillis en vidéo le 6 juin 2013 par Marie-Laure Le Guen – avec quelques modifications en accord avec Gérard Foucher.

Vous n’êtes pas économiste de formation. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à l’économie et en particulier à la monnaie ?

J’ai toujours été intéressé par la monnaie, par l’argent, par le fait d’en gagner ou pas. Depuis que je suis tout petit, j’ai un rêve, c’est de faire fortune, de produire quelque chose, de monter des entreprises. Mais la monnaie était toujours un mystère, car j’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre d’où venait l’argent.

Quand j’étais petit et qu’on partait en vacances, mon père allait à la banque chercher de l’argent. Je me souviens d’un jour où on était en vacances et je voulais retourner au restaurant et ma mère m’a dit « non, on ne peut pas aller au restaurant, on n’a plus d’argent ». Je lui avais répondu: « Il n’y a qu’à aller à la banque ». Pour moi, c’était la tirelire où on allait chercher de l’argent… C’était facile.

Je m’aperçois, maintenant que je comprends ce qu’est la monnaie et d’où elle vient, qu’effectivement quand on a besoin d’argent, il faut aller à la banque. Le système monétaire est ainsi fait que si on veut avoir, non plus des billets comme avant, mais des chiffres sur notre compte en banque, il faut aller les demander à la banque ou que quelqu’un les ait demandés dans une banque.

Quand j’ai commencé à faire des recherches sur Internet, dans les librairies et les bibliothèques pour comprendre le mystère de la monnaie, j’ai eu l’impression de m’approcher enfin de ce que j’ai toujours eu envie de connaître depuis que je suis gamin.

Quelle est votre analyse de la crise économique actuelle ?

Au bout de 2-3 ans de recherches, j’ai réuni beaucoup de documents, beaucoup de bouquins. J’ai lu tout ça, regardé des quantités de vidéos sur Internet, lu des tas d’articles universitaires en anglais, en français, des choses compliquées et puis je me suis aperçu que j’avais découvert des choses qui avaient une importance sociale capitale et dont personne ne parlait.

Je me suis aperçu que je pouvais mettre le doigt sur les racines de ce qui se passait. J’ai fait un petit programme sur YouTube qui s’appelle le Mini Show où j’ai commencé à parler un peu à ma façon de ces phénomènes et à les expliquer. Je me suis aperçu qu’il y avait beaucoup de spectateurs et je me suis dit que c’était le moment, avec toute la documentation que j’ai, d’analyser, de synthétiser et d’en faire quelque chose en français qui parle des secrets de la monnaie.

Ça débouche sur quelque chose de très important pour nous au présent, pour le futur de nos enfants, pour le futur de la planète en général parce que le système monétaire a des ramifications dans tous les domaines, y compris dans le domaine de l’écologie, évidemment de l’économie, évidemment des inégalités, évidemment de la richesse, de la finance etc.

L’analyse des secrets de la monnaie débouche sur une façon de changer beaucoup les choses. Ma conclusion, c’est que le centre névralgique d’une société c’est la façon dont la vie est gérée or la vie ce sont les échanges que nous faisons les uns avec les autres.

Il y a d’autres fonctions de la monnaie mais la fonction principale c’est matérialiser les échanges nécessaires à nos vies quotidiennes par des échanges de chiffres. Je me suis dit que peut-être qu’en changeant la façon dont ces chiffres sont créés, et distribués dans la société, et échangés entre nous, on pourrait changer la façon dont nous interagissons avec les autres.

Vous venez de publier un « Manifeste des économistes déterrés » … Qu’apporte de plus ce document par rapport à la pensée économique actuelle ?

Des informations récentes que les économistes n’ont pas, qu’ils ne possèdent pas, qu’ils n’ont pas trouvées ou qu’ils n’ont pas eu le temps de trouver.

Je vivais un paradoxe qui m’énervait. Maintenant que je fais des conférences pour diffuser mon livre, j’arrive en un ou deux heures à expliquer d’une manière à la fois analytique, synthétique et concise la nature du système existant et les solutions possibles, et ceci à un public souvent très peu sensibilisé sur le sujet (mais qui a envie d’apprendre).

Mais quand j’écoute les discours, les conférences, les colloques des spécialistes de ces questions, je m’aperçois que la création monétaire est présentée comme quelque chose de très accessoire dans le cursus universitaire habituel en France. On dirait que le fait qu’ils aient étudié pendant douze ou quinze ans le domaine de l’économie leur a fait oublier ce point essentiel.

En fait, il y a un point aveugle très important chez les spécialistes qui pourraient justement, s’ils étaient conscients de ces questions, avoir le poids médiatique et politique nécessaire pour peser sur les décisions.

Alors j’ai eu envie d‘aller encore plus loin et de chercher quel était l’état de la pensée économique en ce moment. Je suis tombé sur des économistes de grand renom, des américains, des allemands, des australiens, qui se sont aperçus que les techniques que nous employons actuellement pour relancer l’économie, donc pour sortir de la crise, ne fonctionnent pas, en particulier le fait de renflouer les banques en espérant qu’elles vont recommencer à prêter et donc créer de la monnaie. C’est ce qu’on fait actuellement sans remettre en question le fait de créer de la monnaie par de l’endettement supplémentaire alors que c’est précisément l’émission de monnaie par la dette qui a fait la crise.

Les économistes sur lesquels vous vous appuyez dans ce Manifeste ont publié leurs travaux bien avant la crise actuelle. En quoi leurs idées sont-elles applicables aujourd’hui ?

Ces économistes (John-Maynard Keynes, Milton Friedman, Henry Simons, Irving Fisher, Maurice Allais, Hyman Minsky, Joseph Schumpeter), avaient fait le même raisonnement – à savoir que renflouer les banques ne marchait pas très bien – et proposé des solutions mais ils n’avaient pas été écoutés. Parce qu’à l’époque il n’y avait pas Internet et qu’il suffisait au pouvoir bancaire et financier de choisir de faire parler plutôt les économistes favorables au système existant de manière à ce que les autres soient oubliés. C’est ce qui s’est passé au moment de la crise des années 30.

Des gens comme Irving Fisher, comme Henry Simons, même Keynes ou Friedman, avaient parlé de réformes dans les années 1930 et 1940, mais ce sont des solutions différentes qui ont été adoptées pour ne pas bousculer le principe de l’enrichissement par le crédit bancaire et la création monétaire.

Quand j’ai découvert les travaux de ces économistes hétérodoxes ces derniers mois et que j’ai découvert qu’ils reprenaient les travaux des grands anciens en les adaptant à notre économie actuelle et en les prolongeant puisque les choses ont évolué, j’ai eu envie d’écrire un papier quasiment universitaire pour communiquer cela à nos économistes nationaux qui apparemment ne sont pas encore au courant que ces recherches existent.

Quelles sont ces solutions qui ont été rejetées dans les années 30-40 et qui seraient adaptées à l’économie actuelle ?

Il y a deux remises en cause fondamentales : la remise en cause de la création monétaire par le crédit bancaire, c’est-à-dire la création de monnaie secondaire par le crédit bancaire, et la remise en cause de la distribution de cette monnaie.

Il suffit de créer de la monnaie sans dette associée. Il ne faut pas que l’on soit obligé d’emprunter de l’argent à une banque pour que la collectivité ait de la monnaie grand public. C’est ridicule ! Il va forcément arriver un moment où on ne pourra plus payer les intérêts puisque notre masse monétaire augmente sans arrêt.

Il faut trouver un système qui nous permette de faire la transition entre le système existant où toute la monnaie est de la dette et un système futur où il n’y aurait plus que de la monnaie permanente non soumise à un intérêt qui circulerait en permanence entre les individus.

La solution que proposaient les grands anciens dans les années 1930, c’était d’aboutir peu à peu à un système dit de « 100% monnaie« . Pour l’instant, il y a 10% de monnaie de base pour 90% de monnaie grand public. Le 100% monnaie consiste à dire que l’État ou un comité monétaire ou les citoyens eux-mêmes – ce sont des décisions qui doivent être prises démocratiquement – une entité quelconque émet la monnaie pour la communauté sans que ce soit par de la dette et petit à petit on remplace la monnaie dette par de la monnaie libre de dette qui sera utilisée dans la société.

Les propositions des grands anciens et des économistes hétérodoxes qui commencent à émerger, c’est de reprendre le rôle de création de monnaie bancaire, de le redonner à une entité décidée démocratiquement, et que la nouvelle monnaie soit émise sans endettement associé pour remplacer la monnaie issue de la dette.

Il y a notamment un allemand, Michael Kumhof, que je cite abondamment dans mon travail qui a détaillé toutes les étapes du processus de transition d’une monnaie dette vers une monnaie garantie à 100 %.

On connaît le ‘Quantitative Easing’. Qu’est-ce que le ‘Quantitative Easing for the People’ que vous proposez de mettre en place ?

C’est une proposition faite par un économiste très sérieux, Steve Keen, un des économistes les plus pointus du moment, qui est écouté au plus haut niveau de décision, au FMI, à l’OCDE, depuis avril-mai 2013. Ce Quantitative Easing for the People (QE4P) vient au départ de l’échec du QE traditionnel (assouplissement quantitatif) qui consiste à renflouer les banques avec de la monnaie de base qui reste dans l’économie bancaire pour rééquilibrer le bilan des banques.

En gros, ces économistes que j’ai été déterrer avec l’aide des économistes contemporains, disent que comme cela ne marche pas de donner de la monnaie de base aux banques en espérant qu’elles vont créer de la monnaie grand public, alors pourquoi ne pas donner de l’argent directement aux gens ?

Cette idée, promue par l’économiste Steve Keen en Australie commence à être vraiment soutenue ailleurs, notamment par Lord Aider Turner, l’ancien président de la Financial Service Authority à Londres qui a failli devenir gouverneur de la Banque d’Angleterre.

C’est donc la notion de distribuer la monnaie, non pas par toute une cascade d’effets qui génèrent de l’endettement mais au contraire par de la monnaie libre de dette injectée directement dans les poches des citoyens. Par quel moyen? C’est ce dont il faut discuter sérieusement et maintenant.

Cette idée s’apparente donc à un revenu de base qui serait financé au moins en partie par création monétaire ?

Non, ce n’est pas ‘financé’ par création monétaire puisqu’on réformerait complètement la création monétaire. Concrètement, on arrêterait de créer de la monnaie en injectant de la monnaie de base dans les bilans bancaires, ce qui permet en théorie aux banques de prêter de l’argent, ce qui au bout du compte réinjecte de la monnaie dans la société. Ce système fonctionne bien pour maintenir la pyramide, mais passons à autre chose.

Si on veut, on peut revenir à une création monétaire par l’État. Ce serait déjà presque un progrès dans la mesure où il n’y aurait pas d’intérêt permanent à payer sur notre propre monnaie.

Il y a un groupe anglais, Positive Money, qui conseille de créer un comité monétaire indépendant qui décide chaque année de la quantité de monnaie à injecter dans la société soit sous forme de revenu directement aux citoyens, soit sous forme de dépense nationale. Ça peut être décidé démocratiquement.

Addendum de l’auteur: Si cette réforme monétaire aboutit, elle pourrait donc tout à fait s’intégrer au concept du revenu de base par redistribution, selon sa définition communément admise.

La solution que je préconise s’appuie sur les droits de l’Homme et sur le principe de subsidiarité, qui consiste à dire qu’il faut que ce soit la plus petite unité possible qui prenne les décisions qui la concernent. Les décisions nationales peuvent être prises par l’État, régionales par la région, départementales par le département, familiales par la famille, individuelles par l’individu. Pourquoi les décisions au niveau microéconomique qui se font par l’individu – avec qui je vais échanger ? – ne se feraient-elles pas au niveau le plus fin, c’est-à-dire celui de l’individu ?

Si les individus sont libres et égaux en dignité et en droits, il faudrait qu’ils aient tous les mêmes droits. Le droit à l’autonomie et la liberté économique est un droit fondamental puisque c’est le droit à la vie qui est matérialisé par les échanges de biens réels eux-mêmes matérialisés par les échanges monétaires. Allons donc jusqu’au bout de notre raisonnement de liberté et d’égalité, qui nous donnera peut être la fraternité et donnons la décision économique au niveau le plus fin de subsidiarité, c’est-à-dire l’individu.

monnaie-positive

Nous savons que nous avons actuellement une masse monétaire x où nous sommes en crise donc on sait qu’il en manque déjà un peu. Quand nous aurons la quantité nécessaire pour que l’égalité des individus entre eux soit respectée, il conviendrait que chaque individu reçoive la même part de monnaie tout au long de sa vie – un peu comme un revenu de base.

Or ce n’est plus de la monnaie dette, elle reste dans l’économie : elle n’est plus reprise par de l’intérêt. Elle est émise une fois pour toutes. In fine, la masse monétaire augmente très légèrement au rythme des injections de dividendes universels individuels citoyens.

Au final, je suis en ligne avec la Théorie Relative de la Monnaie de Stéphane Laborde : pour que l’égalité soit parfaitement respectée entre les individus à un instant t et au niveau des individus entre eux dans le temps, il suffit que chaque part de la masse monétaire reçue au cours de la vie soit le même pourcentage de la masse monétaire globale pour chacun. Il n’y aura donc pas d’inégalité construite au fil des générations.

On peut supposer qu’avec la mise en place d’un tel système, on arrive à respecter l’égalité et la dignité de chaque individu. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’inégalités, puisqu’il y aura toujours des gens qui produiront plus que d’autres et s’enrichiront plus que d’autres, mais au moins, au niveau de la base de la distribution de la monnaie, d’un minimum de production potentielle pour chaque individu, on a une égalité.

La question que tout le monde se pose, c’est de savoir si une telle injection de monnaie dansl’économie ne va pas créer de l’inflation…

Oui, je sais. En fait c’est un problème de brouettes. On imagine tout de suite le Zimbabwe, la République de Weimar, les gens avec des brouettes pleines de billets pour aller acheter la baguette au coin de la rue.

Effectivement, ce sont des dévaluations monstrueuses qui ont pour source le paiement d’une dette. Ce n’est pas le fait qu’il y ait beaucoup de monnaie imprimée qui a fait que la monnaie a perdu de sa valeur, c’est le fait qu’il était nécessaire pour ces pays-là d’imprimer beaucoup de monnaie pour payer une dette extérieure dans une monnaie qu’ils ne pouvaient pas créer. C’est un problème qui ne se présente pas quand un peuple, quand un pays ou une zone économique comme l’Europe reprend la souveraineté de sa monnaie et que donc elle crée sa propre monnaie pour sa propre zone.

Deuxième chose, pour être légitime en reprochant à un nouveau système d’avoir un défaut, il faut prouver que le système existant n’a pas ce défaut-là. Ça me semble assez logique. Or on sait, il suffit de regarder les statistiques, que dans le domaine immobilier par exemple, les prix à Paris ont été multipliés par dix mille en cent ans. Dix mille, c’est beaucoup d’inflation.

C’est peut-être un peu comme le Zimbabwe ou la République de Weimar mais comme c’est sur des périodes plus longues, ça se voit moins.
Et puis troisième chose, on n’est pas seulement face à un problème économique, on est aussi face à un problème éthique. On est face à l’usurpation par une partie de la population d’un système de création monétaire subtil qui permet un enrichissement exponentiel d’1% de la population aux dépens du reste de la population. On est face à une forme d’exploitation difficile à détecter qui est profondément contraire à la liberté des uns et à l’égalité de tous.

Quand on est face à un problème comme ça, c’est un peu comme si on était face à l’esclavage en 1850 et qu’on se dise : supprimer l’esclavage, c’est bien joli mais comment vont faire les propriétaires de plantations de canne à sucre ? Qu’est-ce qu’ils vont devenir s’ils n’ont plus d’esclaves ? Eh bien on s’en fout. À la limite, on rénove le système monétaire et on redonne l’égalité monétaire à chaque citoyen et on l’enlève aux privilégiés, ça va faire de l’inflation : eh bien on s’en fout. La question, c’est de régler un problème majeur qui est un bug central dans nos sociétés et qui a des conséquences inimaginables.

Ceci dit, le problème de l’inflation dans un système pyramidal, c’est que les émetteurs de la monnaie savent exactement dans quel secteur la monnaie injectée va être supérieure à l’augmentation de production et donc va générer de l’inflation. C’est aussi un problème d’asymétrie d’accès à l’information et à la monnaie.

Pour terminer, avec un système où chacun reçoit la monnaie non pas parce qu’il l’a empruntée, non pas parce qu’elle tombe au goutte à goutte du sommet d’un centre émetteur mais reçoit sa monnaie en même temps que tout le monde, au même montant que tout le monde tout au long de sa vie en proportion de la masse monétaire, où est le problème de l’inflation ?

Le fait qu’on injecte de la monnaie va monétiser des choses qui ne le sont pas encore. Il va y avoir des activités qui actuellement ne sont pas comptées dans le PIB. Le gars qui écrit un bouquin qu’il donne gratuitement sur Internet et reçoit sa part de monnaie va continuer à le donner et être payé avant de l’avoir donné. L’injection de monnaie va générer la reconnaissance d’une nouvelle production. Le revenu augmente en même temps que la production monétisée. C’est la définition d’une non-inflation.

Envie d’ajouter quelque chose en conclusion ?

Je voudrais m’adresser aux économistes, aux professionnels. J’ai écrit Les Secrets de la monnaie pour m’adresser au grand public, le Manifeste des économistes déterrés s’adresse lui aux universitaires, aux professionnels, aux gens qui auraient envie de lancer des recherches hétérodoxes.

On voit des professeurs qui disent qu’ils voudraient bien sortir du néoclassicisme mais qui n’ont pas le temps de parler d’Irving Fisher parce que ce n’est pas au programme. Les étudiants en économie disent qu’ils sont très embêtés parce qu’ils ne savent pas répondre à ceux qui leur demandent d’expliquer l’origine de la crise. Je trouve ça dommage, pour ne pas dire révoltant, que tous ces gens-là n’aient pas accès à ces informations comme moi qui ai le temps de faire ces recherches. Ils n’ont pas le temps car ils sont tenus pas leurs études, leurs crédits de recherche.

J’ai écrit le Manifeste des économistes déterrés pour vous montrer à vous, économistes, chercheurs, étudiants, qu’il y a d’autres gens dans le monde qui font des recherches, qui proposent des solutions, qui analysent de manière très claire et très pertinente les cycles économiques, la nature de la monnaie, la nature du crédit et comment remédier à toutes les implications destructrices que ça a sur notre société.

Je vous donne cet ouvrage, qui est technique, pour vous donner une photographie, un bilan de l’état actuel de la recherche de pointe en économie, et pour vous dire que ça commence à jaser là-haut au FMI, dans les banques centrales, à l’OCDE. Lisez vite ce truc-là, comme ça au moins vous serez au courant et vous pourrez peut-être faire pareil ici.

>>> Vous pouvez consulter le Manifeste des Économistes Déterrés en cliquant ici.

 

>>> Sources & plus d’infos sur :

 

>>> Gérard Foucher – Juin 2013 – Licence Creative Commons CC-BY

>>> Du même auteur : Les secrets de la monaie – Changer la monnaie pour changer le monde – http://libertybooks.eu

 

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

Un peu d’économie sur le Framablog aujourd’hui, avec le pirate Rick Falkvinge qui voit dans la monnaie Bitcoin une alternative à la fictive toute-puissance du dollar.

Zcopley - CC by-sa

Comment le Bitcoin peut faire tomber les États-Unis d’Amérique

How Bitcoin can bring down the United States of America

Rick Falkvinge – 4 juin 2013 – Site personnel
(Traduction : Slystone, nhrx, letchesco, Asta, Gatitac, rou + anonymes)

Le Bitcoin représente une menace importante pour la domination monétaire des États-Unis, la seule chose qui conforte encore leur statut de superpuissance mondiale. Suite aux défauts de paiement des États-Unis sur leurs emprunts internationaux le 15 août 1971, la balance commerciale américaine avait été maintenue grâce aux menaces militaires et en incitant les gens à acheter des dollars pour financer la consommation permanente des États-Unis. Alors que d’autres devises n’ont pas réussi à dépasser le dollar américain, et donc ce mécanisme qui maintient la dominance économique de la nation, le Bitcoin pourrait bien y parvenir.

Pour comprendre ce scénario, il faut saisir à quel point les États-Unis sont en faillite. Pour certaines raisons, la plupart des feux de l’actualité sont actuellement braqués sur l’échec de l’Euro ; ceci probablement à cause du fait que le dollar américain a échoué depuis longtemps, et qu’il est maintenu sous perfusion en faisant éclater non sans mal une bulle spéculative par jour. Une version ELI5 est disponible ici (NdT : ELI5 : « explain it like I’m five », expliquez-le-moi comme si j’avais 5 ans), mais en un mot, les États-Unis sont en défaut de remboursement de leurs emprunts internationaux suite à la guerre du Viêtnam, et depuis ont dû emprunter de plus en plus pour financer leur consommation extravagante. Depuis bien longtemps ils empruntent toujours plus, pour simplement rembourser les intérets des emprunts antérieurs. L’an dernier, le déficit du budget des États-Unis a atteint le niveau astronomique de 50 % — pour chaque dollar de recette, deux ont été dépensés. Étrangement, peu de monde en parle — j’imagine que si c’était le cas, la capacité des États-Unis à rembourser leurs emprunts serait remise en question, ce qui provoquerait l’écroulement du château de cartes comme si une tonne de briques était déversée dessus, alors personne n’a intêret à faire des vagues. Après tout, tout le monde est assis sur des réserves de dollars qui deviendraient sans valeur du jour au lendemain si ceci devait arriver.

Les États-Unis ont relancé leurs planches à billets le 15 août 1971 et ne les ont pas arrêtées depuis. Rien que pour l’année 2011, 16 mille milliards (un 16 suivi de douze zéros) de dollars ont été imprimés pour maintenir l’économie américaine. Pour se faire une idée, c’est un peu plus que le produit intérieur brut des États-Unis. Pour chaque dollar produit à partir de la valeur (ajoutée), un dollar supplémentaire a été imprimé à partir de rien, dans l’espoir que quelqu’un voudrait bien l’acheter. Et les gens l’achètent ! C’est un fait, il y a ici un mécanisme clé qui force les gens à continuer à acheter des dollars américains.

Les États-Unis sont maintenus en vie en tant que nation par le fait que si quelqu’un souhaite acheter des produits à une autre nation comme la Chine, il doit d’abord acheter des dollars américains puis les échanger contre la marchandise qu’il désire en Chine. Cela conduit tous les pays à acheter des tas de dollars américains pour remplir leurs réserves monétaires.

Le fait que les gens soient obligés de continuer d’acheter des dollars américains pour obtenir ce qu’ils veulent de n’importe qui d’autre dans le monde est le mécanisme qui maintient l’ensemble de l’économie américaine et, plus important encore, alimente son armée qui applique à son tour ce mécanisme (voir en IrakLibyeIran, etc.). C’est un cycle de domination économique imposé par la force.

(À noter que l’on peut se demander dans quelle mesure la classe moyenne américaine profite encore de ce système. Il y a dix ans, cette boucle auto-alimentée faisait que le niveau de vie moyen aux États-Unis était sensiblement supérieur à celui du reste du monde occidental. De nos jours, les États-Unis arrivent souvent derniers des indicateurs de niveau de vie.)

Puisque les articles sur « la fin du monde » sont d’habitude rejetés comme relevant d’illuminés conspirationnistes, je voulais commencer cet article en présentant des faits économiques reconnus. Les États-Unis sont en faillite et la seule béquille pour les maintenir debout est leur armée, ainsi que le fait que tout le monde a de lourds investissements dans le pays, si bien que personne ne veut les voir faire faillite. Donc les emprunts et les dépenses excessives continuent une journée de plus… jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.

Que se passerait-il si les États-Unis étaient un jour incapables de poursuivre leurs dépenses démesurées ? On assisterait à un crash gigantesque de l’économie mondiale, mais plus important, les États-Unis s’effondreraient à la mode soviétique, mais plus gravement encore, en raison de différences structurelles. (Pour comprendre ces différences, réfléchissez au fait que les transports publics ont continué de fonctionner pendant l’effondrement soviétique et que la plupart des familles étaient déjà bien préparées pour faire face à la pénurie de nourriture. Aux États-Unis vous verriez à la place des gens isolés dans des banlieues sans carburant, sans nourriture ni médicaments, avec seulement plein d’armes et de munitions. Consultez l’étude d’Orlov sur l’écart entre les effondrements et le retard d’effondrement pour plus d’informations sur cette différence structurelle).

Arrivent les Bitcoins, qui peuvent briser le cercle vicieux des emprunts et des dépenses excessives.

Comme nous l’avons vu, la raison pour laquelle les gens sont obligés d’acheter du dollar américain, c’est qu’il est la base du système d’échange de valeur. Si vous voulez un gadget fabriqué en Chine ou en Inde, vous devez d’abord acheter des dollars américains, pour ensuite échanger ces dollars contre le gadget. Mais nous l’avons observé, le Bitcoin dépasse de loin le dollar sous tous ses aspects en tant que gage de valeur pour le commerce international. Utiliser des Bitcoins c’est moins cher, plus facile et bien plus rapide que les actuels transferts de valeur internationaux.

Pratiquement toutes les personnes impliquées dans le commerce international à qui j’ai parlé passeraient à un système semblable à Bitcoin si elles en avaient la possibilité, évacuant des années de frustrations héritées du système bancaire actuel (qui utilise le dollar américain). Si cela arrivait, les États-Unis ne seraient plus en mesure de trouver des acheteurs pour leurs dollars fraîchement imprimés qui maintiennent leur économie (et financent leur armée).

Si ce cycle de monopole et dépendance commerciale du dollar prend fin, les États-Unis d’Amérique s’écrouleront. Lourdement. Cela semble inévitable désormais, et le Bitcoin est peut-être le système qui rompra ce cycle.

>>> Crédit photo : Zcopley (Creative Commons By-Sa)

>>> Source : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/06/bitcoin-dollar-usa

Qu’est-ce qui nous satisfait dans notre travail ?

Qu’est-ce qui nous satisfait dans notre travail ?

La question de notre motivation est décidément surprenante. Une nouvelle illustration avec cette vidéo de Dan Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale (son blog)

Une vidéo riche en exemples, je n’ai donc repris que les principaux avec leur idées principales et mes commentaires. Le mieux est de visionner la conférence ! (une vingtaine de minutes)

« Quand on pense à la façon dont on travaille, l’intuition naïve que l’on a est que l’on est des rats dans un labyrinthe, que seul l’argent importe et que dès que l’on offre de l’argent aux gens, on peut les faire travailler d’une certaine façon, ou d’une autre. (…) On a vraiment une vision incroyablement simpliste au sujet de pourquoi l’on travaille et à quoi ressemble le marché du travail. »

Difficile de le contredire en effet pour la perception que l’on a de l’immense majorité du marché du travail. Tout n’est pas aussi binaire cependant.

« Mais si vous réfléchissez, il y a toutes sortes de comportements bizarres autour de nous »

Il prend ainsi deux exemples. Tout d’abord celui des alpinistes : les parcours qu’ils s’infligent sont loin d’être remplis de bonheur, mais au contraire parsemés de difficultés et de souffrance. Ils vont pourtant au bout… et ils recommencent !

« Si vous prenez l’escalade comme exemple, on remarque un tas de choses. On remarque que l’on cherche à atteindre le bout, un sommet. On remarque qu’on s’intéresse au combat, aux défis. On remarque qu’il y a plein d’autres choses qui motivent notre façon de travailler et de se comporter. »

L’autre exemple est celui d’un jeune salarié qui a passé deux longues semaines à travailler sur une présentation pour un gros projet. Mais la veille de sa présentation, le projet fut annulé, ce qui l’a profondément affecté.

« Pendant qu’il était en train de travailler, il était relativement content. Chaque nuit il prenait plaisir à travailler, il restait tard au bureau à perfectionner sa présentation. Mais savoir que personne ne la verrait jamais l’a déprimé. (…) Les gens comprennent que le sens est important, mais ils n’en mesurent pas la magnitude de son importance, et à quel point c’est important. »

Dan Ariely cite ensuite l’exemple d’une entreprise dans laquelle le PDG avait demandé à un groupe de travailler pour créer le prochain produit phare de l’entreprise. Mais le projet fut là aussi annulé. Tous ont alors témoigné de leur tendance à raccourcir leurs temps de travail, ou à ajouter des choses sur leurs notes de frais, suite à cet événement. Et ils ont trouvé tout un tas d’idées de ce qu’aurait pu faire leur PDG :  faire une présentation devant toute l’entreprise, songer à l’aspect de leur technologie qui pourrait marcher pour d’autres branches de l’entreprise, construire des prototypes de prochaine génération, et les avoir observé travailler.

« Je pense que le PDG n’a tout simplement pas compris l’importance donnée au sens. Si le PDG, tout comme nos cobayes, considérait l’essence même du sens comme négligeable, alors il s’en ficherait. Et il leur dirait: « Je vous ai aiguillé dans cette direction, maintenant que je vous aiguille dans une autre, tout ira bien. » Mais si on saisit combien le sens donné est important alors on se rend compte que c’est en effet primordial d’y consacrer du temps, de l’énergie, et de l’effort pour faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qu’ils font. »

Bien. Alors quel enseignement tirer de ces expériences ?

« Il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles. La mauvaise est que d’ignorer la performance de quelqu’un et aussi terrible que de détruire son effort sous ses yeux. Être ignoré vous en met vraiment un coup. La bonne nouvelle est qu’en regardant simplement le travail de quelqu’un, le regarder de haut en bas et dire « Mmhm », semble être une méthode très efficace pour améliorer considérablement les motivations de quelqu’un. Donc, augmenter la motivation n’a pas l’air si difficile. La mauvaise nouvelle est que, supprimer les motivations semble être incroyablement facile, et si l’on y prend pas garde, on risque d’en abuser. Voilà tout en ce qui concerne la motivation négative ou la suppression de cette motivation négative. »

L’exemple suivant parlera sans doute à beaucoup d’entre vous : celui des meubles d’un célère constructeur suédois :

« Je ne sais pas pour vous, mais à chaque fois que j’en construis un, ça devient de plus en plus long, de plus en plus laborieux et désorientant. Je monte les pièces à l’envers. Je ne dis pas que j’adore ces pièces. Je n’aime pas non plus particulièrement le procédé de construction. Mais quand je finis l’assemblage, j’aime ces meubles en kit, semblerait-il, plus que d’autres. »

En y pensant, c’est peut-être l’un des facteurs clés de succès de l’entreprise, en plus du report du coup de l’assemblage sur les clients.

De la même façon, les premiers gâteaux « en poudre » à préparer soi-même, ne connurent pas le succès escompté. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient finalement trop simple à préparer, les « cuisiniers » en herbe ne se voyaient pas présenter ces préparations à leurs invités comme étant « leurs » gâteaux.

« Ils ont retiré les œufs et le lait en poudre de la recette. Vous deviez désormais casser les œufs et les ajouter. Il vous fallait mesurer le lait, l’ajouter et le mélanger. C’était votre gâteau. Tout était parfait. (…) En poussant les gens à travailler plus dur, ils ont réussit à les faire aimer, à un niveau supérieur, ce qu’ils faisaient. »

Il conclut en raccrochant ces expériences aux théories économiques :

« Adam Smith avait la notion de rendement. Il a donné cet exemple d’une fabrique d’épingles. Les épingles sont fabriquées en douze étapes, et si une seule personnes fait les douze, la production est faible. Mais si une personne fait l’étape une, une personne l’étape deux, et une autre l’étape trois, etc, la production augmente énormément. En effet, cela est un très bon exemple et la raison de la révolution industrielle et de la productivité. Karl Marx, d’un autre coté, a dit que l’aliénation au travail est très importante pour déterminer comment les gens sont connectés à ce qu’ils font. Et si vous faites les 12 étapes, vous vous souciez de l’épingle. Alors que si vous faite une étape répétitivement, vous vous en moquez. »

Je pense que lors de la révolution industrielle, Adam Smith était plus dans le vrai que Karl Marx, mais la tendance s’est inversée, et nous somme maintenant dans l’économie du savoir. Vous pouvez vous interroger sur ce qu’il se passe dans une économie du savoir. Le rendement est-il toujours prioritaire sur le sens? Je pense que la réponse est non. Je pense qu’au fur et à mesure que l’on va vers une situation où les gens doivent décider par eux même de la quantité d’effort, l’attention, de la connexion qu’ils ont ; s’ils pensent à leur travail dans le métro, ou dans la douche, etc, d’un coup, Marx devient plus utile. Lorsque l’on parle de travail, on voit d’abord notre motivation et notre salaire comme une même chose, mais la réalité est qu’il faut ajouter d’autres choses, le sens, la création, le défis, l’appartenance, l’identité, la fierté, etc. La bonne nouvelle est que si l’on rassemble toutes ces choses et qu’on y pense, comment créer un sens, une fierté, une motivation, et comment l’appliquer dans le travail et pour les employés, On pourrait rendre les gens à la fois plus productifs, et plus heureux. »

Si cela t’intéresse, Dan Ariely est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont celui-ci en français sur les comportements absurdes que nous avons tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

>>> Source sur : http://coreight.com/content/ce-qui-nous-satisfait-dans-notre-travail?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+coreight+%28coreight.com%29

Conférence de François Elie : Quelle école pour la société de l’information ?

Conférence de François Elie : Quelle école pour la société de l’information ?

Le 27 avril dernier François Elie donnait une conférence remarquable et remarquée lors de la troisième édition de Fêtons Linux à Genève.

Nous l’avons jugée suffisamment importante pour en faire un article dédié (vidéo + transcript) et vous inviter à trouver vous aussi la demi-heure au calme pour l’écouter.

Les députés ont récemment abandonné la priorité du libre dans l’éducation. En écoutant François Elie, vous comprendrez pourquoi cette triste décision est tout sauf anodine.

Quelques extraits pour se motiver 😉

« Je vais vous décevoir tout de suite parce que vous vous attendez à ce que je dise qu’il est très très important d’utiliser le logiciel libre dans les écoles. Bon ça y est je l’ai dit. On peut passer à autre chose. »

« Si l’école doit être quelque chose, elle doit essayer de n’être ni l’école de l’initiation, ni l’école de l’apprentissage. Elle doit être au contraire l’école où on apprend à maîtriser les choses pour ne pas dominer les Hommes. »

« Il faut cesser d’opposer l’enseignement de la programmation d’une part et l’enseignement des usages, c’est important mais ça c’est l’école des maîtres et des esclaves. Ce qu’il faut enseigner, vite et à tous, c’est la science, pas la technologie ou l’usage. C’est en amont de la programmation, l’algorithmique. C’est en amont, de telle instanciation, du codage, du chiffrement, la théorie, quelque chose qui comme les maths n’ont besoin que d’une craie et d’un tableau noir. »

« Puisqu’on n’enseigne pas la physique dans une voiture, pourquoi devrait-on nécessairement apprendre l’informatique sur un ordinateur ? »

« L’école est le lieu, l’enjeu d’un affrontement colossal entre ceux qui voudraient ceux qui voudraient qu’elle reste l’école de la liberté et ceux qui voudraient en faire autre chose, une école qui serait cliente captive d’un marché, des industries numériques pour l’éducation. »

« On peut difficilement enseigner la liberté avec des outils qui cherchent à dominer. Ça va être compliqué d’utiliser des outils qui sont faits pour ne pas être partagés pour apprendre à des élèves à partager. Ça va être compliqué d’enseigner à des élèves comment il faut protéger ses données en utilisant des réseaux sociaux qui sont faits pour justement les capturer. Bref apprendre l’ouverture avec ce qui est fait pour fermer, c’est compliqué. »

« Je disais à une syndicaliste, vous aurez du mal à faire la révolution avec Word. Elle n’a pas compris ! J’avais été invité à une université d’été d’Attac, et là je leur avais dit : Je ne vais plus au MacDo mais vous êtes encore sous Windows. »

« L’école est l’endroit où on dit le plus de mal de Wikipédia, il faut le savoir. Par contre on dit beaucoup de bien de Diderot, de l’Encyclopédie, du siècle des Lumières. Embêtant quand même, parce que moi je suis persuadé que Diderot adorerait Wikipédia. Mais il n’adorerait pas Wikipédia pour lire mais pour écrire dedans. Il ne s’agit pas d’apprendre aux enfants à se méfier de ce qu’on lit dans Wikipédia, il faut leur apprendre à écrire dans Wikipédia. Mais ça il faut du temps. »

« L’école a tout à apprendre de la culture des hackers. Il faut apprendre à travailler comme des hackers. Nietzsche a une formule magnifique il dit « Plutôt périr que travailler sans joie ». On peut vouloir travailler comme un maître ou travailler comme un esclave. On peut aussi faire de sa vie quelque chose de plus joyeux, aimer son travail. On peut apprendre à aimer son travail à l’école. On peut apprendre à exister par la valeur de ce qu’on fait, par la valeur de ce qu’on montre, par l’image qu’on a, et pour ça, et bien le logiciel libre pourrait nous aider pour refonder l’école, pour apprendre à collaborer, pour apprendre à partager, pour apprendre à bricoler, produire ses propres outils, se former, se former sans cesse, être en veille permanente. Toutes ces qualités qui sont celles des hackers ce sont celles qu’on attend d’un élève. »

« Alors je reviens à Marx. Au 19ème siècle, il avait posé une bonne question : « À qui appartiennent les moyens de production ? » Et bien les moyens de production des contenus et des outils de l’école doivent appartenir à l’école. Donc la question du logiciel libre n’est pas une petite question, c’est la question même de l’école. Et la question n’est pas à l’utilisation. C’est de se mettre à l’école de ce mode de production, pour produire les savoirs, les contenus, pour rendre possible une éducation, une instruction des élèves qui leur permette d’accéder à la liberté, non par la technologie ou par les usages, mais par la science. »

 

 

François Elie : Quelle école pour la société de l’information ? Program or be programmed ?

>>> Source sur : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/11/francois-elie-education-conference